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TÉMOIGNAGES formation


Témoignage de bénévoles ayant suivi

les formations Grand Cycle et Cycle court à Entrelacs

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photo esther temoignage grand cycle (2)En 2005, une petite annonce dans un journal Genevois  m’a « parlé » et j’ai suivi  la formation du « Grand Cycle  d’accompagnement pour mourir Vivant » la même année. Suite à cette formation, je me suis engagée en tant que bénévole active et suis également  membre du comité d’Entrelacs. A mon avis, cette formation n’est pas seulement un  « must » pour toute personne qui désire devenir bénévole, mais pour tout être humain qui souhaite faire un bilan de vie en allant à la rencontre de « soi-même » !

 Ce travail d’introspection intense, pas toujours facile, mais passionnant,  m’a permis de faire de l’ordre dans ma tête et de comprendre pourquoi je souffrais encore de certains évènements douloureux  du passé.

 Lydia Müller, la formatrice, a une très bonne écoute et  encadre ces weekends résidentiels avec beaucoup de compréhension et d’amour. Les échanges et partages très intenses entre tous les participant, une remises en questions régulière et l’envie d’évoluer  me permettent de progresser dans ma vie actuelle et de trouver du sens.

 Je perçois la mort d’une manière plus naturelle et peux envisager ma propre mort plus sereinement qu’avant. Le fait d’avoir fait  mon testament, étudié et rempli les directives anticipées, me permettent de vivre mieux. 

 Les supervisons mensuelles me donnent la possibilité de poser des questions par rapport à mes hésitations et peurs dans mon accompagnement, et, en même temps, me font comprendre que ce n’est qu’un miroir de ma propre vie. La possibilité d’aider  les autres dans mon rôle de bénévole me permet d’avancer sur mon propre chemin spirituel et j’ai souvent l’impression, de recevoir plus que je donne.  J’ai appris à pardonner et accepter ma part de responsabilité, mais à chaque fois,  c’est un nouveau dépassement !

                                                                        Esther Beerli, juin 2012

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Témoignage d’une participante
à la formation
Cycle Court pour professionnels de la santé

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En m’inscrivant aux sessions sur le deuil et l’accompagnement à la fin de vie, je croyais participer à un cours permettant d’acquérir des compétences dans ce domaine et entamer une reconversion professionnelle.

Ayant fait une attaque cérébrale en septembre 2003, je n’avais compris qu’intellectuellement qu’il faut parfois trouver le courage de faire face à ses souffrances et à ses propres pertes pour être à même d’accompagner les autres. Car autrement, comment comprendre (prendre avec soi) de l’intérieur la peur, la diminution physique, la colère, l’impuissance et tout ce que cela peut nous apporter en terme de bénéfices… oui oui oui, j’ai bien dit bénéfices.

Pendant le stage avec Lydia, elle a nommé et décrit avec précision certaines expériences douloureuses que je traversais et dans lesquelles je me sentais comme en prison. Les entendre décrites et reconnues pour ce qu’elles sont a été pour moi une libération. Enfin, me sentir comprise, mettre des mots sur des choses que je n’arrivais pas à exprimer jusque là et qui m’étouffaient littéralement, qui prenaient mon énergie vitale, m’empêchant de la consacrer à VIVRE véritablement et de passer à autre chose.

Et maintenant, toutes les difficultés ne se sont pas envolées comme par magie, mais malgré, avec ou grâce !! à mon handicap, je poursuis mon évolution, avec encore parfois des moments de découragements, mais aussi une aspiration à faire quelque chose de toutes ces expériences de vie qui ne sont créditées par aucun diplôme. Et surtout, j’ai retrouvé mon élan et mon enthousiasme. Je me demande même parfois si je les ai déjà sentis avec autant d’intensité… peut-être… oui, quand j’étais une petite fille et que mes rêves avaient encore des ailes.

Je me souviens du dernier jour de stage lorsque j’ai exprimé mes aspirations pour le futur. Une des participantes m’a confié en parlant de ce moment, que mes yeux brillaient et que j’étais rayonnante… Quel beau cadeau d’espoir… Et de quoi a-t-on le plus besoin quand tout s’écroule autour de nous et en nous ?

Faire le deuil (de bien beaux mots qui m’agaçaient un peu parce que galvaudés), mais surtout retrouver la confiance. Et faire tout ça dans un climat d’acceptation et d’humanité, c’est le bénéfice de ces quelques jours. Et pour ça, je ressens beaucoup de reconnaissance pour ce que Lydia a réussi à créer dans ces stages.

Dans les mois qui ont suivi, la psychiatre avec qui je travaillais m’a confirmé que lorsqu’on sort du déni (j’ignorais que j’y étais), on peut retrouver une énergie différente et que ce qui est difficile peut encore changer. J’en ai fait l’expérience pratique, entre autre parce qu’accepter plutôt que résister m’a permis de placer la barre moins haut et de trouver des satisfactions là où avant, il n’y avait que de la frustration. Mais de tout ça, je n’étais pas vraiment consciente.

Rien n’est jamais gagné… la vie est faite de petites victoires.

Merci à toi, merci à moi

                                                                                      par Lucie Moisan