Question du 8 mars 2015
Je me permets de vous écrire car je suis anéantie depuis la triste nouvelle qui nous est parvenue il y a 1 semaine : mon papa âgé de 55 ans est atteint de cette maladie incurable, dégénératrice qui est la Sclérose Latérale Amyotrophique. Moi, qui suis une personne très très anxieuse pour « tout », qui suis suivie psychologiquement pour essayer de traiter des phobies, voire des toc liés à mon anxiété permanente, me voilà anéantie par cette annonce. Nous sommes une famille de 3 enfants dont je suis la cadette (j’ai 30 ans) et nous sommes une famille extrêmement fusionnelle. Mon père est NOTRE modèle, il est d’ailleurs un modèle pour tous les proches et les gens qu’il rencontre et qu’il n’hésite pas à prendre sous son aile. Il sème l’amour autour de lui et est toujours d’excellents conseils. Nous nous reposons d’ailleurs toujours sur lui pour quel souci que ce soit ou telle question aussi banale soit-elle. Bref, je n’ai pas vraiment de mot pour exprimer l’amour inconditionnel que je porte à mes parents, et là, j’ai l’impression que tout s’effondre autour de moi depuis que je sais que je vais le perdre, que nous avons une épée de Damoclès au-dessus de nous puisque, évidemment, nous ne savons pas si nous aurons la chance de le garder près de nous encore quelques années ou si cette maladie nous l’enlèvera d’ici quelques mois. Voilà pourquoi je vous écrit, je suis tous les jours sur internet à la recherche de livres où je pourrais trouver LA FORCE de continuer à vivre « normalement » jusqu’à ce que mon papa ne se dégrade de trop (pour l’instant il marche encore (difficilement), parle encore (avec des crampes dans la gorge, des toux qui l’empêchent de respirer correctement parfois), mais nous pensons, nous enfants .. qu’il est encore « valide » ) mais nous ne savons pas évaluer si tous ces symptômes sont « rapides » vis à vis de cette maladie ou si c’est une évolution lente … Je suis tombée sur votre livre (qui me tarde de commander et de lire) et lorsque j’ai vu qu’il était possible de vous écrire, je n’ai pas hésité une seconde. Je suis littéralement perdue. Je suis triste à en être obsédée, je pense à mon papa chaque seconde, j’ai tellement pas envie de le voir souffrir, j’ai tellement peur de le perdre à chaque instant … que j’ai ENVIE de trouver la force de l’accompagner du mieux que je le peux et pourquoi pas lui montrer que je suis LA plus forte (car il m’a avoué qu’il avait peur pour moi du fait que je suis très très fragile psychologiquement). Actuellement j’ai besoin de lui parler, de lui dire ce que j’ai sur le cœur, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait à 2 reprises cette semaine mais je sais que je m’y prends extrêmement mal puisque je lui parle comme s’il allait très bientôt partir … or, je sais pertinemment que ce n’est pas comme ça qu’il faut agir car lui, en plus, en tant que père, il s’efforce de me rassurer, de dédramatiser et de garder le moral malgré le sort qui l’attend … Alors, c’est un appel au secours que je vous envoie, Madame, s’il vous plaît, donnez moi des clés pour que j’arrive à transformer la haine, la rage, la pitié, la tristesse, l’angoisse; la peur que j’ai en moi en quelque chose de POSITIF qui m’aidera à tenir pour la suite (qui risque d’être très difficile à vivre) mais aussi pour soutenir mon papa et ma maman, mon frère, ma sœur et tous les proches de mon papa… Excusez-moi pour le roman que je vous ai fait (encore je l’ai écourté … car j’aurais tellement de choses à dire ….) et merci infiniment d’avoir pris le temps de me lire … J’espère trouver la force de tenir et de faire tenir tout le monde face à ce désarroi.
Merci infiniment pour l’aide précieuse que, je suis persuadée, vous serez en mesure de m’apporter.
Réponse de Lydia
J’ai bien aimé lire votre détermination à grandir et je crois vraiment que ce sera l’enjeu de la mourance de votre papa: évoluer vers la fille adulte de laquelle il pourra être fière, afin qu’il puisse partir tranquillement en ce qui vous concerne. C’est ce qu’il faut pour un papa qui se sait sur le chemin vers la mort: savoir que les siens vont se relever et – en son honneur – continuer leur route, grandi. J’ai une image: sous un grand cèdre les autres arbres n’arrivent pas à bien pousser. Lorsqu’il est abattu, tout à coup ces arbres chétifs reçoivent de la lumière et poussent rapidement. Souvent nous devons perdre nos parents pour devenir enfin adulte. Je suis sûr que mon livre vous aidera à développer votre axe intérieur. Pour le moment ne pensez pas à vouloir soutenir votre famille, mais égoïstement vous-même. Cela les soulagera aussi. Exprimez vos émotions, pas à votre père, mais à votre thérapeute. A un moment les émotions laisseront la place au sens de l’expérience que j’appelle aussi un accouchement en fin de vie, car je fais le parallèle avec la naissance, étape par étape. Le livre pourra aussi être utile à votre papa que je sens être quelqu’un de magnifique qui regarde la vie et la mort en face. Son épreuve est dure, certes, mais transformatrice. Ce diagnostique vous a déjà offert la conscience du précieux, mais aussi de l’éphémère des êtres qui vous sont chers. Il s’agira de profiter un maximum de votre père, de lui offrir aussi un maximum de plaisir, de présence bonne et simple. Un enjeu important pour vous sera de ne pas vous projeter constamment dans le futur et ce que vous perdrez, mais revenir au présent à ce qui est là, maintenant. La méditation de la pleine conscience (mindfullness), très utilisée par des médecins pour des problèmes d’anxiété et de dépression, pourrait vous être d’une grande aide. Continuez votre route en avançant vers celle que vous êtes appelée à être.
Question du 29 janvier 2015
Bonjour, me voilà arrivée proche de la soixantaine, ayant élevé seule-pratiquement …nos deux enfants ; leur papa a subit une « horrible » maladie neurodégénérative, qui se transmet à 50%; éh oui le gène a été transmis sur un enfant! me revoilà dans la parcourt « horrible » ! de cette longue « déchéance » de l’humain. je ne sais pas du tout comment je vais « affronter » cette répétition… qui me renvoie encore à « accompagner » malgré la « morbidité » évidente… et retrouver des raisons – un sens ? ! à ma « propre survie » !je perd ma joie de vivre…j’ai beaucoup de mal à retourné dans ce dialogue. merci de votre expérience.
Réponse de Lydia:
Quel cri de souffrance et combien compréhensible! Vous avez besoin de trouver du soutien pour vous-même. C’était une excellente idée de m’écrire votre mail !
Dans toute cette misère, au moins le poids de la culpabilité, d’avoir transmis vous-même ce gêne, vous est épargné. Est-ce que les symptôme de la maladie ont déjà apparu chez votre enfant ou est-ce encore une épée de Damoclès au-dessus lui? Je ne sais pas de quel type de maladie neurodégénérative il s’agit, mais souvent il faut, en plus du simple gêne, aussi un déclencheur psychique ou physique extérieur. Au cas où tous les porteurs de ce gêne ne développaient pas la maladie, une hygiène de vie physique et psychique, alimentaire et comportementale pourrait s’avérer essentielle pour l’arrêter ou la retarder.
Mais quoi qu’il en soit, votre fils est devant un enjeu important:
- soit arrêter de vivre sous cette menace de la dégradation progressive, soit constamment chercher à vivre au max. de son intensité, vu qu’il n’a pas « tout le temps » comme nous bien-portants pouvons nous faire croire de l’avoir.
- Puis, il sera extrêmement important, autant pour vous que pour lui, que vous appreniez à vivre le moment présent pour ne pas projeter le passé de la maladie du père, votre mari, sur le futur à venir. C’est source de dépression et d’une peur paralysante. Si je peux me permettre un conseil: inscrivez-vous, et si possible aussi votre fils, à un cours de « Pleine conscience » ou « Mindfullness » qui aide à apprendre cette hygiène psychique contre le stress et les façons nuisibles de penser. Bien des médecins commencent à pratiquer cette méthode.
- Vous trouverez aussi des moyens et des aides dans mon livre « La fin de vie une aventure » (à commander sur mon site) sur comment accompagner un grand malade, de façon à rester vivante et à devenir contagieuse de bonne énergie.
- Et en dernier, je recommande le petit livre adorable de Mitch Albom « La dernière leçon », l’histoire vraie d’un homme vivant une maladie dégénérative musculaire fatale, le SLA, et les leçons de vie qu’il transmet à un journaliste devenu son élève.
Dans toute épreuve on ne sait jamais à l’avance le sens qu’elle a car il ne se dévoilera qu’avec le temps. Elisabeth Kübler-Ross disait : Il n’y a pas d’épreuve sans que nous soit aussi donnée la force pour la traverser. Je vous souhaite de découvrir cette force. Avec mes salutations cordiales, et n’hésitez pas de revenir avec vos questions et soucis !
Question du 19 février 2014:
Je me permets de te contacter de la part d’une amie commune M. Je suis depuis le 30 décembre en traitement de chimio pour un sarcome des tissus mous détecté après une opération. J’en suis à la moitié (3 sur 6 à recevoir). Avant de recevoir la 3ème, la veille je me suis levée très angoissée. J’appréhende arrivée à la semaine avant le traitement. De penser au produit (rouge) l’image me donne envie de rendre et déclenche un spasme de haut le coeur. Je sais que le produit va me permettre de guérir. La couleur, ce qu’il représente dans les autres parties de mon corps (je sais qu’il est toxique pour mon coeur), des effets qu’il produit (tension entre 15 et 22) à ce jour enfin maîtrisée avant que je comprenne, les brûlures du fond de la gorge, à l’estomac comme si les chairs se retournaient, le bout de la langue comme si je m’étais brûlée, les envies de rendre, la fatigue (çà c’est rien), je sens bien qu’il y a une « réticence » (je ne trouve pas le mot précis). Ce qui me donne envie de rendre c’est ce goût métallique, de fer au fond de la gorge. A ce goût j’associe l’image du poison (produit radio actif) figurant sur les étiquettes et là j’ai la nausée plus que tout. IL faut que je me fasse violence pour penser très vite à autre chose. Je sais que je vais m’en sortir. Dans ma tête il est clair que je reprends mon travail à la rentrée. Il y a du positif en moi mais je fais partie de la génération qui est née à une époque où de prononçer le mot cancer était associé à mort. Mais avant celle-ci il y avait associée à la souffrance le produit toxique (un peu genre radioactif). Le jour de mes 4 ans, ma grand-mère paternelle est décedée d’un cancer généralisée (elle n’avait pas voulu entreprendre de soin). Je te parle de cela c’était en 1961. Je me souviens de l’avoir vu allitée dans une chambre sombre. Je savais qu’elle était gravement malade. Elle m’avait demandée de prendre une tirelire (c’était un chien) remplie de pièce et qu’elle était pour moi. J’étais fière. Je savais qu’elle m’adorait (la fille de son fils tant adoré..) C’est le seul souvenir conscient qu’il me reste d’elle. Lorsque je suis au Centre Léon Bérard çà se passe bien. J’accepte tout. Maintenant je regarde ce liquide rouge arriver dans mon corps. Je respire profondément et me dit que ce produit anéanti les mauvais tissus. Mais ce n’est pas suffisant car j’avoue avoir envie d’être à la fin de la chimio. La première semaine où je reçois celle-ci je me dit, mais comment je vais faire pour recevoir les suivantes…. Et puis les jours passent, je reprends du poil de la bête, je vais marcher, prendre l’air, m’occuper de mes projets d’appartement (travaux) et emménagement. J’ai mes enfants. J’ai mes amis que j’essaie de pas trop solliciter et surtout de ne pas parler que de moi car ma vie c’est ma maladie pour laquelle j’avance en acceptant les soins et en me disant que je souhaiterai ne plus violenter mon corps comme je l’ai fait durant ces dernières années n’ayant pas su ni pu moralement stopper hémorragie de personne toxique, mais c’est également la vie de tous mes proches et l’amour qu’on se porte les uns, les autres. L’avant veille je prends rendez-vous avec un acupuncteur car je ne veux pas revivre l’angoisse de la fois dernière (heureusement j’étais invitée chez des amis et le long du trajet il y avait un beau soleil). La lumière c’est de l’énergie…. J’avais réussi à bien dormir. J’étais le lendemain matin dans l’action et de me préparer et d’aller recevoir mon traitement, donc dynamique (comme à chaque matin de chimio). Je pense avoir besoin un peu de ton aide….! C’est un peu embrouillé : mais çà je pense que tu l’auras perçu tout le long de ce mail… M E R C I
Réponse de Lydia:
Oui, M. m’avait parlé de toi à qui on avait découvert un peu par hasard une tumeur logée quelque part dans tes poumons et qui te faisait souffrir depuis pas mal de temps par un important essoufflement, si je ne me trompe pas. Je peux bien ressentir avec toi ton appréhension de la chimio, car c’est quand même une artillerie lourde avec des « dégâts collatéraux ». Tu décris bien ton ambivalence devant ce traitement. Tu veux faire ce traitement et en même temps tu le refuses – la nausée en est une indice assez claire. Je me suis beaucoup battue contre mes symptômes durant ma chimio. La première chose que j’ai dû apprendre était de nommer de façon neutre les produits qu’on m’injectait. Mon accompagnateur m’a signalé que le mot poison était un jugement qui induisait évidemment le rejet. Il me proposait de les appeler des produits puissants dessinés à détruire des cellules cancéreuses. Je pense que tu pourrais profiter de la visualisation qui consiste de t’ imaginer la tumeur avec une faiblesse fondamentale : sa reproduction anarchique la rend vulnérable au produit. La couleur rouge peut t’aider à visualiser sa force agressive. Imagine ce liquide par ex. comme une attaque de feu qui brûle ce qui doit brûler. Tu reçois certainement aussi des produits dans ta chimio qui te protègent comme un film protecteur d’eau sur les cellules saines qui ne doivent pas brûler. Cet aspect est très important : utilise une image de protection des cellules saines du corps qui sont intelligentes et ne se laissent toucher que très peu par ce liquide, alors que les cellules cancéreuses s’en gavent et crèvent. Imagine leur destruction et leur élimination par la « voirie interne ». Puis imagine aussi tes globules blancs qui attaquent la tumeur et font exploser les cellules malignes. Si cela t’aide, utilise des images d’une armée indigène (les globules blancs) soutenus par une armée étrangère mais alliée qui vole à ton secours avec sa puissance de force de frappe. Ce sont certes des images de guerre, mais qui peuvent t’être utiles en ce moment car il me semble important de dépasser ton aversion contre un traitement que tu as quand même choisi ou accepté. Tu peux associer le goût dans la bouche à l’action du feu qui laisse un goût comme preuve de son passage. Je crois qu’observer des effets visibles peut aussi aider à croire à son efficacité et à mieux l’accepter. Dans ce type de parcours il est utile d’apprendre à distinguer entre symptôme supprimable et non supprimable. Je me suis beaucoup battue contre des symptômes non supprimables et d’autres, parfaitement supprimables, je les ai endurés. On est bizarre ! Je pense la nausée est supprimable car elle est le résultat de ton rejet intérieur et des images négatives que tu peux cependant modifier. Par contre le goût n’est probablement pas supprimable à moins d’arrêter la chimio. Donc arrête de te battre contre lui ! Si tu es intéressée d’en savoir plus, je te conseille le livre de Carl Simonton « Guérir envers et contre tout ». C’est un guide d’accompagnement pour des personnes atteintes du cancer qui ne se contentent pas des traitements médicaux mais veulent collaborer avec leurs ressources intérieures au traitement. Ta participation est très importante. Pour le moment tu te bats plutôt contre ton alliée ! Je te conseille aussi de prendre de la bicarbonate de soude (utilisée dans la cuisine) que tu mets dans l’eau à boire (à diluer à ton goût, comme l’eau de Vichy riche en bicarbonate). Cela aide à baisser l’acidité dans ton corps. Il m’a fallu du temps pour découvrir ce remède de grand-mère qui m’a aidé à guérir les aphtes dans la bouche et ailleurs, puis à les empêcher, mieux que les médicaments que le médecin me prescrivait. Ce qui m’a aussi aidé était de penser mon cancer et son traitement comme une aventure qui nous offre forcément des surprises. J’ai découvert que ce n’est pas vrai que d’une séance de chimio à l’autre les effets s’empirent. Lorsqu’à la 4e j’étais curieuse plutôt qu’apeurée à observer ce qui se passait dans mon corps, je n’ai eu presqu’aucun effet secondaire ! Je suis d’accord que le cancer est une maladie grave, potentiellement mortelle. Mais nous ne sommes nullement impuissants face à lui. De ta grand maman garde l’amour que tu as reçu, mais laisse-lui le cancer ! Ne te mets pas dans une lignée cancéreuse avec elle, à moins que tu veuilles la rejoindre… C’est une excellente idée de t’entourer par l’acupuncture, les amis, de la beauté, par ce qui te fait plaisir avant, pendant et après les traitements. Si tu as d’autres choses à me partager, n’hésite pas ! Ce sont des situations où nous avons vraiment besoin d’aide ! Je t’embrasse et te souhaite de faire plein de découvertes passionnantes.
Question du 8 août 2013
J’aimerais savoir si vous donnez toujours le séminaire « cancer un défi à relever ». J’évolue seule dans une démarche de guérison globale (yoga méditation nature alimentation, introspection) je souhaite rencontrer un groupe de personnes qui avancent dans ma direction.
Réponse de Lydia
Je vous remercie pour votre prise de contact. Malheureusement je viens d’arrêter ces séminaires, car j’en ai dû annuler trop de fois manque d’inscriptions. Je reçois toujours en individuel, séances remboursées par les assurances complémentaires. Si cela vous intéresse, vous pouvez écouter sur le site d’Entrelacs entrelacs.ch (page d’accueil à droite sous Nouveautés) l’interview donnée sur la Radio Suisse romande La Première avec Roselyne Fayard « Cancer, du pire peut naître le meilleur ». J’y relate mon histoire personnelle avec le cancer. Je comprends bien votre démarche dont la globalité me paraît judicieuse.
Question posée le 04 janvier 2012: Je voulais te donner des nouvelles plus détaillées de mon papa, bientôt 80 ans, qui est toujours de ce monde ! Il va bien et est rentré chez lui il y a deux mois. Pour mémoire il a subi une greffe d’aorte et de valve cardiaque, compliqués par un AVC arrivé la veille de l’opération qui l’a paralysé du côté gauche ainsi que la déglutition. Après 10 jours aux soins intensifs, il a été hospitalisé dans un sale état en neurologie. Il avait des accès de violence et a 3 reprise il a arraché le tuyaux qui le nourrissaient et le médicalisaient. Il a été violent avec le personel infirmier et a du être attaché dans son lit. Après quelques semaines il a été tranféré dans un état meilleur bien que toujours préoccupant à Beau-Séjour pour une rééducation qui a duré 3 mois. Il a certes bien vieilli mais son coeur va très bien et il a presque récupéré de son hémiplégie. Il est autonome et a du plaisir à vivre bien que vite fatigué. Sa rage de vivre, l’expertise des médecins, le travail incroyable de rééducation et la plasticité de son cerveau, plus tout les soins énergétiques que nous lui avons prodigués lui ont donné une deuxième vie. Actuellement il a un défaut de vigilance sur la gauche, donc il ne peut pas conduire, et lorsqu’il marche dans un terrain irrégulier, il doit se concentrer pour ne pas trébucher. Pour revenir à notre sujet : si un temps aux soins intensifs j’ai pensé qu’il était l’objet d’un acharnement thérapeutique, la suite a montré que les médecins ont bien eu raison d’insister. De toutes façon il était autonome sur le plan cardiaque et respiratoire, et le débrancher aurait juste signifé le priver de nourriture artificielle. Je reste dans un souvenir pénible d’impuissance face à cette situation dans laquelle ses directives anticipées pourtant bien réfléchies mais tant sujettes à interprétation se sont révélées inapplicables dans la pratique. J’ai aussi beaucoup souffert en le voyant souffrir lui. Quelque part je me dis qu’il est peut-être plus facile d’accepter la mort que de voir un être cher souffrir pour une durée inconnue à l’avance. Je n’ai pas encore abordé le sujet avec lui. Il ne se rappele rien des 3 mois de souffrance entre la vie et la mort, entre le conscient et l’inconscience. Heureusement. Mais je pense reprendre ses directives pour voir dans quelle mesure on peut les rendre plus applicables. Je reste volontiers en contact avec toi pour partager les bénéfices de ce travail à venir et pour plus d’échanges si nécessaire, ce serait aussi un plaisir de te revoir.
Lydia répond: Merci pour ce retour intéressant concernant ton papa. Tu vois, nous pouvons essayer de régler, de contrôler un maximum, et les directives anticipées font partie de cette tentative. Mais en fin de compte, la Vie s’arrange à nous confronter à ce que nous avons à vivre et à traverser pour apprendre encore et encore. Je ne sais pas ce que ton papa avait à apprendre par son expérience longue aux frontières de la mort. Il y a bien des choses qui se passent même durant l’inconscience. Observe si tu peux percevoir des changements. En fin de compte nous reste-t-il autre chose que de dire « Oui » à ce qui est ? (ou bien « Non » ? mais ce ne sera pas la même expérience). Je pense que l’ego a besoin des directives anticipées, mais la VIE est au-delà de ce type de préoccupation. Peut-être l’aventure s’appelle : Prêt à tout ?! Je te dis tout cela parce que je vois arriver tant d’imprévus, à nous qui aimerions tant tout prévoir ! En même temps je continue à croire que les directives anticipées sont utiles. Ce sera bien si tu pouvais reparler avec ton père de tout cela. C’est toi qui a été témoin.
Suite des évévnements du 25 mars 2013 Je réalise que je ne t’ai pas tenue au courant de la suite des événements concernant mon père et j’en suis navré.
Et nous y sommes ! En annexe des photos de mon père sur les skis pour la première fois dimanche passé ! Il a fêté 81 ans vendredi. Il a passé une année 2012 assez difficile, mais les progrès sont là, grâce à son travail et sa persévérance. Son couple a été mis à rude épreuve, bien que son moteur principal soit l’angoisse, ma mère a tout donné pour le soutenir. Le coeur va bien. Les séquelles de l’AVC sont bien là mais à force de physiothérapie, de yoga, de sophrologie il progresse lentement mais sûrement. Encore tout ma reconnaissance pour ton soutien en 2011. Lydia répond: Merci pour ce beau retour. Ton papa est incroyable ! Encore si leste sur ses skis ! Qui l’aurait pensé lorsque la question a été de le débrancher ou pas ! La preuve, c’était quand même complètement juste lorsqu’il a répondu qu’il avait encore envie de vivre, même si, après, cela a été très dur de gérer les séquelles de l’AVC.
Question posée le 1er décembre 2011: Je me permets de vous écrire, car EW-B m’a donné votre nom. On m’a trouvé un mélanome, cancer de la peau, il y a 2 ans. Au dernier contrôle, ils m’ont encore trouvé 2 tâches de stade précancer. J’aimerais savoir si vous pouvez me conseiller un contact ou un entretien pour mieux gérer cette situation qui me fait vite pleurer de peur. Quelle est votre expérience? J’ai déjà essayé le EMDR, mais ça ne m’a pas aidé. Je pense qu’il serait bien que je puisse en parler avec des personnes qui comprennent (comme vous) ou bien qui ont le même problème. Lydia répond: Vous avez bien fait de m’écrire, car c’est important de pouvoir parler de ce que vous vivez et sentez avec une personne qui comprend. Même si le nouveau diagnostic de mélanome en état de précancer n’est pas une catastrophe en soi, je comprends, combien il alimente votre peur et le sentiment d’une épée de Damoclès pendue au-dessus de votre tête. Je pense même que cette peur est un souci plus sérieux que les tâches précancéreuses, la peur étant le pire conseiller. Personnellement, je n’ai pas eu un mélanome, mais un cancer des intestins, donc j’en sais quelque chose de l’aventure cancer et aussi de la peur de la rechute et j’ai dû apprendre à l’apprivoiser. Rappelez-moi au 022 740 04 77 pour qu’on convienne d’un premier contact.
Question posée le 28 novembre 2011: Je viens à toi aujourd’hui pour te parler de ma cousine. Je ne sais pas exactement ce que tu fais comme travail avec des personnes atteintes de cancer, elle est malade depuis environ deux ans, c’est parti du sein puis a migré au foie, puis dans le dos aussi, depuis peu il y a également des métastases dans la tête … Elle se bat bec et ongles, elle en veut, mais les médecins n’arrivent pas à trouver un traitement efficace et elle en bave grave avec les effets secondaires des chimios … Elle a 42 ans, a eu une enfance plus que difficile car abandonnée par sa mère et avec un père irresponsable donc elle s’est retrouvée petite en foyer, a fait de la dépression à partir de la trentaine, a fait plusieurs séjours en hôpital psy. Elle est heureuse avec sa famille, a un super gentil mari et deux chouettes filles de 18-20 ans et c’est super dur pour eux aussi … Elle a commencé à aller voir un guérisseur qui travaille par imposition des mains. Enfin bref j’ai pensé à toi et je me suis demandé ce que tu fais avec les personnes atteintes de cancer et si tu pourrais faire quelque chose pour elle. Lydia répond: Dans mon travail avec les personnes malades je travaille avec elles tous les aspects psychologiques, conflictuelles, les peurs… puis je leur enseigne aussi la relaxation et la visualisation pour apprendre à joindre des moyens intérieurs aux moyens médicaux de lutte. Je peux aussi voir la famille en entretien (avec ou sans le patient). En outre, je donne des séminaires pour des personnes atteintes du cancer « Le cancer, un défi à ma vie » (entrelacs.ch/activités/séminaires ) et je te joins un programme à l’intention de ta cousine. Mais je ne lui conseille pas d’attendre février pour le prochain séminaire pour me contacter. C’est très loin, vu l’avancement de sa maladie. Elle a certes besoin de soutien, et comme la médecine semble défaillir, il est normal qu’elle se tourne ailleurs. Si elle souhaite, elle peut venir ou me téléphoner à la permanence gratuite du mercredi soir dès 18h30 ou simplement me téléphoner n’importe quand au 022 740 04 77 et laisser un message si je ne réponds pas directement. Être si jeune et avoir un cancer si avancé c’est dur et peut-être la souffrance de toute une vie n’est pas étrangère à sa maladie. Elle a besoin d’aide après un passé d’abandon, mais aussi sa famille actuelle a besoin de soutien. Les proches sont généralement si démunis. Comme tu sais, je suis remboursée par l’assurance complémentaire.
Question posée le 23 octobre 2011: Une journée qui s’achève avec un besoin d’aide : Les marqueurs ont doublé, le nodule dans le sein est absolument insensible à la chimio actuelle. Le foie a l’air pas trop mal… (dans mon service, ils ne font pas des masses d’examens, ce que j’aime assez, parce que ça me laisse le temps de sentir moi-même de l’intérieur). De l’intérieur, j’ai le sentiment que le foie ne va pas trop mal. Mais le nodule du sein grossit très rapidement, donc il va falloir changer de chimio encore une fois. En travaillant sur ma colère (pour le foie), j’ai senti la paix s’installer petit à petit. Et je pense que c’est la raison pour laquelle le foie va assez bien. Mais pour le sein, je ne trouve aucun évènement extérieur pouvant servir de base à une cancérisation. Quelle question me conseilles-tu ? Quelle intuition as-tu ? Je suis à la fois convaincue que ma fin est proche, mais aussi que tout est possible. C’est un drôle de sentiment qui me fait visiter les extrêmes : peur, amertume et néanmoins confiance (ou déni ? me diras-tu peut-être) Moi qui voulais expérimenter la foi dans l’ordinaire, sans rite, sans stimulation, eh bien je suis au cœur de l’expérience ! Très solitaire dans ma campagne reculée, et persuadée que je dois comprendre toute seule… Je ne me déplace pratiquement plus. Je suis vraiment dans un rythme que je n’aurais jamais imaginé possible pour moi, et pourtant Tout se fait quand même!! Assez incroyable quand je pense à toute cette énergie que je mettais à faire des kms, encore et toujours. Lydia répond: Oh comme cela me touche, tes nouvelles ! J’avais envie de dire : merde ! Pas ça encore ! Oui, l’endroit où tu te trouves est très particulier, mais je ne parlerais pas de déni. Je crois à ta confiance et que simultanément une autre partie en toi, le petit moi, ressente aussi toutes les peurs et de la déception. Ces sentiments peuvent tout à fait cohabiter, quoique je ne pense pas que tu les sentes simultanément, mais plutôt successivement, parce que ce ne sont pas les mêmes niveaux de conscience. Quoi te dire ? Peut-être ce n’est pas un événement extérieur mais intérieur ? Personnellement, j’avais demandé la partie en moi qui sait, de me montrer à quel moment ma cancérisation avait commencé, et cela m’a été montré. J’ai retrouvé l’émotion disproportionnée qui y était connectée. On peut d’ailleurs l’oublier complètement. Si tu as su travailler par rapport au foie, cela devrait être possible aussi par rapport au sein. Mais il faudra que tu te trouves dans l’état de confiance et non pas de peur ou d’amertume. La peur te coupe de toute connaissance. Me vient une question un peu bizarre : Suite à quel succès cette cancérisation s’est-elle déclenchée ? Rappelle-toi que la Tâche, ce que tu as absolument à faire, a le pouvoir de faire reculer la mort. Peut-être le problème est moins dans le passé que dans le futur… ?
Question posée le 5 avril 2011: Je me permets de vous écrire suite à une recommandation de Mme M.F. J’ai ma maman qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer et mon papa et moi avons de la peine à comprendre certaines réactions. Je me demandais si vous aviez dans vos bénévoles des personnes qui connaissent bien cette maladie et qui pourraient nous conseiller et nous aider. Je vous remercie beaucoup. Lydia répond: Je comprends que vous vivez une situation très difficile et déboussolante avec votre maman, et votre demande d’aide est bien justifiée. Comprendre cette maladie et ses conséquences permet de mieux les vivre. Je transmets votre demande à une de mes bénévoles qui s’est spécifiquement formée dans l’accompagnement des malades de l’Alzheimer, appelé La validation. Elle pourra vous donner quelques pistes de compréhension et d’attitude pour faire face aux comportements déroutants de votre mère. Je vous suggère aussi un livre très utile dans ce cas : « La validation, mode d’emploi » de Naomi Feil ou bien « La méthode de Naomi Feil à l’usage des familles », de Vicki De Klerck-Rubin. J’espère que vous puissiez trouver l’aide qui vous soulagera.
Question posée le 27 février 2011: Atteinte d’un cancer des ovaires et traitée depuis 2004 (4 opérations, 4 chimios ( la dernière vient de prendre fin) je suis quand même en bonne forme et celui qui ne sait pas ne pourrait pas le voir. Mais à force de donner le change, je ne peux partager avec personne cet aspect important de ma vie et les émotions et sentiments profonds qui s’y rattachent. Je sens pourtant que j’en ai besoin. J’aimerai bien « travailler » avec vous. Reste-t-il de la place à votre séminaire des 3 et 4 avril? Ou sinon , connaissez-vous sur Paris – où j’habite- des groupes équivalents au vôtre. Merci de votre réponse. Lydia répond: Merci pour votre question. Oui, il y a encore de la place au séminaire « Cancer : un défi à la Vie » du 3 et 4 avril. Le séminaire a lieu sur la ligne du TGV Paris-Genève, à 3 km de Bellegarde où tous les TGV s’arrêtent. Vous abordez un des réels problèmes de la maladie cancéreuse, le besoin de devoir se montrer fort, de devoir « donner le change » comme vous dites, puis l’usure et l’isolement que cela constitue à la longue. Bien sûr, il y a des avantages à ne rien laisser paraître, à éviter des réactions en face. Mais vous réalisez aussi la lourdeur que c’est, surtout après un combat qui dure déjà 6 ans, de ne pas pouvoir vous montrer comme vous êtes. Une de mes patientes a enlevé juste la semaine dernière sa perruque et mis un foulard pour se montrer dans sa vérité. Mais pas tout le monde n’est prêt à faire cela. Je comprends que vous avez envie et besoin de recevoir l’écoute d’autres personnes par lesquelles vous vous sentirez reconnue. Après ce sera plus facile de vous montrer comme vous êtes. A Paris, je ne connais qu’Annemarie Filliozat, psychanalyste, qui donnait à l’époque des séminaires pour des personnes atteintes du cancer, mais actuellement je ne sais pas ce qui en est.
Question posée le.25 janvier 2011: G. est en rémission, il faut attendre encore 2 ans pour que les médecins le déclarent guéri. Physiquement il va bien, mais moralement il n’est pas très positif. Il vit mal d’être considéré comme « invalide » et sera à la retraite d’office l’an prochain. Il n’a pas retrouvé l’intensité que la maladie donnait à son existence. Ses quelques tentatives de se faire accompagner intérieurement n’ont pas gagné sur ses résistances. C’est difficile pour moi. Je crois avoir tout tenté après que B. m’ait dit que, s’il ne voulait pas se faire accompagner, c’était à moi à le faire. Aujourd’hui je me sens plutôt en échec, mais ne cesse pourtant de guetter la moindre perche qu’il pourrait me tendre. Je ne perds pas l’espoir qu’il trouve enfin son chemin. Lydia répond: Je trouve déjà super que G.ait pu dépasser son cancer qui était grave et être en rémission. Par contre, je trouve assez stupide cette histoire des 5 ans pour considérer un cancer comme guéri. Mais bon, les médecins s’appuient sur leur statistique… Par contre, ta préoccupation n’est pas stupide, tu as raison, car si G. ne trouve pas une nouvelle validité d’un tout autre ordre après le boulot, le manque d’intensité pourrait bien appeler à la rescousse une nouvelle cancérisation pour la retrouver. Je sais que c’est un risque, aussi pour moi. Le cancer nous talonne à nous accomplir ou nous rattrape, afin qu’on s’accomplisse en mourant. Donc, nous ne savons pas ce que G. va choisir. Je comprends bien ton souci, mais il est maître de sa vie. C’est pour cela que je ne pense pas juste de regarder ton accompagnement comme un échec. Je dirais plutôt : combien c’est difficile de laisser libre ceux qu’on aime, même jusqu’à les laisser choisir leur vie ou leur mort, et d’accepter leur choix ! Toi, continue à rayonner !
Question posée le.09 décembre 2010 : Avez-vous une antenne valaisanne ou un relais disponible dans la région Sion-Sierre ? On a diagnostiqué chez mon fils une tumeur au cerveau, type 4. Il a été opéré en Suisse alémanique au mois d’avril. Il est suivi par ces héros des temps modernes que sont les spécialistes de la micro-chirurgie. Il est père de deux petites-filles. Sa situation professionnelle en faisait un homme connu, un battant. Il a empoigné sa maladie avec la même exemplarité. Aujourd’hui il va le mieux possible. Il va un peu au bureau – il est banquier et s’occupe d’infiniment de choses, tout en continuant à faire chaque jour du sport, oui chaque jour, même pendant qu’il avale ses petites bombes quotidiennes. Nous avons en famille opté pour l’option confiance. Mon fils et son épouse ont séjourné cet été au centre du Dr S. à Santa Barbara. Ils en ont retiré énormément d’énergie. Moi, la maman, qui vit seule dans une grande maison, en VS j’ai parfois des peurs. Terribles. Et puis cela passe. Je vais allumer des bougies dans une petite chapelle et retourne à mes affaires d’écriture. C’est mon activité. Alors c’est pour ces moments que je me demandais si je pouvais avoir un contact. Pas un groupe, mais un contact. J’ai des amis bien sûr, mais je ne veux pas les chagriner de mon chagrin. Vous voyez ? Je vous ai trouvé sans chercher, comme cela par hasard, sur un blog je crois. Merci d’accueillir ma confiance. Lydia répond: Je vous remercie pour votre intérêt, mais Entrelacs en tant qu’association n’existe qu’à Genève. Il y a juste une personne bénévole habitant à Sierre et formée par le « Grand Cycle d’Accompagnement pour mourir Vivant ». J’ai bien compris votre souffrance, combien c’est normal, malgré l’option confiance prise. Notre petit ego reprend ses droits constamment. Si j’ai bien compris, vos peurs sont issues de la pensée que vous pourriez perdre votre fils. Vous pourrez aussi vous servir de ses attaques d’angoisse comme d’une interpellation pour agir. Je vous donne deux moyens : – A chaque fois que la peur vous tombe dessus, allez toute de suite à la chapelle allumer une bougie et remettez votre fils à plus haut (geste de confiance). N’attendez pas que la peur passe, la peur est le signe qu’il faut y aller. La peur veut vous paralyser, mais ainsi elle provoque juste le contraire. – Vous semblez tournée vers l’écriture, donc à chaque fois que l’angoisse vous retombe dessus, attablez-vous et écrivez une petite lettre d’amour à quelqu’un, dites à cette personne que vous l’appréciez, l’estimez etc. C’est un excellent moyen pour donner une direction positive à l’énergie de la peur. Si chaque attaque de peur pour la vie de votre fils vous renvoie à faire du bien à la vie de quelqu’un, la peur devient utile. D’ailleurs elle n’aura plus de pouvoir, car la peur est l’opposée de l’Amour. Je vais demander à la personne habitant Sierre, si elle serait disponible d’être le contact que vous cherchez dans le Valais pour pouvoir partager votre chagrin au besoin.
Question posée le 30 novembre 2010: J’ai été atteinte d’un cancer du sein que j’ai découvert en 2008. Les traitements sont maintenant terminés depuis fin 2008 et j’ai eu une mastectomie en novembre 2008. La reprise a été difficile. Heureusement j’ai des collègues et un chef supers. J’ai aussi essayé de m’entourer de belles personnes pour m’aider. Avant ma maladie j’avais déjà fait un long chemin sur moi. La maladie a tout boosté ! Mais je suis encore en quête de sens à ma vie. J’ai fait d’énorme progrès mais je sens qu’il y a toujours des nœuds à défaire : de colère ? de tristesse ? je ne sais pas… Je suis les sessions d’Art-thérapie avec la ligue contre le cancer et c’est là que j’ai rencontré une de vos patientes que vous suivez en privé. Elle m’a parlé de vous et m’a remis le feuillet présentant votre prochain séminaire « Le cancer : un défi à la Vie » en résidentiel. J’ai quelques questions : – ce séminaire est-il principalement pour les personnes encore dans la maladie ? ou encore dans les traitements ? – vous avez deux dates pour ces séminaires : faut-il en suivre un pour suivre l’autre (décembre – avril) ? Je suis suivie par une psychomotricienne-psychologue qui m’a énormément aidé. Nous allons plus dans le corps que dans le mental. J’ai aussi suivi des séminaires avec elle en groupe. J’ai été suivie également par une psychanalyste, un et une psychiatre, un homéopathe, un naturopathe, un acupuncteur, ….j’ai beaucoup lu, j’ai beaucoup cherché,… Ce qui me touche chez vous, c’est que vous avez connu la maladie… Je pense que j’aimerais bien vous rencontrer… en savoir plus sur comment vous travaillez et comment éventuellement vous pourriez m’aider sur mon chemin. Lydia répond: Je vous remercie pour votre question et je trouve magnifique la route que vous avez déjà parcourue. A mon sens, la quête du sens à sa vie est primordiale quand il s’agit du cancer. Toute crise existentielle (et le cancer en est une) invite à se mettre en quête de sens. Les séminaires s’adressent à toute personne atteinte du cancer qui veut faire plus que seulement se soigner médicalement et guérir le corps. Certaines personnes sont encore en traitement ce qui les aide à mieux le vivre, d’autres (la majorité) les ont terminés et veulent aller plus loin pour en tirer le meilleur. Les deux dates sont indépendantes, on peut faire un séminaire ou l’autre. J’utilise entre autres la visualisation et le dessin comme outils. Pour moi le cancer m’incite à ne plus jamais m’arrêter et bloquer sur le chemin. Je suis en quête comme vous.
Question posée le 25 août 2009: J’ai une question importante à te poser, j’ai un beau frère chez qui on suppose une sclérose latérale amyotrophique et c’est l’horreur chez eux, c’est la panique de tous les côtés. Ma sœur a besoin d’aide, elle supporte au mieux son mari qui parle de suicide et elle, elle continue à s’occuper de tout le monde mais elle ne parle jamais de sa peur à elle. Elle est d’accord de se faire aider par une psy, je lui ai proposé de venir te voir à Genève, mais elle ne veut pas. Aurais-tu quelqu’un à lui conseiller à Bruxelles ? Moi quand elle vient se faire masser, je l’écoute, elle est très fort en réaction par rapport à la maladie, elle veut tout faire pour lutter contre et ne veut pas accepter la situation. Elle me demande de me renseigner et tu es pour moi la mieux placer pour me conseiller. Lydia répond: Je sais que le SLA est un diagnostic extrêmement sévère et à ce que je sache, on n’a pas encore trouvé de remède. Je comprends que ta sœur est dans le refus le plus total, elle sait qu’elle risque de perdre son mari rapidement, pas nécessairement par la mort, mais par l’invalidité rapidement croissante. Je comprends aussi que venir à Genève est au-dessus de ses forces pour elle, surtout avec un mari atteint d’une telle malade. Ne la bouscule pas trop. L’acceptation ne se force pas ! Masse et écoute-la comme tu fais, c’est bien, car il est important de pouvoir se donner des moments de répit lorsqu’on vit des événements éprouvants. Puis, accompagne-là dans sa révolte et soutiens-la dans son combat pour trouver un remède. Rappelle-toi le fameux adage des AA : Dieu, donne-moi le courage de changer ce que je peux changer, la sérénité d’accepter ce que je ne peux pas changer, et la sagesse de savoir la différence. C’est légitime qu’elle se bat, car il faut avoir tout essayé, jusqu’à ce qu’on doit se rendre à l’évidence qu’il ne reste que d’admettre l’inéluctable et de prendre le chemin pas si facile vers l’acceptation. D’ailleurs, j’ai appris par une jeune patiente atteinte de la même maladie que ton beau-frère qu’il y avait un homme ayant survécu 30 ans avec ce diagnostic ! Donc ça existe. Et j’ai aussi dû penser à un autre homme, Norman Cousin, qui avait statistiquement une chance sur 500 de s’en sortir de sa spondylarthrite ankylosante. Alors, il s’est dit qu’il serait ce cinq centième ! Et il l’est devenu ! Il s’est guéri par le rire et d’autres thérapeutiques pas trop conventionnelles. On ne sait jamais où la Vie veut nous mener. Donc aide ta sœur à soutenir son mari dans une lutte contre la maladie, pour au moins la ralentir. Cela me paraît préférable qu’envisager le suicide. Après les choses évolueront et elle prendra aussi de la distance. *à lire : Norman Cousin, La volonté de guérir, Ed. du Seuil, poche
Question posée le 10 août 2009: Je suis régulièrement une dame 86 ans atteinte d’un cancer généralisé. Les 3 premières visites ont été des moments où Mme S. a fait le point sur sa vie. Elle a pu exprimer quelle était prête à mourir et n’avoir aucun regret ayant le sentiment d’avoir été au bout de ses engagements même s’ils étaient difficiles en raison du caractère odieux de son conjoint. Depuis qu’elle est tombée et hospitalisée, le caractère qu’elle a eu toute sa vie selon sa fille, pleine d’amour et de sollicitude, se transforme en despotisme et agressivité. Elle bloque sur les couches et d’être liée sur son fauteuil, les barrières au lit lui sont insupportables, mais comme elle ne semble plus dans un principe de réalité, je ne sais comment l’aborder. Tout ce que je dis est occasion d’agressivité, même juste la regarder. Médicalement elle n’a que très peu de sédatifs, elle ne souffre pas, les médecins pensent que les cellules cancéreuses ont émigrés au cerveau. Est ce opportun de continuer cet accompagnement et comment me situer, car tous mes essais sont restés infructueux ces 2 dernières visites ? Je reste en contact avec sa fille qui, elle, a besoin d’être entendue. Lydia répond: Bien sûr, vos visites sont toujours utiles, maintenant qu’il semble que la partie d’ombre se manifeste avec puissance. C’est un problème chez beaucoup de personnes super aimables : lorsque l’ego s’effrite, la négativité refoulée monte à la surface. La colère ravalée contre son mari y est peut-être aussi pour quelque chose. Ce n’est pas un mal que cela sorte maintenant, si vous pouvez accepter que vous ayez un rôle de paratonnerre. Mieux vaut que ce venin sorte en votre présence qu’elle reste seule avec ça. Même si des métastases auraient atteint son cerveau, ce qui surgit maintenant appartient à mon sens quand même à son inconscient. Si elle vous agresse, validez sa colère. Dites-lui par exemple : « Vous êtes très en colère, Madame, le monde entier vous énerve, n’est-ce pas, moi compris parce que moi je vais bien et vous allez mal. C’est vrai, rien ne va ici, ces couches, ces barrières, ça ne va pas. Vous êtes malheureuse de cette chambre, d’être dépendante. Mon Dieu combien c’est normal ! Vous n’aimez pas que je vous regarde, alors je ne vous regarde plus, mais je peux toujours vous écouter. » (Puis vous vous détournez un peu pour ne plus la regarder, mais en restant toujours en contact avec elle) « On pourrait même jurer ensemble sur cette vie merdique où plus rien ne va… » Ce serait bien si vous pouviez accueillir sa colère, même si vous en êtes sa première cible. Baissez-vous pour que vous ne la preniez pas en pleine figure ! Elle ne vous est pas destinée. Cette femme ne peut plus se voir elle-même, donc elle déteste que vous voyiez sa misère. Seulement dans un deuxième temps, lorsqu’elle s’est calmée un peu rappelez-lui la femme qu’elle a été, comment c’était à la maison lorsqu’elle avait tous ses moyens. Tout ce qu’elle a accompli, toutes les bonnes choses qu’elle a réussies, par ex. sa magnifique fille malgré un mari odieux etc. Vous pouvez aussi aider sa fille dans ce sens.
Question posée le 29 mai 2009: Je vous contacte sur le conseil d’Hélène Couzin. J’ai 60 ans et je suis atteint d’une sclérose en plaques depuis 1999. Aujourd’hui je ne peux plus faire aucun transfert et tout changement de position nécessite l’utilisation d’un lève personne. Depuis peu j’ai des troubles de la vue et si j’ai réussi à accepter les premiers handicaps j’ai du mal à accepter celui-ci. Je m’aide beaucoup de la nourriture des « Dialogues avec l’Ange » mais cette nouvelle étape est difficile. Je vous remercie. Lydia répond: Je vous remercie vraiment pour votre message, car les personnes atteintes dans leur corps comme vous, ont généralement plutôt envie de se retirer dans leur bulle. Que vous dire ? Votre épreuve est costaude : déjà vous avez dû renoncer à tant de choses dans les derniers 10 ans. Quand on est atteint d’une maladie aussi redoutable comme la sclérose en plaques qui enlève peu à peu tous les moyens, on est engagé dans un véritable marathon lors duquel la vie vous demande de renoncer au fur et à mesure à tout : à votre autonomie, à des activités les unes après les autres. Aujourd’hui vous êtes face à un nouveau trouble atteignant vos yeux. D’abord tout mon respect, car vous dites que vous avez réussi à accepter vos premiers handicaps. Cela m’intéresserait de savoir comment vous avez fait pour accepter vos pertes précédentes. Car ce n’est pas évident du tout. Accepter n’est pas se résigner, n’est pas? Nous souffrons toujours là, où nous sommes attachés. Les yeux ont probablement une signification particulière pour vous, ils sont spécialement précieux. Vous êtes un lecteur assidu des Dialogues avec l’Ange, mais si je peux vous donner un conseil de psychologue spirituel, à l’endroit où vous êtes, il est permis de vous révolter, même contre Dieu. Vous avez le droit de consciemment vous disputer avec Lui. Ne mangez surtout pas votre douleur à l’intérieur de vous, ça vous ferait du mal ! Cela mènerait à la résignation qui est absolument à éviter. Crier votre douleur vous permettra d’identifier pourquoi c’est plus difficile avec vos yeux qu’avec les autres pertes. Puis, à un moment donné laissez Le aussi vous répondre ! Un ami qui a failli perdre la vue et qui est maintenant à moitié aveugle m’a dit que ses yeux malades l’aident à regarder en dedans. Peut-être c’est un début de réponse. Car toute perte à laquelle on a pu dire oui (càd qu’on a accepté), devrait ouvrir une porte vers un gain ailleurs. Seulement, notre petit moi n’aime pas qu’on lui enlève ce à quoi il tient, ni ne voudra-t-il savoir ce qu’il pourrait gagner, privé de ce à quoi il tient. Nous avons tout à apprendre de gens comme vous, obligés de se battre au quotidien avec leur corps malade et défaillant. Donnez-moi de vos nouvelles, comment vous avancez. Parmi les personnes que j’ai formées à l’accompagnement il y a un homme, Marc, atteint comme vous de la SEP et qui est disponible de répondre par téléphone et d’écouter d’autres malades. Il habite dans le Nord-est de la France et son No de téléphone est le 0033 3 382 24 31 36. Je suis sûr qu’il pourra être d’un réconfort pour vous. Recevez tout mon respect pour le combattant que vous êtes. Suite de cette question: D’abord un grand merci pour votre réponse. J’avais commencé à vous répondre en parlant de l’acceptation, une petite voix me disait : approfondis ! Alors est revenu votre questionnement « Accepter n’est pas se résigner, n’est-ce pas? » J’étais totalement d’accord avec vous, et je me disais que j’avais franchi cette étape. Et bien non, dans ma nouvelle difficulté j’étais dans cette étape et je ne me rendais pas compte. Il faut croire que chaque difficulté nous fait recommencer au départ, il n’y rien d’acquis. Votre question m’a fait prendre conscience concrètement de ce fait. Cela m’a troublé dans un premier temps. Alors je n’avais rien compris, toute ma recherche avait été inutile ? Non elle m’a fait comprendre que cette étape était chez moi encore incontournable et en même temps maintenant je la connais, je l’ai déjà vécue. En la reconnaissant, je peux maintenant la franchir plus vite. Alors j’ai commencé à écrire ce que j’avais vécu. Quand j’accepte, je connais un apaisement et cet apaisement est encore plus fort lorsque je prononce à voix haute « j’accepte ». Je ne sais pas pourquoi mais ça marche et c’est l’essentiel. Aujourd’hui je pense que je dois mettre mon trouble en mots et le prononcer à voix haute avec l’acceptation. Je pense que vous pouvez beaucoup m’aider sur cette mise en mots. Je crois aussi que l’acceptation a ses propres niveaux et qu’ils sont à atteindre. J’y vois un cheminement essentiellement personnel vers une profondeur nouvelle. Je peux dire que l’acceptation est un mystère, il m’appartient suivant mon histoire d’en lever le voile. Je crois que l’acceptation est à elle seule un chemin, et ce chemin est unique pour moi et chacun de nous, ce qui en fait son charme et aussi sa complexité. Sur ce chemin je fais des rencontres comme la vôtre qui vient m’éclairer et me solliciter, elles sont des aides précieuses. Au début de ma maladie j’attendais tous des aides extérieures aujourd’hui j’ai compris que ces aides sont des éclaireurs mais que la solution est en moi-même et qu’il m’appartient de la trouver car elle est unique. J’espère que sur ce chemin je trouverais mon nom Quant à la révolte contre Dieu je ne me l’autorise pas vraiment, c’est pour moi encore un interdit. Suivi de la réponse du 5.6.09 Mise en mots de mon trouble suite à ma difficulté naissante de la vue : L’acceptation avec les yeux est plus difficile car j’ai peur d’un isolement, j’ai peur d’un enfermement. Je me sens claustrophobe. Je me sens comme prisonnier. Je mesure aussi que je ne pourrais plus me diriger seul mais cela ne m’inquiète pas autre mesure, cela ne m’envahit pas. C’est la peur de l’isolement qui est la plus grande. En la mettant en mot elle perd de sa force. Aujourd’hui je peux dire à haute voix « j’accepte d’avoir peur d’un isolement » j’éprouve un réel apaisement. Ce travail de mise en mots de l’identification de ma peur est salutaire et a permis l’acceptation de cette peur, l’apaisement a été renforcé par la parole. Maintenant je laisse faire avec confiance l’arrivée d’une prochaine « dimension ». C’est avec joie que j’aurai plaisir à vous la témoigner. Merci d’avoir sollicité le possible en moi Lydia répond : Quel bonheur de vous lire et d’assister en (presque) directe au chemin parcouru. J’en suis sincèrement impressionnée. Vous souleviez un problème humain fondamental avec votre résistance à perdre la vue: Comment passer du non au oui ? Vous avez raison, l’acceptation est un chemin et d’abord il faut s’accepter dans sa résistance pour aller plus loin. Ca ne m’étonne pas que de dire à haute voix « j’accepte ma peur » vous ait aidé, car la voix souligne sensoriellement le message donné au petit moi. D’une certaine manière vous n’êtes plus tout seul, car le grand en vous accompagne le petit. Une idée : vous pourriez faire l’expérience de fermer intentionnellement les yeux pendant un certain temps plus ou moins long (à vous de décider le supportable). Puis explorez dans ce noir vos perceptions, vos sensations et sentiments, pour vous familiariser avec ceux qui émergent quand un sens disparaît. Recevez tout mon respect. Suivi de la réponse du 6.6.09 Un petit mot rapide. Je comprends mieux pourquoi la parole est créatrice. Je n’avais pas compris que le « grand »accompagne le « petit ». Je suis heureux de l’avoir vécu sans l’avoir compris auparavant. C’est pour moi un signe fort sur le chemin. Merci de cet éclairage. Je sais maintenant que je ne suis pas seul. J’ai fait connaissance tout naturellement. Après la mise en mot de mon trouble est venue la prise de conscience du cadeau de la vue. Je me suis émerveillé de ce don. Maintenant qu’est-ce que je fais de ce don ? Je me sens responsable de ma vue sans pouvoir en dire plus. Depuis que j’ai fait le travail d’acceptation je n’ai pas connu de nouveaux troubles de la vue : hasard ? Suivi de la réponse du 18. 11. 2010 : Il y a juste un an je vous envoyé un dernier message. La maladie continue à évoluer, jusqu’à maintenant j’arrivais à accepter j’ai même connu des moments de paix. Aujourd’hui je suis dans un vide, il n’y a plus d’écho en moi, je me sens très seul. Est-ce une étape ? Je suis un peu, beaucoup perdu. J’ai perdu confiance. Quelle est l’attitude juste dans cette période? Lydia répond: Si je me souviens bien, vous aviez fait quelques expériences transformatrices par l’acceptation de vos peurs de perdre les yeux à l’époque. Vous aviez dit aussi que l’acceptation se reconquiert constamment. Je trouve magnifique que vous pouvez dire : jusqu’à maintenant j’arrivais à accepter, j’ai connu des moments de paix. Il faut l’entendre de la bouche d’un homme gravement atteint de la sclérose en plaques. Probablement le piège était d’espérer que l’acceptation dure, peut-être même qu’elle ralentisse ou stoppe, voire fasse régresser la maladie. Or, la Vie vous place apparemment devant une nouvelle épreuve : aujourd’hui vous n’arrivez plus à l’accepter comme auparavant. Ne plus rien sentir, plus d’écho, est-ce parce que vous avez l’impression que Dieu vous a abandonné ? Vous LUI en voulez de vous laisser tomber et qu’IL laisse progresser la maladie ? Alors reconnaissez votre révolte, criez votre désarroi, soyez honnête avec ce que vous sentez et confiez-le-LUI. Faites comme il y a un an : nommez et reconnaissez ce que vous sentez et recommencez par accepter ce que vous sentez. Peut-être la progression de la maladie d’Hélène y est pour quelque chose ? Et tout vous paraît à nouveau injuste. Adhérer à ce qui est, cela veut dire en ce moment : adhérez d’abord, c’est-à-dire dites « oui » à ce vide, à ce non-sens. L’autre jour je suis tombée sur une phrase trouvée par les soldats alliés, griffonnée sur un mur par une des victimes de l’holocauste : Je crois au soleil – même quand il ne brille pas Je crois à l’amour – même quand il ne se montre pas Je crois en Dieu – même quand Il se tait Dieu n’est pas parti ! Rappelez-vous : quand nous perdons quelque chose, c’est pour gagner ailleurs. Je ne sais pas où la Vie veut vous mener, mais surtout ne prenez pas ce que vous vivez actuellement comme une punition, ni comme une calamité, mais comme une épreuve ou mieux encore comme une aventure dont vous ne connaissez pas (encore) la suite. Nous sommes de petits humains qui croyons toujours que lorsque nous avons atteint un sommet que nous allons y rester. Quoi qu’il en soit, tout mon respect devant l’homme qui continue à chercher. Suivi de la réponse du 18. 11. 2010 : C’est dans la joie que j’ai reçu votre mail. Quelques larmes ont coulées, moi qui ne pleure jamais. Votre écrit est juste, mon acceptation a un arrière fond de vouloir guérir et je me sens trahi lorsque la maladie progresse. Je suis dans le « à quoi ça sert tous mes efforts d’acceptation, je mérite mieux… » Je vois même mon ego voulant reprendre la main sous la forme « je vais vous montrer qu’avec la spiritoualité je vais m’en sortir ». Face à cette progression mon ego est en échec. Est-ce que je cherche à régler un compte? qui est ce « vous allez voir ! » ? Oh oui ! je fais partie des hommes qui croit que lorsqu’ils ont atteint un sommet ils peuvent y rester. Je vais redescendre dans la vallée emportant dans mon cœur la paix du sommet. Merci, l’aventure qui EST peut continuer. Suivi de la réponse du 30. 11. 2010 : Déjà merci de votre réponse rapide. Spontanément je commence une réponse sans savoir où je vais. Je laisse aller l’écrit sans chercher une bonne réponse à la question « à qui adressez-vous ce « vous allez voir ! » ? A qui voulez-vous prouver quelque chose ? » Depuis toujours je sens en moi une autre dimension. J’en parle mais je n’arrive pas à la partager et tout particulièrement avec mon épouse. Au début de ma maladie j’ai fais une retraite charismatique. Cela s’est très mal passé je suis rentré à la maison déboussolé, cette retraite avait renforcée ma culpabilité de pécheur. Ma famille m’a récupéré en petits morceaux et a maudit cette retraite. Je me sens mis en cause dans ma recherche. Au fond de moi je sais que ma recherche est juste et je veux montrer que j’ai raison. En écrivant cette phrase je prends conscience qu’elle est importante pour moi, elle est venue spontanément, elle est un message pour moi. Avec la première partie je suis en contact avec le JE, dans la deuxième partie « le petit je » cherche à reprendre la main. Je passe l’essentiel de mon temps et de mon énergie à ce « vous allez voir » et c’est fatiguant. En voulant imposer la deuxième partie aux autres, j’obtiens l’effet inverse. J’éprouve même du ressentiment vis-à-vis des personnes qui n’adhèrent pas à mes idées et je me coupe d’elles. Au fait « vous allez voir » mais quoi ? Que je suis quelqu’un d’important grâce à ma spiritualité. Ceci explique mon trouble face à la progression de la maladie, ce ne serait pas la progression de la maladie qui me ferait peur, mais l’échec de celui qui veut montrer aux autres qu’il a raison. La peur de perdre ma possibilité de devenir important aux yeux des autres. Lorsque je dis que je me sens mis en cause dans ma recherche, c’est la non-reconnaissance qui me fait mal. Je veux me valoriser par cette recherche, je cherche une étiquette du type « cet homme est un chercheur spirituel ». Comme je ne le suis pas, je le reproche aux autres. En cherchant ce statut d’homme spirituel, je me coupe de ma véritable dimension spirituelle. En cherchant, en réclamant, en prétendant à un statut extérieur je me coupe de ma vie intérieure possible et j’accuse mes proches et particulièrement mon épouse de m’en priver. Le statut est une illusion, je veux être reconnu ce n’est plus un statut que je cherche c’est une statue (sourire). Et oui je ne fais pas dans la demi-mesure. (re sourire). Que c’est libérateur de m’accepter tel que je suis et de me regarder avec humour jusqu’à en éprouver de la tendresse. Lydia répond: Tout mon respect au chercheur en vous pour le parcours intérieur que vous venez d’accomplir. Vous avez vu très juste. La première partie de votre phrase « Je suis quelqu’un d’important » (ça veut dire dans les yeux de Dieu) est juste, mais la suite « grâce à ma spiritualité » est fausse, car toute raison donnée émane toujours du petit moi. La quête de devenir important dans les yeux des autres est toujours vouée à l’échec, car cela nous rends dépendants d’autrui et de plus nous récoltons toujours le contraire. Cette conscience doit être en nous, jumelée simultanément à la conscience de notre petitesse. Que votre maladie progresse ou non est égal dans Ses yeux, car ce qui compte est que vos yeux rayonnent l’Amour. C’est le seul but. Des yeux rayonnant d’Amour malgré un processus de maladie progressive invalidante bouleversent tout le monde sur terre. En effet, en voulant avoir un statut de chercheur spirituel on le perd, comme lorsque je veux avoir l’illumination, je la rends impossible. Toute velléité de posséder quelque chose, appartient au petit moi. « Être » comme l’illumination passe d’abord par quelque chose de moins et non pas de plus. Avec ce sourire de tendresse sur votre petit moi vous rejoignez le regard de l’Être de Lumière sur nous humains, tel que ceux aux frontières de la mort le découvrent et nous le décrivent dans toutes les expériences de NDE (expérience de mort imminente).
Question posée le 16 janvier 2009: « Lorsque a été franchie, puis effacée cette ligne de démarcation entre le malheur et nous, lorsqu’enfin nous avons réalisé cette vérité que nous ne sommes qu’une proie sans cesse guettée par la mort, la vie change de sens… On se sent entrer dans le tragique humain, à côté duquel on a passé tant de fois inconscient, aveugle et sourd. La vie devient pour nous une matière précieuse à ne pas gâcher, et il n’y a guère que ce qui conserve une valeur en face de la mort qui garde un sens à nos yeux. On s’aperçoit, non sans surprise, qu’au lieu de restreindre la vie, ce sentiment l’amplifie à l’infini. » Lydia répond: Merci, Marc, pour ce partage que je sens sorti du plus profond de ton être et de ton vécu. Il faut quelqu’un comme toi pour nous faire toucher du doigt combien c’est la dignité de l’homme de faire sens de sa souffrance, afin de rester intérieurement debout, même si au dehors la maladie le plaque dans une chaise roulante. Lisez le témoignage « Marc et son périple »
Question posée le 12 octobre 08: Je suis (60 ans) malade d’une sclérose en plaques directement évolutive depuis dix ans. Je me déplace aujourd’hui en fauteuil roulant et je redoute le moment où je ne pourrais plus faire les transferts.Je demande conseils et du réconfort dans l’épreuve. Lydia répond: Je suis touchée par votre demande et j’entends la souffrance à travers le peu que vous m’écrivez. Vous me demandez conseil concernant votre peur de ne plus pouvoir faire les transferts. Si je comprends bien ce souci, c’est qu’il y va de votre autonomie. Ne plus pouvoir faire les transferts vous-même, cela signifie que vous deviendrez dépendant de l’aide de quelqu’un d’autre, voire – si vous n’avez pas des proches pouvant vous aider – vous serez dans l’obligation de chercher un placement en institution. En effet c’est une perte très grande. Je vous demande juste de vous rappeler le long parcours de votre maladie en 10 ans que vous venez de traverser. Combien de crises de changement et de pertes vous avez déjà parcouru! C’est un vrai parcours de combattant! Déjà vous avez – parmi bien d’autres pertes et invalidations – dû renoncer à vos jambes pour vous porter et accepter l’aide de la chaise roulante pour vous soutenir. Ne croyez-vous pas qu’au moment venu vous trouverez aussi l’aide et les ressources nécessaires comme précédemment ? Dans une maladie évolutive, la peur de ce qui pourrait encore advenir est un terrible poison. Elle vous empoisonne le moment présent, alors que vous êtes (encore) libre de ce problème. Je ne peux que vous conseiller de pratiquer une hygiène psychique assidue consistant à revenir au moment présent et à apprécier ce que vous avez maintenant plutôt qu’à vous préoccuper de ce que vous pourrez éventuellement perdre. Je ne sais pas pourquoi vous devez vivre une telle épreuve, mais je sais que nous est toujours donné la force pour la traverser, avec l’aide de Dieu et d’autres humains, même si vous n’arrivez pas à le concevoir à l’avance. Si je faisais la comparaison avec l’école, je dirais que ce type de maladie n’est pas de l’ordre de l’école primaire ni secondaire, mais d’une Haute Ecole. L’enseignement y est très élevé et difficile et les épreuves sont quasi constantes. Je connais aussi une autre loi concernant les pertes: il n’y a jamais de perte sans que ne s’ouvre un nouvel horizon de l’autre côté. Je suis sûre que vous en savez déjà quelque chose et j’aimerais bien entendre votre expérience à ce sujet. Etant à Genève je ne connais pas bien les conditions en France en ce qui concerne l’encadrement de la SEP. Je vous donne l’adresse mail d’un homme à Metz, Marc Kopp, formé par Entrelacs à l’accompagnement de malades graves, en deuil et en fin de vie, atteint lui aussi de la SEP et obligé à utiliser la chaise roulante. Il est au service d’autres malades atteints comme lui pour les soutenir. Vous pouvez lui écrire. Je suis sûr qu’il sera de bon conseil et d’une belle écoute. Il sait dans sa chair ce que vous vivez. Recevez tout mon respect et n’hésitez pas de me ré-écrire.
Question posée le 01 septembre 08: Depuis peu je travaille pour un homme qui a un cancer au rein, une récidive. Lors de son 1er cancer ils lui ont enlevé un rein et les médecins lui ont dit que c’était bon! Il pensait que c’était fini qu’il ne risquait plus rien et a oublié. Là il n’a pas le moral et tourne en rond chez lui. Il est prof. et lundi c’était la rentrée mais pas pour lui. Il a perdu le goût et n’arrive plus à manger, se nourrit de liquide plein de protéine qu’il achète en pharmacie, il vient de faire une semaine d’hôpital pour se requinquer, car il était très faible. Comment puis-je l’aider pour lui redonner l’envie de manger? Il est bien entouré par ses amis et ses 2 sœurs qui lui font des petits plats. Je lui ai parlé d’Entrelacs, mais pour le moment ça ne l’intéresse pas. D’un côté il parle de guérison et de l’autre il est fataliste. Merci de ton aide Lydia répond: C’est important de savoir quel est ton cahier de charge et de ne pas faire plus que ce qui t’incombe. Ses sœurs s’occupent déjà de lui. Par contre, permets lui de te dire ses états d’âme, sa colère et sa révolte. Tu n’as pas à le sauver, mais à l’ECOUTER, qu’il puisse tout te dire : son ras le bol, son désespoir, ses espoirs…. et que tu le valides = que tu donnes de la valeur et du poids à ce qu’il dit. Le piège est de chercher des solutions qui le barbent et qu’il se ferme alors. C’est sûr qu’il est mal et déçu, c’est aussi sûr que sa maladie est plutôt grave et possiblement souffre-t-il quelque part d’un conflit non résolu. Mais ce qui t’incombe est de le faire sentir combien c’est respectable comment il se bat, combien c’est courageux et en même temps dur de rester debout. Tu peux l’informer du cycle « Traverser la chimio DEBOUT » de cet automne, mais sans insister.
Question posée le 21 juillet 08: Tu sais, ma maman est vraiment en fin de vie, phase finale. Elle ne peut plus manger et boit encore très, très peu. Elle est squelettique, mais encore bien présente. Je pense souvent à toi. Surtout hier au bord du lit de ma maman, me vient ta phrase : « Donner à certains en fin de vie une de ces p…. de vie! » Cela m’a permis de témoigner à ma maman que j’ai trouvé la clé pour jouer avec mes « mauvaises notes » et que j’arrive même à en avoir de l’humour et que derrière souvent quelque chose « d’intelligent » surgit qui me relient aux autres. (Ma maman m’a aidé pour l’école avec une patience infinie et elle m’a vu si souvent pleurer de désespoir étant enfant quand je revenais avec une mauvaise note à la maison.) J’ai pu lui dire que cette clé est le plus grand héritage que je reçu de sa part. Elle m’a répondu : « Das isch wunderbar ! » (c’est merveilleux) Et puis je me sens si souvent hésitante, maladroite avec toute ma volonté et l’amour que j’ai. Lorsqu’elle sera décédée j’aurai besoin de faire un bilan avec toi pour ce que j’ai vécu depuis maintenant plus qu’une année. J’aurai besoin d’élever et d’éclaircir cette expérience avec toi…et cela agira toujours sur ma maman de l’autre côté…..j’en suis sûre….. Qu’est-ce que j’ai à éviter à tout prix pendant ces dernières rencontres ? Quel est l’essentiel en toute simplicité pendant ces dernières rencontres ? Lydia répond: Quel privilège de pouvoir accompagner ta mère sur sa dernière trajectoire ! Ce qui est à éviter absolument est le bavardage. Que chaque mot soit en vérité et venant du cœur. Si tu te sens hésitante et maladroite confie-le avec les mots: je me sens un peu maladroite de… ou je ne sais pas si c’est juste, mais… Rappelle-toi que nous n’avons pas à être parfait mais dans la transparence de qui nous sommes, sans nous juger. Si elle est dans le coma annonce qui tu es et parle-lui lentement et distinctement. Ne parlez jamais sur elle en sa présence! Même dans le coma le mourant peut entendre. Probablement comptera de plus en plus la communication non verbale, le toucher tendre. Observe sa réaction si tu fais ou dis quelque chose. Un soupir peut être un signe de « oui, c’est ça », pas de réaction ou se détourner peut être non. N’essaie pas de comprendre avec ta tête, mais de sentir, d’être attentive à des images ou pensées qui te traversent. L’intuition se manifeste ainsi, la tête ne sait rien. Tu n’as surtout pas à être intelligente!! Par contre je sais que tu as du cœur. Fais le silence en toi, centre-toi avant de la rejoindre ou quand tu es assise à côté d’elle. Elle visite déjà des zones frontières et peut-être, tant qu’elle a la parole, elle pourra te partager des choses qu’elle vit et voit du monde invisible. Le ciel est très proche dans ces moments-là. Ce serait bien si tu pouvais associer tes frères aussi à participer autant qu’ils en sont capables et le souhaitent.
Question posée le 26.02.2008: Quelques mois que je ne t’ai pas donné de mes nouvelles dans ce long couloir de la maladie !!! Le chapitre que tu m’as envoyé m’a été d’une très grande utilité, et je m’en sers forcément encore lorsque je ne sais pas faire par moi-même… Mon cancer est parti se réfugier dans mon poumon droit, j’avais du liquide, 1.7 l qui a été ponctionné et les analyses sont positives. Ils me changent de chimio, car ces cellules ont résisté à la première chimio. Je recommence donc la semaine prochaine une chimio qui a des effets secondaires sur le cœur. Je dois subir des examens pour le cœur avant de la commencer ! C’est une nouvelle expérience que cette chimio. Je suis vraiment dans le « long couloir des contractions de la maladie », des « allers et retours », car dans mon ventre c’était en rémission … Je suis abattue ces jours ci, l’incertitude est de nouveau là, car j’avais repris un peu de vitalité, et de forces, et je me sentais de nouveau pleine d’élans pour faire de nouvelles choses ! Et la vie semble me dire: « Attends, peut-être… » As-tu vécu ces allers et retours – car la maladie est toujours là – Est-ce que c’est vivre au jour le jour en savourant ce qui se passe et accueillir celle qui a peur les autres jours ? Lydia répond: Je n’ai jamais vécu personnellement une rechute d’une telle gravité, je connais juste les hauts et las bas à l’intérieur de la chimiothérapie. Mais à l’endroit où tu es, où tes plans sont croisés par une évolution assez grave et au futur incertain, tu as tout à fait saisi ce à quoi la vie t’invite. En fait ta question contient déjà la réponse qui me paraît totalement juste: Oui, quand on ne maîtrise plus rien, ce qui nous reste est vivre au jour le jour en savourant, comme tu dis si bien, ce que la vie t’offre de bon: goûter d’avoir passé un nuit assez bonne, la présence de ton conjoint et le thé qu’il t’a préparé, le jeu des nuages dans le ciel… C’est dans le petit et tout simple que cela se joue. J’aime beaucoup ce que disait Gabriel Marcel : » La gratitude est gardienne aux portes de l’âme contre les forces de destruction. » Et les moins bonnes choses, essaie aussi de les recevoir comme des creux de vagues qu’il s’agit de passer en patience. Surtout ne lutte pas contre tes états d’âme comme la peur, la frustration, l’exaspération, la déception. Accueille toi-même autant que tu peux. On atteint l’acceptation en dépassant les « non », et non pas en les refusant ou en les jugeant. Si tu peux traverser ces temps difficiles comme une femme traverse les contractions lors de l’accouchement, en profitant des accalmies et en te laissant flotter durant la contraction douloureuse, tu vas rencontrer d’autres profondeurs de la vie que seulement de tels vécus peuvent offrir. Tu es bien en train de t’accoucher à toi-même.
Question posée le 25.02.2008: J’ai rencontré une femme qui a perdu son fils âgé de 22 ans dans un accident de moto il y a 2 ans. Elle habite mon village. Je lui ai proposé de nous revoir, elle le souhaite, car elle sent qu’elle perd pied de nouveau. Les psy lui donnent des médicaments. Ma question est : comment établir un canevas d’aide? Je lui ai demandé si elle était allée dans la colère, si elle avait eu des accusations? Elle a dit qu’elle en a voulu à Clément qui a pris des risques, alors qu’elle lui avait dit combien elle n’était pas d’accord avec l’achat de sa moto. Un temps elle avait même retourné toutes ses photos par colère et lui avait ensuite demandé pardon de cela. Que faut il avoir réglé préalablement avant d’aller vers les manques et les regrets ? Je lui ai dit que lorsque nos proches décèdent jeunes, c’est qu’ils sont venus pour nous apprendre quelque chose. Trouver du sens apaise. J’ai si peur d’être maladroite en voulant bien faire, surtout aller trop vite dans les exemples par ex. en parlant de la fête de souvenir que j’ai organisée pour Pierre, mon mari. Merci pour votre aide. Lydia répond: C’est déjà précieux pour elle que vous lui offrez un temps de parole. Pouvoir tout dire à quelqu’un qui comprend parce qu’il connaît la perte d’un proche est déjà un cadeau. La majorité des gens est trop mal à l’aise pour aborder la souffrance d’une maman ayant perdu son enfant, même 2 ans après. Peur de faire mal, peur de ne pas savoir quoi dire, l’idée aussi que cela devrait être maintenant terminé… Il est judicieux d’identifier de quoi elle souffre actuellement dans son deuil. Il me semble sa colère n’est plus un problème vu qu’elle l’a bien reconnue et exprimée. Ce serait seulement un problème si la colère cachait sa tristesse et la souffrance de l’absence du fils. Généralement c’est quand même l’absence qui cause la douleur la plus cruelle. Une lettre à son fils dans laquelle elle dit tout son cœur de maman, tous ses sentiments, pourrait être un bon outil pour qu’elle voie peu à peu aussi ce qu’elle a reçu de ce fils et que d’extérieurement absent il devienne présent dans son cœur. Il est vrai que ma propre manière de lire la mort des enfants et des jeunes n’ayant pas eu le temps de s’accomplir eux-mêmes, est qu’ils ne sont pas venus pour leur propre évolution mais pour aider leurs proches à évoluer et à se réveiller à leur propre vie. Mais il faut être prêt pour regarder la mort sous cet angle-là. Témoigner de son propre chemin de deuil parcouru, de ce qui vous a aidé, peut être très bien, si c’est un partage et non pas une injonction comment aussi l’autre devrait faire. Normalement, vous saurez aussitôt si vous avez été décalée ou trop vite, car la réaction en face le montre. Si c’est le cas, excusez-vous simplement pour votre maladresse. A vouloir trop aider on n’aide plus.
Question posée le 14.02.08: En ce moment je vis une période pas simple : Mon mari est atteint d’un cancer qui le fatigue beaucoup et nous ne savons pas encore comment il pourra être traité. Jeudi il subit une intervention chirurgicale afin d’aller explorer la tumeur située à la racine du poumon… Et j’ai peur… Peur de le perdre, peur de ne pas savoir lui dire combien je l’aime, peur de ne pas entendre qu’il m’aime… peur de ne pas savoir profiter de cette épreuve… Cela me fait du bien de vous le confier, je sais que votre compassion et vos prières nous aideront. MERCI. Lydia répond: Je viens d’ouvrir par « hasard » un livre et tombe sur la phrase suivante et j’ai su qu’elle était pour vous: « Il s’agit ici de connaître la peur, de se familiariser avec elle, de la regarder droit dans les yeux – non pour en faire un moyen de résoudre les problèmes, mais pour abandonner complètement nos anciennes façons de voir, d’entendre, de sentir, de goûter et de penser. Il faut savoir que dès que nous commençons vraiment à agir ainsi, nous ne cessons jamais d’apprendre l’humilité. » Pema Chödrön Vous savez avant mon opération du cancer de l’intestin j’avais la chance d’être entourée par des gens qui n’avaient pas peur. Notamment une personne m’a veillée de longues heures, en méditation – c’était si bienfaisant! Les personnes très en souci m’accablaient plutôt et je m’en distançais. Mais quand on est comme vous la personne la plus proche de son mari et qu’on a peur, le mieux est encore d’être sincère et vraie. Surtout n’essayez pas de cacher votre peur, car elle suinterait de toute façon! Dites-lui plutôt que vous êtes désolée de lui peser avec votre inquiétude, mais qu’une petite fille à l’intérieur de vous a très peur de le perdre… Que vous cherchez à la dépasser et de trouver la confiance, même si cela ne vous réussit pas toujours. Alors, il saura que vous assumez votre peur et qu’il n’aura pas en plus à vous rassurer. Il a assez à faire avec lui-même. Ce que vous vivez n’est pas seulement un temps de stress mais aussi de grande intensité amenant une conscience aigue de la VIE. Peut-être avez-vous déjà pu expérimenter, lorsque vous êtes libre de la peur, ne serait-ce que pour quelques instants, combien les sens et leurs perceptions s’ouvrent? C’est le privilège de toute les situations rappelant la proximité de la mort. Car oser faire face à sa vulnérabilité facilite la perception du précieux de la Vie. Jamais je n’ai été aussi vulnérable, mais aussi jamais je me suis sentie autant aimée par la Vie et proche de l’Essentiel que dans ces instants là. La narcose peut bien être la visite d’autres dimensions et non seulement une plongée dans l’inconscience. Aidez votre mari à s’y relier avant l’intervention. De tout cœur avec vous.
