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DEUIL

Question du 8 mars 2015

Je vais essayer de résumer au mieux la situation car ce n’est pas directement pour moi que j’ai besoin de vos lumières. J’ai rencontré il y a 3 semaines un homme de 30 ans (j’en ai 27). Nous avons lui comme moi un passé difficile. Nous avons perdu les deux un « ex » dans un accident mortel. Mais j’arrive plus facilement à passé cette étape de deuil. Lui n’arrive pas à recommencer à vivre. Il a eu un accident de voiture il y a plusieurs années, il roulait vite mais à 20km/h en dessus de la vitesse maximal. Cela à tué 3 personnes, sa copine, et dans la voiture en face il y avait une mère et sa fille de 5 ans. Cela à laissé 3 orphelins. La justice l’a jugé non coupable. Mais lui se sens coupable, ce que je comprends. Mais depuis il s’interdit d’aimer et d’être aimer de peur de perdre cette personne chère. Et il se refuse d’être heureux. Il cherche à s’auto punir. Cela fait 24h que c’est terminé avec lui car il se refuse le bonheur et l’amour. Nous avons passé nos dernières 24h ensemble mais lors des aurevoirs il a fondu en larme et ne pouvait plus parler. Il m’a dit qu’il serait toujours la pour moi si besoin mais qu’il ne me contacterai plus de lui même.

Ma demande est la suivante : Comment l’aider de loin à recommencer à vivre et à aimer. Car je sais qu’il m’aime car il me l’a dit avec toute la sincérité du monde et il me l’a montré et prouvé tous les jours depuis que je le connais (14.02.2015). Je l’aime également, et notre rupture ne me fait pas souffrir plus que tant car j’ai plus mal pour lui et j’aimerai l’aider… je ne sais pas si c’est avec lui que je vais faire ma vie ou pas mais je ne supporte pas l’idée qu’il se torture seul chez lui. Et j’ai peur qu’il fasse l’ultime erreur… de la rejoindre… Il veut vivre une longue et belle relation mais sans sentiment pour ne pas souffrir lors d’une séparation. Je sais que je vais le revoir mais je sais pas ni quand ni dans quel contexte… Je lui laisse le temps nécessaire à la réflexion et malgré le fait qu’il m’a dit ne me contactera pas, j’ai la naïveté et l’espoir qu’il le fera…. Si vous avez une solution ou juste une écoute cela me serait d’un énorme soutien….Car je ne peux pas laisser une faire une fausse séparation. Quand deux être s’aiment se sont trouvés et se comprennent, ça ne peut pas se finir ainsi !!! 

Réponse de Lydia

Je dirais en premier que cet homme a besoin de faire un travail de deuil pour apprendre à se pardonner et à revivre. Et probablement il lui faudrait l’aide professionnelle de quelqu’un qui a une vision spirituelle de la vie. La psychologie n’aide pas suffisamment ici. Je ne connais pas votre vision de l’après, mais ce que je sais de cas semblables, il n’y a pas de faute de l’autre côté Par ex. la psychiatre, Elisabeth Kübler Ross, racontait l’histoire d’un homme qui, dans un accident de voiture causé par lui, avait perdu sa femme et tous ses 4 enfants. Par la suite il s’est noyé dans l’alcool jusqu’au jour où, désespéré, il s’est jeté devant un camion pour se suicider. Il a eu une expérience aux frontières de la mort, expérience qui l’a projeté dans d’autres dimensions où il a revu toutes sa famille réunie, rayonnante, qui lui a souri et lui a demandé de revivre car eux, ils allaient tous très bien. Il a miraculeusement survécu à sa tentative de suicide et, tout transformé par son expérience de mort imminente (EMI), est venu témoigner lors d’une conférence de Kübler-Ross de l’expérience qui avait transformé sa vie. Moi  aussi ,j’ai rencontré un homme qui a tué un père de famille dans la voiture en face. Lui aussi avait roulé trop vite. Il a eu une EMI et dans la rencontre avec la Lumière s’est senti entièrement aimé et accepté. Aucun reproche ni jugement. Il en est revenu et a survécu aux blessures graves. Lui aussi a été acquitté, mais il a changé de vie, a changé de profession et s’est consacré à l’éducation de jeunes. C’est un homme qui a semé la vie toutes les années par la suite.

Certes, il sera important que cet homme aussi fasse de sa vie quelque chose qui engendre la vie, qui multiplie la vie. La forme, il aura à la trouver. Si lui, il a survécu à cet accident, cela veut dire qu’il avait encore quelque chose accomplir. Pour le moment il a déjà perdu plusieurs années pour se morfondre dans la culpabilité malsaine et à gâcher sa vie. La vie lui a été sauvée pour qu’il se redresse, en honneur de ces 3 personnes décédées, et en fasse quelque chose de vraiment bien.

Avant une telle transformation possible, il ne me semble pas envisageable qu’il vive une histoire amoureuse avec vous. Son attachement coupable à son amie décédée barre le chemin à une relation saine entre lui et vous. Et bien sûr, je suis d’accord avec vous, c’est un sacré gaspillage. Cela fait 3 morts sous la terre et un mort sur terre. Un mort de trop !


 

Question deuil blanc du 16 septembre 2014

D’abord un grand MERCI de prendre le temps de me lire et de me répondre, ça me touche beaucoup. C’est sûr que ma gêne est énorme de parler à mon Papa avec sincérité parce que je n’ai pas de réaction en face, pas de réponse alors ça me déstabilise énormément. Ma déception et ma souffrance de ne plus pouvoir communiquer avec lui me fait tellement mal que je refoule mon chagrin et je me tais. Plus un seul mot ne sort. j’ai assez à verrouiller mes larmes. De plus, je fonctionne comme une éponge, l’approche de la mort de mon Papa, je la vis comme si c’était la mienne. En réalité, ce n’est pas la mort en elle même qui me fait si peur car si j’ai bien compris, si ça ressemble à mes propres contractions lors des accouchements….. Comme 2 de mes 3 accouchements se sont relativement bien passés mis à part la douleur des contractions qu’il faut vivre, mais ça, c’est le processus normal!, ça devrait aller!!! Par contre, la mise en terre, ce grand trou noir me terrifie!!! Ce qui me vient, c’est la peur d’étouffer !!! Pendant très très longtemps, je m’endormais en évitant de couvrir trop ma tête car j’avais peur de mourir étouffée. Et aussi pendant de très nombreuses années, je faisais le même cauchemar : Je me perdais, je ne retrouvais plus ma voiture, je ne retrouvais plus mon cartable, tout était en lien avec la perte. Ça ressemble aux symptômes des personnes atteintes d’Alzheimer, ça éveille ma peur d’avoir la même chose que Papa, mais tout comme la peur de la mise en terre, je fais taire cette peur en mettant un couvercle dessus. Pour revenir au mot mort, je veux trouver une solution pour être apaisée par apport à ça! jusqu’ici, je fuyais en me forçant à penser à un sujet plus joyeux car pour moi à ce jour la mort, c’est très très triste. Je veux réussir à me concentrer sur la solution pour être en paix avec la mort, mais pour l’instant je n’y arrive pas. La panique prend le dessus. J’ai pensé tant que je ne serai pas apaisée par apport à ma propre mort, je ne pourrai pas être à l’aise aux côtés de mon Papa.

Réponse de Lydia:

Ce que vous vivez avec tant de chagrin s’appelle le deuil blanc, la perte de la personne aimée de son vivant. Votre papa n’est plus la personne d’avant, et ça fait mal. C’est normal d’avoir du chagrin et ce serait bien si vous pouviez l’exprimer en pleurant, peut-être pas devant votre papa, mais chez vous ou sur l’épaule d’une personne de confiance. Vous avez tellement réprimé les émotions que c’est l’heure de les laisser s’exprimer. Je vous suggère aussi de prendre une feuille blanche et d’écrire ce qui vous fait mal et vous chagrine, ce qui vous manque maintenant avec lui etc. Puis écrivez aussi ce dont vous êtes reconnaissante d’avoir reçu et appris de lui… Cela vous permettra de mettre des mots sur tout ce que vous ressentez. C’est important pour vous, de commencer à nommer et à reconnaître votre souffrance. Quant à votre peur de la mort je comprends mieux. Vous projetez une ancienne expérience d’étouffement sur lui qui va se trouver un jour dans un cercueil sous terre. Or, sachez qu’en expirant, la conscience quitte le corps comme un automobiliste quitte sa voiture. Si la voiture va à la décharge, le conducteur, lui, est libre. Par contre, vous, vous souffrez d’une expérience traumatisante d’étouffement, peut-être déjà périnatale. Ce serait bien si vous pouviez traiter cette phobie avec une approche genre TIPI (technique d’investigation des peurs inconscientes) ou par l’hypnose. Je ne crois pas que votre rêve parle d’Alzheimer, mais plutôt du fait que vous vous êtes perdue dans votre vie. Ne m’aviez-vous pas écrit que vous avez bloqué votre émotionnel ? Vous avez construit un « faux self » en refoulant vos propres sentiments et besoins pour vivre en façade un personnage qui n’est pas vous. La voiture (le véhicule, l’outil pour conduire sa vie), ou le cartable perdu qui contient des papiers importants (l’identité), parlent de cette perte de vous-même. Vous avez paumé la petite fille qui sent et souffre au fond de vous-même. Vous l’avez parfaitement compris : la déchéance de votre papa a réussi à vous secouer dans ce faux personnage fort que vous avez construit pour survivre, afin que vous vous retrouviez enfin et commenciez à vivre – à vraiment vivre.


Question du 30 août 2014

Comment réussir à faire le deuil (blanc) de mon Papa atteint de la maladie d’Alzheimer avec un stade de démence très sévère. Je me suis occupée de lui avec Maman pendant 6 ans. J’ai fui ma peine dans l’hyperactivité pour ne pas sentir ma souffrance. Mais là, je suis rattrapée par mon chagrin. Qu’est ce qui est le plus douloureux, le avant ou le après le décès ? J’en suis arrivée égoïstement à penser : Il vaut mieux qu’il meure avant qu’il aille jusqu’à l’usure car j’ai déjà vu une personne que j’ai connu atteinte de cette maladie. Lors d’une visite d’une maison de retraite, j’ai demandé où était cette dame à la personne qui nous faisait visiter l’établissement et elle était juste devant moi. j’ai été très choquée par la différence. C’était insoutenable pour moi car j’ai aussitôt fait un transfert sur mon Papa qui a la même maladie. Est ce que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer souffrent moralement ? Selon le stade, ils ne peuvent pas s’exprimer. Comment savoir s’ils ont mal quelque part ou qu’ils sont tristes. Je me sens coupable d’espacer mes visites pour me protéger de cette douleur de séparation de mon Papa d’avant. Je vois un étranger devant moi avec le corps de Papa et ça me fait très mal. J’ai le sentiment de l’abandonner. Et en même temps, je me dis que j’ai un mari, des enfants, je ne peux pas passer mes journées à pleurer. Donc, je mets une distance volontairement car je n’ai pas la force d’y aller. Comment gérer ce deuil blanc au mieux ? MERCI beaucoup pour votre soutient.

Réponse de Lydia :

Je suis très touchée par votre peine. Je peux vous tranquilliser quant à votre question s’il souffre de sa maladie. S’il est à un stade très avancé, il n’a plus conscience de ce qui lui arrive. La souffrance est intense généralement au début de la maladie, lorsque la personne se rend compte de ses défaillances. Si votre papa souffrait, il le montrerait visiblement car les personnes même démentes peuvent encore exprimer leur souffrance. Par contre, je pense qu’il ressent très finement ce qui l’entoure et notamment ceux qui s’occupent de lui, donc possiblement aussi vous et votre souffrance. Pour cette raison, je ne considère pas comme un problème que vous vous protégiez en prenant de la distance. Il se peut bien que vous le protégiez lui aussi! Je comprends tout à fait cette nécessité pour votre équilibre psychique et il est vrai que vous avez aussi à maintenir une vie de famille en dehors de votre père. Je pense qu’il est une erreur de superposer votre père à cette femme que vous avez rencontrée. On ne sait jamais comment les malades vont finir. Votre père terminera sa trajectoire à sa manière. Il se peut aussi que votre père meure bien avant. Par contre, il est essentiel que vous puissiez sortir de votre souffrance. Lorsque ma mère ne m’a plus reconnue, je me suis aussi effondrée. Le pire était – au moins dans un premier temps – que je n’existais plus pour elle. Je n’existais plus tout court ! Mais en fait, ce qui m’avait touché encore plus était qu’elle n’allait plus jamais changer et devenir la mère que j’espérais depuis petite. Vous savez, nous ne souffrons pas pour l’autre, mais toujours pour nous-mêmes. Donc, posez-vous la question: de quoi je souffre vraiment? Le deuil blanc signifie bien que nous avons perdu la personne de son vivant déjà. Quelle est votre perte centrale, celle que vous devrez accepter pour pouvoir avancer ? Si c’est la perte de l’amour de votre père, de ce qu’il a donné ou fait pour vous, c’est l’heure de le remercier dans votre cœur, voire directement, même s’il ne comprend plus ce que vous lui dites – il entendra la musique de votre voix. Si vous souffrez de l’espoir effondré d’être enfin reconnue ou aimée, le deuil consiste à accepter le fait que vous devrez maintenant trouver cette reconnaissance ou cet amour en vous-même. Une fois cette perte acceptée, vous n’aurez plus mal et vous supporterez à rester auprès de votre père, tournée vers lui avec toute votre présence et attention sans déprimer. Et qui sait ce qui pourra se passer à ce moment encore? Mon acceptation de la démence de ma mère m’a permis de l’aimer comme elle était et de la découvrir sous un tout nouveau jour. C’est ce que je vous souhaite aussi ! Si vous n’arrivez pas à cheminer toute seule dans votre deuil, il est nécessaire de trouver une personne compétente (psychothérapeute du deuil, ami, aumônier, médecin …) pour vous aider.

Je vous signale aussi, si vous habitez dans la région genevoise, que j’organise un groupe de parole continue dès le 16 octobre pour tous les fils et filles de parents vieillissant mal.


Question du 22 juillet 2014

Merci beaucoup pour les réponses que vous donnez et que je lis avec grand intérêt. J’apprends énormément. Je vous avais écrit le mois passé au sujet de ma maman qui a depuis lors eu recours au suicide assisté. Tout c’est « bien » passé si l’on ose s’exprimer ainsi. La période AVANT le suicide m’a semblé bien plus difficile que l’après (encore tout frais, le suicide a eu lieu le 4 juillet). Maintenant je pense que les phases du deuil commencent. Avant j’avais l’impression de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Une condamnation à mort voulue et souhaitée mais qui remet toute l’attitude que j’ai eue avec ma maman, depuis la déclaration de sa maladie, en question. Aurais-je dû intervenir plus tôt? Cela aurait-il changé le cours des choses? Il y a eu une erreur médicale (je ne l’ai appris que lorsque c’était trop tard) et je m’en veux de ne pas être intervenue à ce moment là. Ma mère me tenait à l’écart de son « dossier médical », ne me disait pas tout et avait confiance en son gynéco… Dur, dur, d’accepter… Meilleures salutations et MERCI pour ces questions que l’on ose vous poser.

Réponse de Lydia:

Je me rappelle de votre question le mois denier et cela ne m’étonne que vous vous sentiez soulagée maintenant que c’est fini, sentiment très fréquent après une longue attente. Puis, vous l’avez dit, le temps du deuil est arrivé et encore une fois vous êtes devant certaines questions : Ai-je tout fait, bien fait? Aurais-je dû faire différemment? C’est facile de vous accuser après coup, une fois que vous savez tout. Pourtant vous répondez vous-même à vos questions culpabilisantes: votre mère vous gardait écartée du dossier médical, vous n’avez appris l’erreur médicale que plus tard et trop tard etc. Il se pourrait bien que les choses se soient passées autrement si vous aviez su, si vous étiez intervenue plus tôt, si… Mais le point n’est pas là. C’est un mensonge typique du mental en nous faisant croire que les choses pourraient être autrement si… Or, toutes ces suppositions sont irréelles, car la réalité n’est pas ce qui aurait pu être, mais ce qui est. Reste une seule attitude juste : adhérez à ce qui est, sinon vous vous abonnez à l’auto-torture. Maintenant, dans le cas où vous regrettez de ne pas avoir fait quelque chose, alors que vous saviez ou aviez une intuition mais ne l’aviez pas écoutée, il vous reste de comprendre cette omission et de vous engager à agir autrement une prochaine fois. Alors vous aurez appris quelque chose et l’accusation n’aura plus de sens. Et puis, vous pouvez aussi tirer vos leçons par rapport à l’attitude de votre mère, dans le sens d’affirmer ce qui est juste pour vous : d’inclure plus vos proches si un jour vous deviez vous trouver dans une situation semblable et d’avoir la force d’aller au bout de votre trajectoire. C’est dans ce but que j’ai écrit mon livre « La fin de vie une aventure », comme aide pour la personne atteinte d’une maladie incurable et ses proches d’aller jusqu’au bout non pas d’une simple déchéance, mais d’une re-naissance. Je vous souhaite de vous apaiser dans cette période de deuil.


Question du 24 juin 2014

Bonjour, en prévoyant dans notre Lycée une animation santé autour de la Prévention et Sécurité Routières pour des élèves de niveau Première, je recherche une association de parents qui témoignent de leur parcours de survie, de re-vivre après la disparation accidentelle d’un des leurs enfants (ni date ni horaires ne sont arrêtés). Connaitriez-vous des associations dans l’Ouest de la France qui se déplacent pour informer des dangers et des répercussions sur l’entourage suite à un accident mortel ?

Réponse de Lydia

Je suis étonnée que vous ayez abouti avec votre requête sur notre site. Nous sommes situés à Genève en Suisse, de l’autre côté de la France, et de plus nous ne connaissons pas bien le monde associatif français. Néanmoins, vous pourriez vous adresser à l’association Vivre son deuil, fondée par le Dr. Michel Hanus, et à leur site http://vivresondeuil.asso.fr/. Vous y trouverez les références des associations de deuil en France. Ils me paraissent la source la plus sûre. Ils pourront vous aider à trouver des parents susceptibles d’intervenir dans votre programme. Je vous souhaite bonne réussite !


Question du 7 juin 2014

Il y a 1 mois précisément, vous m’avez envoyé le CD de votre conférence. Et aussi vite vous me l’aviez envoyé , aussi long ai-je fait pour vous en parler un peu. C’est que j’ai pris mon temps … De l’écouter ; plusieurs fois…et puis d’écrire, écrire des feuilles et des feuilles pour mon mari…etc. J’ai tiré, de vos paroles, pas mal de leçons et pas mal de bénéfices ou plutôt de compréhension de ce que j’éprouve. A commencer par réaliser que finalement , la plupart des gens ressentent les mêmes émotions notamment la colère devant « l’injustice ». Et puis je me suis posée une question singulière : si chaque être humain ressent les mêmes choses parce qu’ils sont tous fait sur le même modèle, alors d’autres que moi , ont peut-être vécu la même chose que moi : dans mon cas, c’était dramatique car mon mari, en plus de son cancer, souffrait depuis plusieurs années et de façon empirante, d’un grave trouble psychiatrique: paranoïa, et d’une agressivité verbale extrême. C’est allé jusqu’à des menaces de lui envers mon intégrité physique : oui, il m’a menacée 4 fois, de me tuer, jusqu’à que j’appelle les secours pour l’empêcher d’aller plus loin car il devenait incapable de maitriser son personnage ! j’ai subi une sorte d’enfer, dont ont été témoins indirects 2 psychiatres et 2 généralistes : je leur montrais des kilos de papiers et de lettres que me faisait mon mari ,ou des enregistrements de ses vociférations. Je présente ceci, de façon absolument résumée naturellement, pour 2 raisons : la première pour dire que -comme écrit plus haut- si les gens ressentent tous plus ou moins les mêmes émotions, réagissent plus ou moins de la même manière, alors probablement il y a aussi des gens (peut-être beaucoup) qui sont dans ma situation : avoir connu cette vie conjugale et malgré tout, être effondrés de la perte et rester sur un sentiment d’inachevé, un sentiment de « suspens ». La seconde, pour dire combien c’est complexe et inouï, de ne pas comprendre pour quelle raison j’ai tant de souffrance, pourquoi je suis autant malheureuse !On s’est même moqué de moi ! de me voir dans une telle peine, on m’a carrémént dit « oublie le ! revis ! il t’a fait ch…! sors, bouge, etc » j’en passe… Eh non ! ça ne fonctionne pas comme ça ! cet homme , dans toute sa haine qu’il pouvait manifester à mon égard -car sa paranoïa avait fini par l’isoler et la seule qui supportait et qui restait, c’était moi, donc c’était moi qui reprenait-, dans toute sa haine, avait bien évidemment des qualités et des talents réels. J’avais autant de raisons de rester que de partir, j’avis fait le choix ; Comme je l’écrivais lorsque j’ai demandé le CD, j’ai aussi choisi de le ramener à la maison les 10 derniers jours et je l’ai soigné et chéri jusqu’aux dernières minutes ! Donc , dans mon cas, vous comprenez que le deuil est doublement dur : parfois j’ai l’impression de balancer entre 2 choses pas bien nettes… et de ça, je ne trouve rien, absolument rien, dans les ouvrages, les lectures ; c’est déstabilisant et je finis par croire que ça m’empêchera de m’en sortir. C’est absolument paradoxal mais il m’est déjà arrivé de me dire « je vais le rejoindre »… pour savoir comment il est parti, pour savoir s’il a emporté avec lui, sa haine , pour savoir s’il éprouvait quand même des sentiments d’affection à mon égard qu’il n’a pas pu ou pas voulu me témoigner. Il faut m’excuser de vous prendre tout ce temps avec ce courrier : je me suis rendue compte que vous êtes fort occupée avec l’association , et puis les conférences , etc. et en plus ça ne doit pas être tous les jours très stimulants de lire la peine des gens car vous aussi, vous pouvez encore la ressentir , votre propre peine, et nous qui vous sollicitons , ne devons pas oublier que vous avez aussi envie de garder de l’énergie et pas seulement la distribuer. Merci du fond du coeur de ce CD et merci d’avoir lu ce que je viens d’écrire.

Réponse de Lydia :

Ce n’est pas un problème pour moi de vous lire surtout, que vous êtes d’une grande sincérité. Je suis sûre que vous n’êtes pas la seule à avoir vécu un tel enfer conjugal, mais ce sont des cas plutôt atypiques et souvent cachés à cause d’une certaine honte que les survivants peuvent ressentir d’avoir vécu des choses aussi innommables. Ce que vous décrivez me fait penser au vécu de victimes de torture, de maltraitance ou d’abus et de la relation compliquée qui les relie à leur bourreau. Si vous avez vu le film de Liliane Cavani « Portier de nuit », phénomène révélé aussi par le « syndrome de Stockholm » où une femme prise en otage tombe amoureuse de son ravisseur tortionnaire, cela doit vous dire quelque chose. En effet, ce n’est pas seulement une relation de répulsion – sinon ce serait simple – mais aussi d’un lien affectif, d’un attachement fort. En fait, vous êtes tiraillée entre deux sentiments antagonistes et incompatibles : haine et amour, rejet et attirance… Vous pouvez détester votre mari pour ce qu’il vous a fait et l’aimer pour l’être magnifique qu’il aurait pu être. C’est cela qui rend votre deuil plus compliqué. Il va falloir vous réconcilier avec les 2 aspects contradictoires pour arriver à être en paix un jour. Je me demande aussi, si le choix de rester auprès de votre mari, au risque de votre vie, était influencé par une histoire de maltraitance ou d’abus dans votre passé. Souvent, des expériences précoces de maltraitance par les parents formate l’enfant quant à ces futurs choix du conjoint ou des relations amoureuses, comme une compulsion inconsciente de répéter un scénario connu. Cette idée me vient parce qu’il vous importe de savoir si votre mari avait quand même de l’amour pour vous, comme un enfant, attaché à maman et papa maltraitant, qui espère qu’ils l’aimeront un jour, malgré les mauvais traitements infligés. En psychologie on appelle d’ailleurs ces coups « caresses négatives ». Pour un enfant, ces « caresses » sont mieux que d’être ignoré. Est-ce que ce que je vous dis là a des résonances dans votre cas ? Avec tout le respect pour vous et ce que vous avez traversé. En faisant sens de votre vécu, il se transformera en force. Et qui sait, si un jour vous ne pourrez pas épauler d’autres qui vivent ce que vous avez vécu ?!


Question du 29 avril 2014

J’habite en France, « derrière Genève »(à 12km…) donc je suis souvent, même très souvent à Genève ; par exemple, j’y ai été 2x/semaine pendant 17 mois, pour accompagner mon mari en oncologie, aux H.U.G. Maintenant, c’est fini depuis 4 semaines…le cancer a gagné. Et au passage, il a raflé non seulement la vie de l’un ,mais un peu de la vie de l’autre… Nous étions encore relativement jeune car il avait 66 ans et moi 54; il ne l’a pas fait exprès, mais il m’a laissée complètement seule: ni famille, ni connaissances, oui, la solitude totale, ça existe – trop long à expliquer pourquoi mais sur cette planète de 6 milliards d’êtres, la solitude totale existe. En, mourant il emporte un morceau de moi. J’ai maintenant tout le temps de ressasser l’éternelle question « où est-il, comment peut-on être HEUREUX de l’autre côté, en percevant la détresse des restants? »

Réponse de Lydia:

J’entends si bien votre cris de souffrance à cause du vide qui suit le décès de votre mari. Le vide est la première sensation qui s’impose – à part la souffrance du manque – après tant de mois intenses auprès de lui. J’imagine que toute votre vie a tourné autour de lui pendant les mois de sa maladie et de sa fin de vie. Tout ça n’existe plus et il n’y a pas grand-chose d’autre qui remplit et donne sens à votre vie. Vous avez besoin de soutien ! A défaut de famille qui semble cruellement absente, il y a d’autres éprouvés comme vous par la perte d’un être cher. Je vous conseille de contacter EVE la VIE (), une association au Grand Saconnex pour des gens en deuil, créée par deux personnes ayant perdu leur conjoint. Elles proposent du soutien mais aussi des activités ensemble. Contactez-les pour sortir de votre isolement et pour recevoir de l’écoute et de la chaleur! Si nous ne savons pas comment les défunts nous perçoivent, nous restés de ce côté-ci, une chose est sûr que pour vous il est essentiel de retrouver du sens à votre vie. Et peut-être vous le soulagerez aussi.


Question du 16 février 2014: Je me présente S. T., présidente fondatrice de l’association Aux noms des petits anges, association de soutien au deuil périnatal basée en Lorraine France. Nous avons crée cette association en aout 2013 suite à la perte de nos jumeaux Sven et Thaïs nés trop grand prématurés à 5 mois de grossesse. Notre association a pour but d’aider, d’accompagner et de soutenir les personnes confrontés au deuil périnatal, parents, familles, entourage, personnel médical…. J’ai eu l’honneur de rencontrer le docteur F. H., qui nous a rejoint au sein de l’association, et c’est sur sa recommandation que je me permet de vous contacter. Effectivement ce dernier ainsi que son épouse m’ont parlé de vous, de votre approche du deuil et de la notion d’accompagnant. Nous souhaitons former nos bénévoles à l’accompagnement des personnes, afin d’organiser au mieux nos actions (soutien, groupes de parole, réunions….) et il me semblait opportun de pouvoir faire appel a vous. Je me doute que vous devez être très occupée et sollicitée, et c’est pourquoi dans un premier temps je me propose de prendre contact avec vous et de vous faire part de ma disponibilité pour vous donner plus de renseignements sur notre association et nos objectifs. Je vous remercie par avance pour l’attention que vous voudrez bien porter à mon message, et reste dans l’attente de votre réponse. Réponse de Lydia: Le couple H. m’est cher et je compte bien revenir pour une conférence ou autre chose dans votre région ! Votre nouveau bébé (l’association) est certes essentiel pour votre propre chemin de vie. J’ai lu votre témoignage touchant et ressenti combien l’absence des 2 petits est dure pour vous. La douleur est encore immense et le sens de l’expérience ne s’est pas encore révélé à vous. Pourtant, une certaine amorce existe déjà par la création de ce site qui prendra encore plus d’importance au fur et à mesure que vous saurez transformer votre douleur en aide aux autres. A mon sens les meilleurs accompagnants de parents en deuil sont des parents qui ont traversé la même épreuve et qui en sont sortis plus forts et plus mûrs. L’accompagnement serait une sorte de marrainage. Je propose le même principe ici à Genève pour des proches aidants qui ont accompagné un proche durant sa maladie/vieillesse et fin de vie et qui se forment à accompagner des proches aidants dans une situation similaire. Mais il est nécessaire pour bien aider, d’être en paix par rapport à sa propre perte. Donc, je pense un travail de deuil est indispensable pour tous ceux qui veulent s’engager à soutenir des parents désenfantés. Même pour penser à recommencer la procédure d’insémination (cela pourrait être possible vu votre jeune âge ?), il me semble important que l’expérience précédente ait perdu son dard douloureux et vous serez prête à re-accueillir la vie en vous. Je ne sais pas comment je pourrais vous être utile. J’ai accompagné plusieurs mamans qui ont perdu un fœtus ou un nouveau-né et beaucoup d’autres personnes qui ont perdu un être cher. Et puis j’ai traversé mes propres deuils suite auxquels je sais qu’il n’y a pas d’épreuve sans sens, mais il faut le chercher pour qu’il se révèle.


Question du 27 octobre 2013 : En 2006 mon mari mourrait d’une méningite carcinomateuse métastases dans le liquide rachidien. Lorsque j’ai reçu le diagnostique je me suis retrouvée en état de sentiments congelés, sa maladie a duré 10 jours. J’ai l’image d’un feu qui s’embrase et puis plus rien, avec ce cœur congelé j’ai été 3 mois plus tard opérée d’un sein et en 2010 on m’a ouvert la poitrine pour me faire un pontage coronarien aujourd’hui après ces évènements je ne réalise même pas la chance d’être encore en vie. Votre livre peut-être me donnera-t-il la faim de vivre le temps qu’il m’est donné. Tant d’épreuves dans un temps si court déstabilisent le cours de la vie. Durant cette période j’ai aussi accompagné une personne seule en Ems, avec la maladie des cris *la vache folle* et mon oncle d’un cancer de la peau. Je me demande parfois où j’ai pris les forces pour accomplir encore ces gestes qui rassurent, donc 3 fins de vie. Merci de me dédicacer votre livre ce geste me touche très fort. Réponse de Lydia: En accompagnant ces 3 personnes en fin de vie, ne trouviez-vous pas les forces au-delà de vous-même « pour accomplir ces gestes qui rassurent » ? Mais je constate que vous manquiez particulièrement d’accompagnement pour vous-même! Votre image de sentiments gelés/cœur congelé est très forte et la réponse du corps avec un cancer sur la poitrine et l’opération du cœur devient d’autant plus parlante. Il est l’heure de réchauffer votre cœur en permettant aux sentiments figés de s’écouler. De toute évidence, vous êtes encore en vie parce que vous avez encore quelque chose à y vivre! Puis-je et mon livre y contribuer!


Question du 2 octobre 2013 (Suite de la question du 16 septembre ci-dessous) Je sais que je porte en moi un bébé « abandonné » puisque j’ai été arrachée à ma mère sans qu’elle ait jamais pu savoir ce qui s’était passé (elle a été chloroformée et s’est réveillée déchirée et attachée à son lit sans pouvoir me prendre dans ses bras et sans obtenir de l’aide même quand le berceau était au soleil et que je pleurais). Par la suite, mon éducation a été celle d’une fille à qui on interdisait tout par peur d’agression sexuelle (que ma mère avait probablement subie mais je l’ai compris à demi-mots seulement quelques jours avant sa mort) et pour mon père, rien de ce que je faisais n’était jamais bien. J’ai aussi reçu des coups de ma mère pour des broutilles ( telles une note de 4 sur 6 en comportement à l’école…!) Tout cela m’a rendue certes fragile mais malgré qques thérapies, personne ne m’a appris à consoler mon enfant blessé. J’ai donc surement cherché cet amour féminin chez ma fille ( je lui avais d’ailleurs expliqué tout ça en m’excusant de lui avoir inconsciemment donné un rôle qui n’était pas le sien). Cela m’interroge et me culpabilise par rapport au sens de sa maladie ( même si je sais que ça ne sert à rien et qu’elle a aussi fait ses choix). Ma question est: comment je me sors de cette perpétuelle quête de reconnaissance, comment je soigne mes blessures et deviens enfin adulte, comment je me passe de l’amour de ma fille???!!! Je ne sais pas comment ME donner ce que les autres ne peuvent pas m’apporter! Merci pour vos précieuses réponses. Réponse de Lydia: Je vous remercie pour votre confidence. Imaginez que certaines rencontres se fassent déjà dans l’au-delà et qu’un enfant vienne avec la tâche d’aider sa maman dans son évolution. Donc tout est bien, mais vous avez maintenant à faire le reste, à aller au-delà de la blessure qui a été ravivé par son départ. Vous comprenez maintenant mieux que les sentiments qui vous animent et notamment le trou noir, remontent à votre conscience d’adulte sans appartenir à l’adulte, car ce sont les sentiments du bébé et la souffrance provient du bébé. Enfin vous êtes en contact avec ce bébé que vous avez été, seulement encore une fois il n’y a personne là pour lui! Et personne ne pourra jamais être là pour lui sauf vous à cause du décalage dans le temps. Si seulement vous pourriez être touchée par cette part de vous-même, au lieu de re-sombrer dans sa souffrance! Le jour où j’ai réalisé que ce que je sentais était SA souffrance et non pas la mienne d’aujourd’hui, j’ai fait un premier pas dehors. A mon sens c’est le travail thérapeutique primordial, une thérapie d’enfant. Je peux aussi comprendre pourquoi vous culpabilisez tant car le bébé devait aussi culpabiliser d’avoir dû déchirer sa maman et lui infliger ce que des violeurs lui avaient déjà infligé. Et pourtant il était innocent. Accueillez ce bébé coupable avec vos mots, en lui disant qu’il n’y est pour rien, qu’il devait juste naître. Comme vous aujourd’hui, sur la déchirure de votre fille vous devez renaître. Je vous souhaite de tout cœur que vous renaissiez, alors votre fille ne sera pas morte pour rien.


Question du 16 septembre 2013 (Suite de la question du 4 août) C’est encore moi! Presque tous les jours, j’ai écrit à ma fille avec une sensation de contact; j’ai noté mes états d’âme, avec petit à petit moins de peur et un réel mieux-être… Mais voilà que tout à coup cela devient comme… abstrait! Le contact se dilue et j’ai l’impression de la perdre encore une fois. L’horreur de l’absence revient au premier plan. Certains jours, le lien intérieur n’est plus là. J’ai même de la peine à regarder ses photos… Je la sens si loin qu’ elle en devient presque une étrangère! C’est affreux. Les images de sa dernière journée m’assaillent à nouveau avec leur cortège de regrets, culpabilités et envies de réponses que je n’aurai jamais… Réponse de Lydia : Ce qui m’est venu est que votre fille s’est retirée un peu, mais ce n’est pas méchant, c’est comme une mère qui se retire pour que l’enfant marche seul. L’enfant peut se sentir abandonné, or ce n’est pas un abandon, mais une invitation à marcher seule. Votre fille ne doit pas devenir une béquille – cela vous rendrait infirme. Levez-vous en honneur pour elle! Puis sachez que ces aller-retour sont normaux. Vous la cherchez encore en dehors, jusqu’à ce que vous l’aurez intériorisée. Les images du passé qui viennent, elles remplissent le vide, c’est tout. Ca n’a pas d’autre but et pas plus d’importance. Ne tombez pas dans le piège de l’ego désœuvré qui doit remplir le vide à tout prix pour se sentir exister. S’il faut remplir votre cœur de quelque chose c’est de remerciements d’avoir eu cette fille. Ecrivez sur un papier ce que vous aurez aimé faire différemment: ce seront les leçons que cette expérience vous enseigne. Il faut bien faire faux pour voir le juste, non? Mais arrêtez de vous accabler! Ce n’est pas digne de vous. Personne ne vous a aidé et jamais personne ne vous a enseignée comment vous comporter devant une telle perte. C’est la vie qui vous l’enseigne. Un jour deviendra un atout tout ce que vous avez raté, car vous pourrez comprendre d’autres qui se ratent et les aider à s’accepter. Cet automne, le 29 octobre je donne une conférence à ce sujet au Muséum d’Histoire Naturelle « Votre épreuve devient un atout! » La femme que vous êtes ne se rend peut-être pas compte, mais il y a une petite fille à l’intérieur de vous qui a très peur, voire refuse de lâcher la main de sa fille. Il va falloir commencer à dialoguer avec cette part en vous pour comprendre quel drame la mort de votre fille réveille.

Question du 4 août 2013:

Il y a quelques mois je vous avais parlé de la mort de ma fille et je m’adresse de nouveau à vous car malgré mon entourage et mes aides (physique, psychologique, amicales) j’ai l’impression d’un abîme de solitude… je me sens mal et en décalage avec les autres. La vie s’écoule sans moi, en dehors de moi. Le chagrin et la douleur de l’absence grandissent au lieu de s’atténuer, ça prend tout mon espace intérieur et je n’admets pas qu’on puisse parler d’autre chose. Ce besoin (réfréné et contrarié) de brandir mon deuil comme un étendard me paraît hors des normes de la société mais tous ceux qui ne s’en préoccupent pas me blessent par leur attitude. Je me sens rejetée et c’est comme si je n’existais pas, comme si ma fille n’avait pas existé. D’autre part, je ne parviens pas à me pardonner d’avoir été en si grand décalage par rapport à ce qu’elle vivait au plus profond. Sur le moment, je me sentais « adéquate ». Maintenant j’ai la sensation d’avoir été aveugle. La lecture de votre livre parfois me rassure mais souvent m’amène des regrets par rapport à ce que j’ai fait ou pas, dit ou pas, à comment je me suis comportée… Pour me calmer, j’écris parfois, je lui parle dans ma tête mais j’ai l’impression de tourner en rond au lieu d’avancer! Je ne trouve pas ce qui est juste pour moi maintenant ni vers où je veux aller. J’ai d’ailleurs des douleurs physiques qui m’empêchent de me promener comme j’aimais le faire… Je crois que j’aimerais juste être dans la mourance. Votre réponse m’ouvrira-t-elle de nouvelles pistes?

Réponse de Lydia :

Je trouve assez normal ce que vous me décrivez, beaucoup de mères « désenfantées » pourraient dire la même chose que vous : un vide abyssale, de ne plus vivre ou seulement à travers la perte de l’enfant, de s’enfoncer… Ce n’est pas pour rien que dans les groupes de deuil ça fait du bien de pouvoir parler de son cher défunt sans gêner qui que ce soit. Aujourd’hui, vous êtes consciente d’un aspect difficile : votre aveuglement, et vous n’avez pas encore assez de pardon pour vous et votre déni. Pourtant, comment vous vous êtes comportée avec votre fille me semble complètement normal dans notre société, même mieux que la moyenne, je trouve. Il faut une très grande maturité et sagesse, voire bien des expériences de deuil déjà traversées, pour faire face à la mort d’un enfant avec sérénité. L’espoir vous a, certes, grandement aveuglée, mais il n’est pas juste de vous en vouloir. Bonne idée d’écrire! Je vous conseille même de commencer un beau cahier dans lequel vous écrirez les lettres à votre fille, n’écrivez pas seulement dans la tête ! Ecrivez-lui tout ce que vous regrettez et ce que vous lui diriez aujourd’hui. Demandez-lui pardon pour ce que vous regrettez d’avoir fait/dit/pas fait/pas dit, à défaut de pouvoir vous pardonner vous-même. (Elle vous a certainement déjà pardonné depuis longtemps !) Remerciez pour les aspects que vous sentez étaient justes et de tout ce que vous avez appris. Ainsi chaque jour écrivez-lui quelques lignes sur vos états d’âme. Deuxièmement, n’oubliez pas que votre fille vous avait dit : « il ne faudra pas pleurer, il faudra vivre. » Alors là, vous manquez à sa demande !! Je vous suggère de prendre chaque jour un petit engagement envers elle dans ce cahier en disant comment vous allez réaliser sa demande de façon concrète ce jour-ci. Puis le soir, vous pouvez lui écrire comment cela c’est passé. Au cas où que vous avez le sentiment d’entendre sa réponse, écrivez-la. N’hésitez pas de revenir si vous avez d’autres questions. Un jour vous verrez, ce deuil deviendra une force. D’ici là, patience !

Suite du 10 août

Merci, chère Lydia, pour votre conseil d’écriture régulière et adressée à ma fille. C’est douloureux et apaisant à la fois. Ca éclaircit les idées et libère l’esprit de la rumination. Je me surprends à rester avec elle plus longtemps que je ne pensais! Les émotions s’expriment avec force à ce moment là et perturbent moins le reste de la journée. J’espère tenir la route sur la durée car c’est un gros effort de m’y mettre. Je ressens toujours une certaine peur de commencer! Je vous suis reconnaissante pour votre disponibilité et vous embrasse.


Question du 25 mai 2013 :

Bonjour, Ma fille de 23 ans est morte le 31 janvier, un an exactement après le diagnostic de mélanome metastasé! Je l’ai accompagnée de mon mieux, avec au début l’espoir d’une longue rémission (mais elle n’a duré que 5 mois) puis, jusqu’au dernier jour (après 4 lignes de traitements chimio et 2 radiothérapies, la certitude d’un miracle… qui ne s’est pas produit. En décembre, elle m’a parlé de la mort, de sa mort avec maturité et lucidité. J’ai été heureuse qu’elle aborde ce sujet que je n’osais pas évoquer mais maintenant je regrette de n’avoir pas pu, pas su approfondir ce dialogue plus tard. Quelques jours avant la fin, elle m’avait confié en avoir assez et vouloir faire appel à Exit. Je lui ai répondu:  » ma Chérie, je t’aime et j’aimerais de tout mon coeur que tu restes avec nous mais je comprends ta souffrance et si tu n’en peux plus je n’ai pas le droit de te retenir ». Cette phrase me hante et je me demande encore et encore si j’ai eu raison, si ces mots ne sont pas la cause de son lâcher-prise… Elle m’a « permis » d’être là pour ses derniers instants et pendant quelques semaines j’ai vécu mon chagrin avec une étonnante sérénité, portée par ce cadeau, par sa dernière phrase (« c’est pas grâve, maman »), par sa demande (« il ne faudra pas pleurer, il faudra vivre »), par son courage pendant toute une année, son refus de se plaindre… elle ne pleurait pas sur son sort, je n’avais pas le droit de pleurer sur le mien! Mais depuis quelques temps, les regrets et la colère m’envahissent. Je suis en colère contre les infirmières qui n’ont pas mis de gants pour manipuler son implant sous-cutané par lequel elle recevait les traitements ce qui a permis qu’elle attrape une bactérie qui a achevé de l’affaiblir, en colère contre l’oncologue qui a placé une sédation sans nous dire que c’était irréversible et qui a organisé une veille permanente pour ce qui devait être sa dernière nuit sans nous prévenir (par chance mon instinct m’avait dit d’aller la voir), bref la liste est longue et j’en veux à tous les soignants de Beau-Séjour pour qui je sentais qu’elle était condamnée dès son arrivée, qui n’ont pas cru comme ma fille, comme nous, qu’une autre issue était possible. Ca m’a coûté beaucoup d’efforts de me protéger contre cette ambiance létale et pour lui apporter du positif. Maintenant je suis épuisée, remplie des regrets de tout ce que je n’ai pas dit ou pas fait, je reproche aux soignants leur disfonctionnement et ne sais pas si le leur dire me soulagerait. Je ne comprends pas ce que cette « expérience » est venue m’apprendre et ne vois pas quel sens donner à ma vie…???

Réponse de Lydia:

Quelle magnifique expérience vous avez vécu grâce à votre fille! Tout ce que vous écrivez témoigne de la grandeur d’âme et dignité de votre fille et du grand amour que vous aviez pour elle. Il n’y a rien à rajouter ni a enlever ! Votre sorte d’ »état de grâce » après sa mort d’ailleurs en témoigne. Maintenant vous êtes retombée et votre petit ego vous raconte plein de choses comment cela aurait dû se passer différemment et qu’alors tout serait différent, surtout que votre fille vivrait encore. Peut-être vous auriez pu parler plus si vous aviez été plus consciente de l’inéluctable de sa maladie. Je crois que votre fille – plus que vous – savait où elle allait. Pourtant je vous affirme que ce que vous lui avez dit – sans lui avoir caché que vous aimeriez tellement la garder auprès de vous – lui a permis de lâcher tranquillement et sans le déchirement de devoir vous décevoir ni à avoir à s’arracher à vous. Peut-être mon livre « La fin de vie une aventure » pourrait vous aider à faire sens de votre expérience. Actuellement vous êtes happée par la souffrance du manque et de son absence, voici ce qui se passe. Cela s’appelle le deuil et vous aurez à le traverser. Il y a un site que je vous recommande, www.traverserledeuil.com,comme aide dans cette phase dela vie. Les auto-reproches et les accusations vers autrui et notamment contre les médecins et soignants sont très fréquents. Ne servent-ils pas à vous faire croire que votre fille pourrait encore être en vie si…, ou ça se serait passé différemment si… ? Mais j’ai une autre question : Comment vivre à la hauteur de ce vécu avec votre fille et en honneur de la grande âme qu’elle a été ? Quand vous êtes abattue par le manque, là donnez-vous le droit de pleurer, car quand on est triste il est bon de pleurer. Puis, nommez où elle vous manque et ce qui ne sera plus jamais et donc fait si mal. Mais en même temps, entendez-vous que c’est le signe que vous avez reçu d’elle ou par elle ? Alors remerciez le ciel pour ce que vous avez reçu et vécu pendant 23 ans. Vous aurez à choisir entre le vide dehors et le plein toujours présent dans votre cœur ! Choisir le plein et en remercier ne fera pas disparaître le vide et le manque, mais cela l’adoucira. En ce qui concerne les soignants, je crois qu’ils rencontrent tant d’espoirs déçus qu’ils n’ont pas la force de l’investir. De plus ils ne ressentent pas le puissant attachement existant dans la famille donnant la force à s’accrocher envers et contre tout à l’espoir d’une rémission. Je ne crois pas que l’expression de la votre colère amènera un quelconque bien à celles qui par leur imperfection ont fragilisé votre fille. La conscience de leurs erreurs leur pèse généralement très lourdement. Mais ceci est mon avis personnel, par contre essayez de sentir ce que votre fille dirait de tout cela et suivez ce que vous ressentez. Il y a juste une mesure : que cela ne salisse pas la malgré tout magnifique expérience que vous avez eue par elle. Je vous souhaite de continuer sur votre route jusqu’à ce que le sens se apparaisse, car le sens estompe la souffrance.

Suite de la question le 28 mai:

Un grand MERCI, chère Lydia, pour vos remarques et questions. Elles me rassurent et ouvrent des pistes sur mon tortueux chemin de vie… Je dois apprendre la patience et ne pas brûler les étapes mais comment ne pas faire subir à mon fils, qui revient nous voir chaque week-end, le chagrin que je ressens encore plus quand il est là… sachant que ma fille ne franchira plus jamais notre seuil?

Réponse de Lydia :

La question que vous soulevez est importante, car beaucoup de familles dont un enfant est mort, connaissent ce que vous soulevez. 1) Pour les parents l’absence de l’enfant décédé devient plus importante que la présence des enfants qui restent et cela les rend coupable. 2) les enfants pour leur part culpabilisent d’être encore en vie, alors que le frère ou la sœur ont dû mourir. Puis évidemment ils souffrent aussi du fait que dans les yeux des parents l’enfant défunt compte plus que les enfants vivants. De là, croire que l’on est plus aimé mort que vivant, il n’y a qu’un pas. Pour votre fils je vous suggère dans la même lignée que ce que j’ai déjà dit pour la souffrance du manque: Lorsque votre fils rentre et sa présence vous renvoie à l’absence douloureuse de votre fille, reconnaissez cette douleur car elle est. Mais dans un 2e temps reconnaissez aussi combien c’est important d’avoir encore votre fils. L’humain est ainsi fait qu’il ne prend vraiment conscience du précieux que quand il a disparu. Or, servez-vous de cette prise de conscience concernant votre fille pour la diriger aussi vers votre fils, surtout qu’il a l’attention de vous rendre visite chaque week-end. Et dites le lui, par ex. : « je suis heureuse que tu sois là, même si je suis terriblement triste de ne plus jamais revoir toi et ta sœur ensemble. » Et puis ça fait aussi du bien de pleurer ensemble, l’un dans les bras de l’autre, si votre fils le supporte. Ayez de la gentillesse pour vous et de la patience avec votre douleur.


Question du 1er mars 2013:

En ce moment j’aimerais bien faire un transfert dans un autre service mais cela est dure car je suis lasse du monde du travail car j’étais en arret l’année passé pendant deux mois car j’ai eu une altercation avec une collègue parce que l’ambiance est difficile où je travaille malgré que le travail me plait et maintenant j’ai bientot 49 ans je n’ai plus la force de mettre à chercher un nouveau travail, en fait je n’arrive plus à supporter les gens au travail, je me sens persécuté en plus par le passé j’ai beaucoup souffert de la perte de mes parents il y a 8 ans les deux sont mort en 2004 et 2005 de cancer j’étais seule à affronter cela. Je ne veux plus être en souffrance j’aimerais avoir la paix intérieur et retrouver ma tranquillité pouvez-vous m’éclairer?

ponse de Lydia

C’est un véritable cri du cœur que vous me lancez. Ce dont vous me parlez me fait penser que vous êtes épuisée, lessivée et n’avez plus la force d’avancer un pied devant l’autre. Peut-être il y a un problème de mobbing, de harcèlement. Vous dites trop peu pour en être sûre, mais le fait que vous ayez dû prendre un congé de 2 mois parle pour soi. Et pourtant votre idée d’un transfert dans un autre secteur du travail me paraît une bonne solution pour le moment. Je crois que la souffrance d’accompagner vos parents l’un après l’autre à travers la maladie jusqu’à la mort a été très lourd pour vous et vous en ressentez encore les séquelles. Vous vous sentez aujourd’hui probablement un peu orpheline. Malheureusement rare sont les personnes préparées à ce type d’expérience. Pourtant vous l’avez fait, donc vous témoignez d’une certaine force intérieure. Ce qui m’interpelle est votre titre du mail: changement de travail et transition. Car vous me paraissez aussi fatiguée de vivre, et alors l’envie de mourir pour échapper à cette vie est fréquente. Probablement le faite de vous sentir persécutée n’est pas nouveau et peut remonter à l’enfance. Par-dessus tout, demandez de l’aide à un-e psychothérapeute qui pourrait vous aider à démêler la situation, à faire face au monde du travail, à reprendre confiance en vous et probablement aussi à faire le deuil de vos parents.


Question du 14 février 2013

Je me permet de vous contacter car je me sent dans une situation qui m’est très douloureuse. L’année passée j’ai perdu deux être dont un qui m’était très cher…il s’agit de mon chien (12ans). toujours un peu peur d’être ridicule aux yeux des autres… Le second c’ est mon ami qui m’a laissé tomber… a petit feu. sans explications (3ans de relation). Mon ex ami a commencé a s’en aller début janvier 2012 la rupture s’est faite sur 5 mois. alors que mon animal était entrain de lâcher une première fois à ce moment là et j’en étais terriblement triste. Je pensais le perdre. Je me suis donc battue pour lui et il me l’a bien rendue puisque il a été mieux mais je ne savais pas pour combien de temps… A ce moment là, je battais aussi pour mon couple… a essayer de comprendre, pourquoi? pourquoi a ce moment là? Mon ami n’est jamais revenu durant toute l’année 2012 et jusqu’ à ce jour. Puis finalement le 10 octobre 2012 je suis allée endormir mon chien et je n’en me remet pas. Terrible choc. Rien y fait. je ne sais pas comment faire le deuil de l’un, de l’autre. je me sent bloquée. je n ai plus envie de rien et je reste seule. je ne vois vraiment plus personne. des gens m’ont déçue profondément durant cette période. En 2007, j’ai perdu mon beau frère aussi et ça m’a profondément marquée. Je ressent vraiment un problème au niveau du deuil (le plus fort pour le moment est mon animal.) et ressent le besoin de spécialiste dans ce domaine précis. Vraiment besoin de faire un travail spécialement là dessus. Voilà le résumer de ma situation qui pour moi est très douloureuse et qui dur depuis longtemps. Je vous en fait part car j’aimerai savoir si vous pouvez m’aider pour ce genre de deuil?

Réponse de Lydia

Vous m’écrivez le jour de la St. Valentin, le jour des amoureux et ce n’est certes pas un hasard, car les deuils parlent de l’amour. Il n’y a absolument rien de ridicule à un deuil d’animal. Je viens de perdre mon chat, compagnon depuis 13 ans et en sais quelque chose. Cumulé avec la perte de relation avec votre ami, ça fait beaucoup. L’animal nous offre un amour très particulier, d’un inconditionnel comme on ne le trouve guère chez l’humain. De plus, le contact physique de tendresse que l’animal nous offre souvent, donne une intensité supplémentaire à cette relation. L’animal permet de combler des manques d’amour et de tendresse datant de la petite enfance. L’animal devient une sorte de substitut pour ce qui nous a manqué, notamment dans la relation maman-bébé. Vu votre réaction à vos deuils (retrait, plus d’envie de rien), me fait soupçonner que vous souffrez d’une expérience traumatique inconsciente datant de votre prime enfance, vécue comme un abandon. Au-delà des pertes de votre ami et de votre animal-chéri, vous êtes probablement restée bloquée dans cette souffrance d’enfant et il devient vraiment urgent de vous en occuper. Cherchez un thérapeute familier avec les problématiques du deuil, pour que vous puissiez accueillir la souffrance de votre enfant intérieure blessée et peu à peu renouer avec la vie.


Question/Partage du 10 septembre 2012 Nous vivions durement le deuil de notre fille au ciel il y a deux mois maintenant. C’est trés dur!!!!!!!! Nous vivons mal, trés mal. Elle est trés heureuse là où elle est!!! Repose en paix Malalakeliko !!! Ton vrai tombeau est notre cœur !!!!! Beaucoup de souvenirs!!!!!! de le part des parents à florence notre Défunte

Réponse de Lydia Merci pour le partage de votre peine. Oui, c’est dur de laisser partir un être si cher et il est normal que votre vie vous paraisse bien vide en ce moment ou remplie d’une terrible douleur, la douleur de l’attachement. Je connais un antidote contre cette douleur du vide et du « plus jamais » : chaque fois qu’un souvenir vous étreint le cœur parce que cela appartient irrévocablement au passé et vous renvoie à son absence aujourd’hui : remerciez le ciel/Dieu/votre fille (ce qui vous parle) d’avoir pu vivre cette situation avec elle. Ne lâchez pas le fil du remerciement qui remplira peu à peu le « tombeau » de votre cœur. Il s’agira de vous hisser, à votre rythme, au-dessus de la douleur pour garder avec le temps dans votre conscience le bonheur de l’avoir connue plutôt que la souffrance de l’avoir perdue. C’est la même chose vu sous deux angles opposées, comme le verre moitié vide ou moitié plein. Mais il faudra du temps, et en plus, vouloir cette conversion. Un mot encore par rapport au futur avec le temps passant et le travail du deuil progressant : quand on a perdu un être cher et surtout un enfant, il peut être vital de trouver un nouvel enfantement. Je ne parle pas de donner vie à un autre enfant (c’est une possibilité), mais d’une cause à laquelle se consacrer, en honneur de son enfant/son proche défunt, comme cette maman qui – après la mort accidentelle de son bébé peu avant l’accouchement – a créé au nom de son bébé- une association consacrée aux parents ayant aussi perdu un enfant. Ou comme cette femme qui – après un important temps de deuil – a créé, au nom de son cher époux, une bibliothèque dans une école en Afrique à partir de l’immense masse de livres de son mari défunt et qui a évolué vers une œuvre d’entraide avec cette communauté africaine. Il est important que l’amour pour la personne disparue continue à être investi de façon créative sur terre. Je ne doute pas que vous y arriverez aussi avec le temps. De toute façon, sachez que votre fille au ciel vous voit d’où elle est et souhaite votre bonheur.


Question du 31 août 2012 Apres 8 mois de souffrances (sla) mon epoux s’en est allé. j’ai cessé mon activité professionnel pour rester aupres de lui. il est décédé il y a 3 semaines. Je lai soutenu, soigné, lavé, nourri, tout 24 sur 24. j’ai vu la maladie ravager son corps. j’ai découvert le sens du mot « impuissance ». aujourd’hui le combat est fini je suis seule larguée amputée je tourne en rond impossible de faire mon deuil trop d’images de souffrances cette maladie m’a volé mon chagrin. j’ai de gros problèmes de mémoire ne reconnais pas les collègues impossible de conduire je dors 3 h pas une larme. j’adorais mon amour.

Réponse de Lydia: Votre appel de détresse me touche beaucoup. Vous avez tout donné de vous, pendant des mois, pour soigner votre mari et maintenant c’est le vide. Les symptômes que vous décrivez me font penser que vous faites une sorte de burn-out, vous êtes comme brûlée. De plus vos émotions sont bloquées vu que vous n’arrivez pas à pleurer. Avez-vous pensé aller trouver un thérapeute spécialiste pour vous soutenir dans cette phase si difficile ? Ne restez pas seule, même si vous avez plutôt envie de vous replier. Dans des moments comme ceux que vous vivez, on a besoin d’être pris dans les bras et entouré. N’avez-vous pas une amie, une sœur, une mère… de qui vous vous sentez proche et sur l’épaule de laquelle vous pourriez poser votre tête ? Cela pourrait ouvrir les écluses de vos larmes. Osez demander ! Si vous allez sur internet vous trouverez sous « Vivre son deuil » plein d’associations proposant de l’aide, peut-être même proche de votre domicile. Je vous recommande le site www.traverserledeuil.com de Christophe Fauré. Il y a toute une série de modules vidéo très accessibles ainsi que des textes. Mais aussi votre corps a besoin d’aide et je vous conseille d’aller consulter un médecin ou naturopathe. Comme votre système nerveux est depuis très longtemps sous tension extrême, il peut s’avérer nécessaire de reconstituer le capital en minéraux et oligoéléments, épuisé par la réaction de défense prolongée contre le stress émotionnel, ce qui produit fatigue et dépression. Mais il est crucial également de prendre des vitamines (notamment B3, B6, B9, B12) qui permettent d’assimiler ces minéraux (sans quoi ils sont évacués par les urines et les selles). Il est aussi indispensable de consommer certains acides aminés et des acides gras oméga-3 car ils assurent la rétention des minéraux dans les tissus et entretiennent la production hormonale empêchant ainsi les glandes surrénales de s’épuiser.) Je sais que le tunnel paraît sans fin et vous ne voyez pas encore de sortie. Pourtant il y en a une, je vous assure, mais il faudra du temps. Prenez soin de vous et laissez des gens compétents et avec du cœur prendre soin de vous !


Question du 19 juin 2012: Je suis une jeune fille de 24 ans, j’ai du mal à donner le tour face au décès de ma grand-mère qui a eu lieu en octobre dernier. J’ai toujours eu une réelle phobie de la mort, peur que mes proches me quittent. Cela vient certainement du fait qu’à 8 ans j’ai assisté à la mort d’un de mes grands-père (crise cardiaque) alors que nous étions partis faire une balade en famille, ceci restera je pense un traumatisme, mais plutôt inconsciemment. En ce qui concerne ma grand-mère, j’ai toujours eu une relation très fusionnelle avec elle, je l’aimais énormément. J’ai dû partir à l’étranger en septembre dernier, ce qui a beaucoup affecté ma grand-mère, le fait qu’elle allait moins me voir etc. 1 mois après mon départ, j’apprend par téléphone que ma grand-mère a un cancer avancé du foi et qu’elle va décéder dans les 2 à 5 semaines qui suivent. Un choc terrible quand on ne s’y attend pas. Bref, le lendemain j’ai pris le premier avion pour la retrouver, elle est décédé 3 jours plus tard… La situation a été compliquée, En effet elle vivait en EMS depuis 2 mois et se plaignait depuis 1 mois de douleur très forte au ventre, les médecins de l’EMS n’ont pas jugé utile de lui faire faire des examens, supposant que c’était « psychologique ». Elle a alors souffert pendant 1 mois avant d’apprendre qu’elle avait un cancer. Aujourd’hui c’est un mélange de culpabilité et de tristesse que je n’arrive pas à disparaitre. Difficile d’en parler car les gens ne comprennent pas toujours que la mort d’un grand-parent peut être si mal vécue… Peur d’en parler avec ma famille pour ne pas remémorer de mauvais souvenirs… bref, je ne sais plus trop comment faire pour faire face à ce décès… Si celui-ci m’affecte autant je ne sais comment je réagirais lorsque ça sera quelqu’un de ma famille d’encore plus proche qui décédera (mes parents par exemple), c’est une hantise chez moi. En vous remerciant d’avance pour votre réponse. S’il y a des réunions de prévues cela m’intéresse.

Réponse de Lydia: Merci pour le partage de votre souffrance, ô combien compréhensible. Il semble que votre grand’mère a été une sorte de deuxième maman. Combien il est normal qu’elle vous manque ! Est-ce que vous vous sentez coupable de sa mort ? La séquence des événements, telle que vous la décrivez me laisse penser cela. Peut-être vous vous dites que si vous n’étiez pas partie, elle serait encore là ? C’est une défense normale pour tenter de rendre la mort non avenue. Pourtant, il faut que vous sachiez que ce cancer devait être à l’œuvre depuis belle lurette déjà, des années probablement. Donc votre départ n’est pour rien dans cette maladie cancéreuse. Par contre, je vous trouve plutôt chanceuse d’avoir pu la revoir encore et sa mort rapide me fait penser qu’elle a lâché prise après votre arrivée. Ca c’est plutôt un cadeau ! Peut-être n’avez-vous pas pensé de lui dire adieu? Comme d’ailleurs à votre grand père mort subitement. Ce qui fait le plus mal ce n’est pas que l’autre meurt, surtout s’ils sont âgés, car cela c’est le chemin naturel de nous tous, mais de ne pas avoir pu aller au bout. Le mieux serait évidemment de voir un thérapeute pour travailler vos deuils et votre peur de la mort. Je n’ai pas de groupe prévu actuellement et suis les patients en individuel, mais renseignez-vous auprès de Caritas-Genève Tél 022 708 04 04 s’ils ont un groupe de deuil au programme. Mais il est aussi possible de faire un travail chez soi, comme écrire une lettre d’adieu à votre grand père et votre grand-maman. Une telle lettre contient dans la sincérité du cœur l’expression de tout ce que vous ressentez : la reconnaissance de ce que vous avez reçu de la personne défunte, tous vos remerciements, toutes les choses que vous n’avez jamais pu ou pensé dire, aussi les griefs, déceptions, regrets, s’il y en a. Il s’agit de clore la relation terrestre, sachant que la relation d’amour ne s’arrête jamais. Je conseille d’écrire en se prenant vraiment un temps à soi, devant une photo et une bougie allumée. Enfin, faites un rituel qui vous convient. Et s’il y a des larmes, ce n’est pas un problème parce que c’est normal. Quel dommage que vous n’osiez pas parler de tout cela avec vos proches. Faire circuler la parole, même si cela soulève des choses douloureuses, permet de ventiler plutôt que de créer un tabou. En parler aide le travail de cicatrisation psychique. Je vous conseille aussi de consulter le site « Traverser le deuil » www.traverserledeuil.com, à commencer par la rubrique Comprendre. Sous Être accompagné vous trouverez aussi des vidéos expliquant les processus et étapes du deuil. Je vous souhaite de progresser dans votre travail du deuil jusqu’à ce que vous trouviez l’apaisement et la certitude que votre grand-maman n’est plus séparée de vous mais une part de vous.


Question posée le 24 avril 2012: Bonjour, ma maman est dedee le 12 mars… mon papa, apres avoir passé tte sa vie au cotes de ma maman en totale symbiose, est perdu. je ne sais pas comment l’aider et j’aimerais: assister à 1 conférence de lydia muller ou faire 1 « séminaire » si ça existe… en fait tt simplement… trouver de l’aide car moi aussi « perdue » face à souffrance de mon papa… et tt ce qui entoure ce deces. Lydia répond: La perte d’une maman ou d’une épouse est une épreuve très douloureuse et je comprends que vous appelez à l’aide. Il n’y a malheureusement pas de conférence , ni de séminaire sur le deuil programmés prochainement, le dernier a eu lieu en novembre. Mais vous pouvez commander un CD ou une K7 sur la conférence « Pour faire son deuil le temps ne suffit pas ». C’est possible depuis le site ou en m’envoyant un mail. Je pourrais aussi vous recevoir pour un entretien et nous explorerons ensemble quoi faire et comment aider votre papa. Lui aussi pourrait venir une fois à une consultation gratuite de la permanence mercredi soir dès 18h30 (sur rendez-vous) ou téléphoner au 41 22 740 04 77 entre 18h30 et 21 heures.


Question posée 23 novembre 2011 : En juin dernier, j’accouchais d’un 1èr enfant, une petite fille : Jyoti. La grossesse s’était très bien passée, physiquement au moins, avec beaucoup de changements dans ma vie, d’interrogations et d’émotions. J’étais beaucoup en lien avec le merveilleux ouvrage de Bernard « l’accompagnement à la naissance », une Révélation pour moi. Jyoti a demandé à venir 2 semaines avant terme, la dernière visite, proche de l’accouchement s’était bien passé, lorsque je suis arrivée à la maternité avec les contractions, la sage femme a réalisé que son petit cœur ne battait plus. A l’accouchement, le cou de Jyoti était doublement noué par le cordon ombilical, un cas rare m’a-t-on dit… Nous envisagions avec son papa une « lotus birth » (conserver le placenta à côté du bébé pour laisser au cordon le temps de sécher et s’en détacher naturellement. Je m’interroge tant et tant. Dans ce deuil, je touche à la Grâce au-delà de tout et la douleur infinies, la culpabilité de « ne pas avoir su, senti, été une bonne mère, crée cela peut-être même »…. chemin des âmes… Merci par avance Lydia pour vos mots, précieux à mon cœur. Lydia répond: Que cette mort est douloureuse, vous avez tant attendu cet enfant et dont vous vouliez tellement respecter l’arrivée ! Et puis, la Vie en a décidé autrement. Il est normal que notre petit ego se rebiffe, ne comprend pas, accuse et auto-accuse, culpabilise. Quoi de plus normal d’être triste ? Ce bébé vous manque tant. Et pourtant, j’entends que vous vivez des moments de Grâce. Peut-être percevez-vous déjà une autre dimension de ce deuil ? Une mort d’enfant est insensée pour la majorité des gens. Mais c’est le sens qui vous aidera à vivre cette perte. Pour moi une chose est claire : Jyoti n’est pas venue pour s’accomplir elle-même par un chemin de vie sur terre. Sa tâche réside ailleurs. Mais pour sûr, elle n’est pas venue pour rien. Il est normal que cela prenne du temps jusqu’à ce que le sens surgisse. Cette mort vous transforme et c’est dans votre main d’en faire une transformation positive. Pour cela, coupez court aux commentaires désobligeants de votre petit ego. Vous ne les méritez pas. Questionnez plutôt l’événement douloureux dans un dialogue intérieur, non pas avec la question «Pourquoi ?», mais «Pour quoi ?», en deux mots. Si cela vous intéresse, j’ai donné une conférence sur « le deuil périnatal » que vous pouvez commander par le site rubrique Cassettes et CD. Puis, à Genève existe l’association Kaly, dont Lyvia, la fondatrice, a vécu la même chose que vous (j’ai accompagné à l’époque cette maman traumatisée). Elle a créé par la suite l’association Kaly pour aider d’autres mamans ayant perdu un enfant. Si vous habitez à Genève ou en Suisse Romande cela pourrait être bien pour vous de la contacter www.association-kali.org . D’ailleurs, elle vient d’accoucher d’un deuxième enfant en bonne santé… N’hésitez pas de me recontacter, si vous en ressentez le besoin. Suite de cette question: Je vous remercie infiniment pour ces mots d’un coeur si mur et aimant. Le deuil et ses milles facettes, ces temps où l’on accueille, où l’on embrasse, ces vagues de colère, de souffrance, de culpabilité, d’amour immense (bien que limité par notre écran), comme une danse qui n’en finit pas… la danse de la Vie en somme et de la Révélation à Soi. Pour Jyoti, bien que nous avions le désir d’avoir des enfants, rien n’était prévu. Une fois encore, « sans prévision » je reçois la grâce d’être enceinte. Si peu de temps entre ces deux enfants. Et encore ces vagues de joie et de tristesse, ces « pourquoi » que oui, de tout cœur, je souhaite transformer en « pour quoi »… Il me semble que je savais sans savoir. J’ai souvenir d’avoir dit pendant ma grossesse à Jyoti dans des larmes « qu’elle était libre, que c’est elle qui choisissait », et en disant cela, je savais ce que libre voulait dire. Tout ce qui échappe à ce petit ego limité, et comme il est difficile pourtant de se rappeler cela… A petits pas… Vous dire aussi Lydia, combien j’ai été touchée, bouleversée même pas votre site, votre approche, la manière dont vous répondez aux questions, les formations proposées, votre humilité, la beauté de votre Réalisation dans la Tâche. J’avais, il y a quelques années lu « le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort » de Sogyal Rimpoché et avait été profondément touché de contacter combien, en effet, nous pouvions être loin de ceux qui entament ce si Grand Voyage. Depuis, le sujet restait proche de mon cœur, ne sachant pas trop bien encore comment il se placerait dans ma vie. Je ne le sais toujours pas, mais en reconnais la présence. Par cette âme qui se prépare dans l’univers et en mon corps, Celle qui est retournée au Tout avant de venir habiter son corps sur terre, je me sens si proche de la naissance et la mort, Portes d’or de la Vie. Je ne sais de quoi demain sera fait, mais pour aujourd’hui, je ressens un désir profond à avoir un jour la joie et l’honneur de vous rencontrer, pour une formation peut-être. Aussi incongru que cela puisse être, puisque je n’en n’ai aujourd’hui pas du tout les moyens, en tout premier lieu parce que je vis en Australie, mais voila en tous cas ce que ça murmure au cœur. J’ai essayé de commander le CD de la conférence sur le deuil périnatal, j’ai pu rentrer mon adresse mais je n’ai pas eu de page m’indiquant comment effectuer mon virement bancaire et les frais postaux à y ajouter, dois-je essayer à nouveau ou est-ce de cette manière que cela se passe avec peut-être un peu plus tard un email explicatif des démarches bancaires à effectuer? J’ai regardé le site de l’association Kaly qui est très beau en effet, merci. Il est magnifique de voir l’énergie qui peut se déployer autour de tels événements dans nos vies. Merci d’être Lumière au Monde. Lydia répond: Eh bien, si j’avais su que vous habitiez l’Australie !! Mais grâce à Internet les distances n’existent plus. Comme vous me partagiez vos étonnantes paroles dites à Jyoti dans le ventre, cela me rappelle une enquête américaine que j’ai lu (je ne me rappelle plus exactement où) auprès de parents d’un enfant décédé aux alentours de la naissance ou par mort subite. Un pourcentage impressionnant d’eux (pères et mères) a eu des pressentiments, même des avertissements intérieurs auxquels évidemment ils ne voulaient pas croire ni prêter l’oreille, mais qui ont été après coup source de consolation pour les uns ou parfois malheureusement de culpabilisation supplémentaire pour d’autres. Quant à la commande du CD vous n’avez pas dû voir les instructions au début de la page commande « guide sur les modalités de paiement ». Mais si vous m’envoyez votre adresse, je peux vous faire parvenir le CD par avion et entre-temps je calculerai ce que coûte cet envoi pour l’Australie. Peut-être aurai-je un jour la joie de vous rencontrer ? En tout cas n’hésitez pas de me poser toutes vos questions auxquelles vous ne trouvez pas réponse vous-même, car il est important de chercher d’abord en soi-même. Que ce temps d’Avent, d’attente de la naissance du Christ, vous soit doux au milieu de notre monde fou de consommation. Suite de cette question: J’ai reçu il y a quelques jours votre CD, et ce même jour au courrier, le livre de Hugues Reynes « le nouvel accouchement »… Je pense une fois encore à cette phrase magnifique de Gitta Mallasz « Naissance et Mort sont couple et non Vie et Mort. Ici, l’âme se trompe lorsqu’elle a peur, car la Vie Vit éternellement. » Je souhaitais l’espace pour écouter cette conférence, c’était aujourd’hui. Tant de richesse. Gratitude immense. Ensuite, avec ma petite fille céleste et le petit être qui se prépare en moi, nous sommes allés voir son arbre, encore une fois. Il y a celui que nous avions planté pour Jyoti et il y a celui/celle qui « s’est planté/e tout/e seul/e » à côté, quelques temps plus tard, et attendait patiemment que je le/la remarque… en tous cas, c’est comme ça que j’aime le voir… c’est bon de les regarder grandir côte à côte… Merci pour votre carte et son intention, merci d’être sur mon chemin, vous aussi, éclaireuse. Lydia répond: Quelle jolie symbolique, ces deux arbres côte à côte, comme deux sœurs ! Merci pour votre partage. Je vous souhaite une heureuse grossesse et d’être vigilante si la peur voudrait superposer le passé avec les problèmes de Jyoti à la nouvelle grossesse et à l’accouchement à venir. Le mental ne sait que reproduire le passé. A ce moment-là revenez au présent avec la conscience que le présent est toujours nouveau et non pas une répétition et cet autre enfant n’est pas Jyoti. Portez-vous bien.


Question posée le 18 juin 2011 : Ma mère a été diagnostiquée cancéreuse en mars 2010, un cancer de la vessie qui c’est avéré généralisée. Le premier choc fut dans l’annonce, un coup de fil, à l’heure du diner et le monde a changé pour moi. Nous avons eu la chance de vivre une rémission de 2 mois où maman a pu partir en vacances et vivre en dehors des traitements. Novembre 2010, rechute. Maman a tout doucement décliné, nous l’avons entouré, nous l’avons soutenu comme nous pouvions. A la mi-février, le cerveau a été atteint, maman a perdu certaine capacité. Des rayons ont permis qu’elle retrouve l’usage de la parole et sa motricité fine mais les jambes ne se sont pas remisent, elle est devenue tout doucement handicapée. Je dis doucement mais cela s’est fait vite en faite, je crois que le temps a ralenti pour nous… . Je me suis beaucoup occupée d’elle, de son retour à la maison où elle voulait vivre ses dernier jour, j’ai trouvé l’aide pour ce projet en dehors du système hospitalier, grâce à une connaissance. J’ai du m’occuper de choses d’ordre organisationnel, sanitaire, juridique, alors que ma mère mourait et que j’aurais souhaité être avec elle simplement. Maman est décédée le 28 mars 2011. Comment se fait-il qu’aujourd’hui lors d’une fin de vie à domicile nous devions nous retrouver si seul. N’est-ce pas un droit fondamental? J’aurai aimé vivre mon deuil sans être envahie par ces images de ma maman que j’ai du porter, laver, nourrir. Je n’arrive pas à aller au-delà, revoir nos beaux moments. Je suis heureuse d’avoir pu lui offrir un dernier voyage dans sa vie comme elle le souhaitait, et qu’elle ait eu une mort paisible, entourée, dans sa maison. Mais aujourd’hui je ne sais plus quoi faire de ce vécu qui me ronge de l’intérieur. Comment me relever?

Lydia répond: Je vous remercie pour votre partage dont j’entends la douleur et la colère qui s’exprime malgré les belles choses que vous avez vécues durant la fin de vie de votre mère. J’avoue ne pas comprendre exactement de quelle aide vous parlez qui vous aurait manquée. N’aviez-vous pas des soins à domicile pour vous soutenir sur le plan des soins et des démarches ? Ou d’une aide familiale pour les tâches plus ménagères ? Ou parlez-vous de l’aide pour les démarches administratives ? Si vous êtes hantée par les images des soins que vous avez donnés, il se peut que quelque chose y relative n’a pas passé ou vous a traumatisée, mais quoi ? N’avez-vous pas aimé vous occuper d’elle ? Etait-ce trop pour vous ? Ou bien étiez-vous révolté de devoir le faire ? Essayez de nommer ce qui est douloureux dans vos souvenirs. Les fixations sur des images signifient souvent qu‘on a refusé l’événement. Pourtant, vous avez pu vivre des moments intenses, d’une grande intimité et certainement aussi beaux à travers les soins prodigués. Un peu vous êtes devenue mère de votre mère. Il pourrait aussi y avoir une autre raison : vous êtes attirée par ces images, car elles rappellent des moments intenses avec votre mère alors qu’aujourd’hui c’est douloureusement vide. Les images vous la ramènent pour compenser son absence. Notre petit ego préfère parfois la douleur plutôt que d’être face au rien. Donc la première chose est de comprendre le sens de votre fixation sur les images douloureuses. La suite dépend de votre réponse. N’hésitez pas de me réécrire.

Suite de cette question: Merci pour votre réponse, quand je parle du manque d’aide, c’est lorsque maman nous a dit vouloir rentrer à la maison alors qu’elle était en fin de vie et que j’ai voulu avoir de l’aide de la part de l’assistante social de l’hôpital pour me renseigner sur la prise en charge, là je me suis rendu compte que pour elle il n’y avait pas d’urgence, comme si ma maman allait bien. J’ai essayé dans un premier temps de trouver toute seule une solution ce qui m’a juste rendu totalement stressée. Ensuite j’ai appelée en urgence une amie qui travaille comme thérapeute dans le cadre des familles en deuil pour savoir quoi faire. Dès ce moment tout s’est débloqué. Mais dans un instant si dur se trouver confronté au déni des personnes aidantes a été un choc. Je pense que c’était trop, je me suis occupée d’elle avec plaisir, pouvoir lui offrir ces moments a été très fort pour moi, mais durant sa fin de vie j’ai été assez seule, mon frère et ma soeur étaient encore a croire qu’elle pourrait aller mieux ou du moins qu’elle ne mourait pas 15 jours après être rentré de l’hôpital. Les images fixées en moi sont les moments qui m’ont obligés à voir la vérité en face, la mort approchait. J’avoue que cette intimité avec la mort en marche je dois la « digérer », je ne sais pas comment le dire autrement. Oui j’ai été la mère de ma mère et ce fut des instants d’une intensité énorme. Pouvoir être auprès de ceux que l’on aime, en leur donnant l’amour, le respect, tout en préservant leur dignité, par des gestes, des caresses, des mots que l’on avait partagés au temps de l’enfance, est unique. Merci de m’avoir répondu et de m’avoir donné des pistes à explorer.

Lydia répond: En lisant votre réponse, il m’est apparu que tout le monde s’est trompé sur votre mère ou était dans le déni : l’assistante sociale, votre frère et sœur et peut-être même une part en vous, celle qui est restée bloquée sur image. Normalement ceux qui quittent l’hôpital, c’est qu’ils vont mieux. Il se peut que l’assistante sociale se soit laissé leurrer par votre maman très lucide ? Je crois vous avez été confronté aux effets néfastes du déni, quand personne ne veut regarder la mort en face. Et vous convenez, même pour vous, celle qui était le plus en accord avec les événements, vous aviez de la peine à regarder la vérité en face. Ce n’est jamais la mort en marche qui pose problème mais son refus. Notre société n’est pas encore prête à accompagner la mourance. Souvent c’est une démarche individuelle, sauf si vous disposez à domicile d’une équipe mobile de soins palliatifs. Mais il semble que vous n’étiez pas au courant de ce qui existe, et vous n’êtes pas la seule. Bravo quand même pour toute la route que vous avez faite en solitaire. Elle a aussi permis de mesurer votre force. Dans les familles il y a souvent une seule personne plus mûre que les autres et qui porte tout. C’était vous. Espérons que votre action aura un effet de contagion sur les autres. Actuellement vous attend une nouvelle épreuve : le deuil de votre mère, l’absence et le vide après une grande intensité de vie. Mais ceci est une autre question. Recevez mes salutations cordiales, Lydia Müller


Question posée le 30 mai 2011: Je viens de perdre l’homme de ma vie dans un accident de moto, le 15 mai, je cherche une personne spécialisée dans le deuil pour faire face à cette épreuve. Est-ce que auprès de votre association on bénéficie de consultations individuelles, ou est-ce que vous avez des adresses de spécialistes?

Lydia répond: Oui, nous offrons des consultations individuelles pour des personnes en deuil, remboursées par l’assurance complémentaire. Il est bien que vous demandiez de l’aide rapidement car ce type de perte peut peser lourdement dans la vie d’une personne, et l’entourage n’est pas toujours très doué pour accompagner l’endeuillé.


Question posée le 11 juin 2010 : Ma maman est morte de la SLA bulbaire. J’ai 37 ans et suis maman de 3 enfants. J’ai soigné et donné tous les soins à ma belle mère, ma maman de cœur qui a vécu chez moi les 8 derniers mois de sa vie. Je l’ai aimée, soignée et vu mourir sans pouvoir rien faire le 25 avril 2006 a 8h30 du matin après 1 jour de coma. Depuis je n’arrive plus à avancer dans la vie et n’arrive pas a recommencer à vivre comme elle le voulait. Elle m’a demandé d’être là pour son fils et nos enfants car elle croyait que je serais la plus forte face à son départ et aux ennuis que nous faisait ma belle sœur (qui ne s’est occupée d’elle). A l’annonce de son départ j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et j’ai du appréhender la famille en faisant tout ce que voulait maman pour son enterrement. Il n’y a eu personne pour nous soutenir que ce soit pendant sa maladie et après son décès. Seul un couple d’amis qui ne connaissaient personnellement pas maman étaient là et sont toujours là pour nous soutenir. Nous n’avons plus beaucoup de contact avec ma famille et avec celle de mon mari plus rien. Je n’arrive pas à faire mon deuil comme on dit et il y a un tel vide dans nos vies. Déjà 4 ans qu’elle n’est plus là, toutes ces fêtes, ces anniversaires et moments de bonheurs et de joies sans elle à nos cotés. Personne ne peut comprendre notre détresse et notre peine au cœur. J’essaye de penser à tous nos moments de bonheur passés ensemble mais je n’arrive à sortir de ma tête les moments durs supportés dû à sa maladie comme son coma, son dernier regard de douleur et de peur dans les urgences, son dernier souffle, ses larmes avant de mourir et tout le reste. Mon cœur est blessé à vie, j’ai une telle peine au fond de mon cœur. Je l’aimais tellement et l’aimerais toute ma vie. Je n’ai personne à qui parler de tout cela. Mon mari et mes enfants ont déjà leur peine et je ne veux pas embêter avec cela. Les autres m’ont assez fait comprendre que je devais la laisser partir en paix et de revivre. Mais ils n’ont pas vécu tout cela. Je tente pour ce qui me reste, ma famille, mon homme et mes 3 enfants que j’aime tant. Merci de m’avoir écoutée. J’espère que maman est heureuse maintenant près de papa.

Lydia répond: Votre souffrance me touche, car vous exprimez beaucoup de solitude. Votre situation familiale semble très compliquée ce qui rajoute à votre souffrance, car dans le deuil nous avons besoin de nous épauler mutuellement. Cette chaleur dans une tristesse partagée permet d’avancer. Vous avez beaucoup aimé cette belle-maman que vous appelez maman et je devine qu’elle est devenue un peu votre maman. D’abord je voudrais vous dire quelque chose concernant les images qui vous hantent, celles aux urgences et de sa toute fin. L’angoisse d’étouffer suscitée par sa maladie liés à la paralysie musculaire est encore augmentée quand on se sent dans un espace étranger, parce qu’à la fin ce dont un mourant a besoin surtout est d’être entourée de calme, de chaleur et de paix. Les urgences ne correspondent pas vraiment à cela. Par contre, le coma a dû être une évasion qui la soulageait. A ce moment la conscience est déjà ailleurs et n’est plus tellement liée à la souffrance du corps. Cependant la personne mourante sent l’atmosphère émotionnelle qui l’entoure. Et le déchirement et l’affliction des proches lui sont particulièrement douloureux, car elle sent tout sans pouvoir plus rien dire. Nous ne pouvons qu’interpréter ses manifestations, mais il faut faire attention de ne pas projeter nos propres états d’âme sur le mourant. Ma mère aussi avait quelques larmes qui coulaient juste avant son expir, mais je ne les ai pas ressenties comme de la tristesse, mais plutôt qu’elle était touchée d’amour en lâchant prise. Je pense ce qui vous a traumatisé était votre impuissance de pouvoir la soulager. C’est une tâche particulièrement ardue autant pour le mourant que les proches d’accepter l’impuissance et de faire confiance au processus. Je crois d’ailleurs aussi que le mourant reçoit de l’aide « de l’autre côté ». Si je peux me permettre de vous dire quelque chose concernant le deuil, ce serait ceci : Vous avez beaucoup aimé cette belle-maman. Par amour pour elle : relevez-vous et ne lui faites pas plus de peine ! Par des récits de survivants d’une NDE (expérience de mort imminente lors d’une mort clinique) nous savons que ceux qui nous ont précédés sont au courant de notre vie sur terre, ils peuvent nous voir vivre. Donc pour elle, en son honneur reprenez votre vie, afin qu’elle soit fière de vous. Elle a cru en vous, ne déméritez pas sa confiance ! Pensez à elle comme si elle pouvait vous voir et que cette pensée vous donne de la force. Honorer un mourant est très important, surtout si on a reçu beaucoup d’amour de lui. Reprenez le flambeau de votre belle-maman, vous avez à incarner ce que vous avez reçu d’elle et à redonner plus loin ! Si elle a été votre soleil d’amour, devenez ce soleil qui chauffera d’autres. Ainsi votre belle-maman continuera à vivre à travers vous. Vous la rendrez vivante le reste de votre vie.


Question posée le 31 mai 2010 : Je me questionne où la femme que j’accompagne se situe en ce moment par rapport à la perte de son mari, et je la trouve ambivalente entre la tristesse (elle pleure) et la révolte, elle dit qu’elle ne peut pardonner cela au Bon Dieu. Elle se dit aussi très blessée par la réaction de ses amis et/ou connaissances qu’elle appelle (puisque elle souffre tellement de solitude et ressent le besoin de parler avec quelqu’un), et on lui répond qu’on est juste en train de sortir ou de cuisiner ou autre excuse, elle se rend très bien compte qu’on l’évite, elle fait semblant de rien mais ne comprend pas pourquoi on l’évite alors qu’elle s’est donnée toute sa vie pour aider les autres, comme elle dit. Je te remercie pour tes conseils et pistes

Lydia répond: C’est normal de vaciller entre différents états émotionnels. La colère la soulage pour sentir moins sa tristesse. Mais c’est bien qu’elle exprime. Tu peux aider cette femme à exprimer sa colère en lui donnant quelque chose dans la main pour taper sur un coussin, par ex. un tape tapis ou un linge dans lequel tu fais un nœud. En femme bien élevée elle risque de résister, mais au moins elle reçoit la permission de se mettre en colère. Par rapport aux amis, il se peut bien qu’ils se sentent impuissants et ne sachent pas comment l’aider, donc ils s’esquivent. Tu peux lui donner le numéro (143) de la main tendue qui est toujours là pour écouter. Cela vaut mieux que des amis qui ne savent pas accueillir et écouter. Et puis, elle peut toujours m’appeler à la permanence le mercredi entre 18h30 et 21h.

Question posée le 16 mars 2009: J’ai assisté jeudi soir à votre témoignage à l’EMS La Chatelaine. Et j’ai bien souvent eu les larmes aux yeux. Vos paroles m’ont fait beaucoup de bien et vos dires quant à vos impressions sur l’Après m’ont aussi confortée dans ce que je pensais. Néanmoins je n’ai pas eu toutes les réponses que j’étais venue chercher et je souhaiterais savoir s’il est possible de nous rencontrer une fois. En juillet 2007, j’ai perdu mon papa après un mois d’hospitalisation et alors que rien ne le prévoyait. Suite à son décès, ma maman (je suis fille unique) est tombée malade, a effectué 5 mois d’hôpital et pour finir les médecins ont dit qu’elle ne pourrait plus rentrer à la maison étant atteinte d’une démence. Je vous passe les détails : elle n’a pas pu prendre congé de son appartement, j’ai dû débarrasser seule toute une vie de souvenirs et surtout ma maman fait un déni total du départ de mon papa. Je vais la voir pratiquement tous les jours, je subis des questions auxquelles personne ne peut me dire comment répondre ou les conseils des professionnels sont inappliquables dans ma situation. Parfois elle m’en veut, elle ne comprend pas ce qui se passe, etc… J’ai l’impression déjà que je n’ai pas fait un deuil normal pour mon papa (que nous adorions) et je subis en même temps ce fameux deuil blanc. Ma fille, âgée de 19 ans, était aussi présente jeudi et en sortant elle m’a dit avoir énormément apprécié votre intervention. Mais elle m’a dit: contrairement à Mme Müller, pour moi j’ai vécu 18 ans d’un bonheur total et depuis quelques mois c’est l’enfer. En effet sa grand-maman pour qui elle était tellement précieuse, est agressive avec elle et ma fille le supporte très mal, malgré toutes les bonnes explications (la maladie, elle se rend pas compte) qu’on peut nous donner. Voilà en gros ce que nous vivons. J’ai aussi tellement de peine de voir ma maman si malheureuse. Parfois ça va d’autres fois j’accuse le coup. Merci de me répondre et merci encore pour votre témoignage. Très bonne journée.

Lydia répond: Qu’est-ce que je comprends votre peine! C’est en effet dommage que vous n’ayez pas posé votre question directement, car cela aurait certainement aidé aussi d’autres. Probablement que votre maman, suite au choc de la mort si rapide de son mari qu’elle ne pouvait admettre, est partie dans une décompensation. Et la démence et déni de sa mort est probablement une suite logique de son incapacité à faire le deuil. Souvent une perte inadmissible est le point de départ d’une maladie genre Alzheimer ou démence sénile. Vous assistez chez votre maman à l’expérience très pénible d’un changement de caractère, le surgissement de l’ombre (comme l’a appelée Jung), notre partie refoulée, parce que inadmissible. Son agressivité correspond à mon sens à sa révolte restée inexprimée contre X (Dieu, le destin, la vie…) de lui avoir enlevé son mari, mais aussi une agressivité contre vous, car possiblement elle croit que c’est vous et votre fille qui avez agencé son départ de l’appartement. D’ailleurs, je trouve très brutal qu’elle n’ait pas pu faire son adieu aux lieux familiers et recevoir une préparation adéquate au changement. Cela a contribué certainement à sa confusion et à son agressivité. Elle nie la mort de son mari, souffre la perte de son chez-soi et vous le fait payer. Dans beaucoup de deuils j’ai pu observer une agressivité terrible, dirigée contre le monde entier, car la personne ne sait pas exprimer sa véritable souffrance. Et lorsque cette souffrance reste tapie au fond de soi, on trouve l’exutoire d’arroser large et de la déverser, même sur des innocents. Bien sûr, il est possible que nous nous voyions pour une consultation. Ce que vous et votre fille vivez est vraiment difficile. Vous pouvez me contacter par téléphone lors de la permance-conseil tous les mercredi soir entre 19h30 et 22h au 022 740 04 77 ou passer à Entrelacs dans ce laps de temps.


Question posée le 22 novembre 2008: Mon amie vient de perdre son père.On lui a fait des éloges funèbres hors du commun qui occultaient totalement l’extrême sévérité avec laquelle il l’a éduquée.Elle en souffre énormément et est pleine de colère.Elle se dit qu’elle doit lui pardonner mais ne sait comment. Que puis-je lui dire ou conseiller ? Merci pour votre réponse

Lydia répond: La souffrance de votre amie est compréhensible, car elle ne s’est pas sentie reconnue dans ce qu’elle a enduré par son père. De telles cérémonies témoignent du décalage entre ce que l’extérieur perçoit d’une personne et ce que les proches en savent. Les éloges ne sont probablement pas injustifiées, mais incomplètes et unilatérales. Mais cela appartient au travail personnel de votre amie. Pour arriver au pardon il faut qu’elle travers d’abord sa haine. Je lui conseillerais de prendre une feuille de papier et d’ écrire à son père tout ce qu’elle a sur le cœur: Papa, je t’en veux de…, tu m’as fait mal quand tu as fait ceci ou cela… etc. Il faut qu’elle puisse dire toute sa colère, toute sa souffrance, sans censure. Si ce que les NDE, ces expériences aux frontières de la mort (souvent de mort clinique) disent est vrai le défunt « de l’autre côté » revisiterait sa vie en toute vérité. Il serait alors aussi confronté aux souffrances qu’il a infligé volontairement ou par ignorance. Cette lettre à son père ne pourra donc pas lui faire plus mal. Elle met les choses à plat, c’est sa vérité à elle. La deuxième chose importante que votre amie devrait lui dire est ce qui lui a manqué de sa part: J’aurais tellement eu besoin de… La sévérité fait que les relations manquent de tendresse, de chaleur et d’intimité, et à la place s’installe la distance et la dureté du cœur. Le premier bénéfice de cette lettre à son père sera qu’elle se reconnaîtra elle-même, ce qui est soulageant en soi. En troisième, il va falloir qu’elle aille dans le monde de son père pour comprendre, pourquoi cet homme a agi de la sorte. Ce n’est que de ce point de vue-là que nous pouvons comprendre et pardonner les actes et attitudes des gens. Peu à peu va s’installer en elle un apaisement. La pardon pour son père va certainement encore s’affirmer lorsqu’elle sera confrontée à ses propres imperfections comme mère et devra trouver le pardon pour elle-même et des actes envers ses enfants pour recréer un lien de tendresse. Au fond, toutes ces relations difficiles parents-enfants ne sont que des relations d’amour ratées. Quel gaspillage, car les deux parties en souffrent. Le problème est qu’on donne plus loin ce que l’on a reçu, à moins de trouver le pardon et la tendresse pour soi et l’autre. Tout travail de réconciliation soulage nos morts. Mais je trouverait encore mieux de commencer de leur vivant! Une dernière chose: si votre amie n’y arrive pas toute seule, il faudrait qu’elle demande de l’aide à un thérapeute. Parfois cela est indispensable.


Question posée le 04 novembre 08: Ma nièce m’a communiqué votre nom. Ces dernières années ont été très dures : Longue et dure maladie et décès de mon compagnon après 17/18 mois. Rencontre d’un « monsieur » qui a profité (pas sexuel) de ma faiblesse pour m’écraser et parvenir à me faire douter complètement de moi-même. Essai de psychothérapie pendant plusieurs années (2 env.) qui ne m’a rien apporté. Je crève de solitude bien qu’ayant des amies, mais je suis la plus âgée (71) et toutes ont des familles, enfants, petits enfants. Ma fille habite Paris avec son compagnon et mon petit fils (11-1/2) qui a des problèmes – probablement autiste. J’ai rencontré un très gentil monsieur qui a eu aussi beaucoup de problèmes et il a de la peine à s’en sortir. Nous nous comprenons très bien, mais il a 12 ans de moins que moi et cela me perturbe, pourtant tout le monde s’accorde pour dire que je fais 10 ans de moins que mon âge. Je broie du noir et pleure, pleure …. alors que ça ne m’était arrivé que dans des cas extrêmement graves ! J’étais toujours très entreprenante et pensais qu’il me faudrait au moins 3 vies pour faire tout ce qui me fait envie et maintenant, j’en ai tellement marre!!! Sauf de mon ami !! Merci de m’éclairer. Pensez-vous qu’il y a un espoir de sortir de ce trou ?

Lydia répond: Oui, il y a de l’espoir de sortir de votre trou: déjà pour la simple raison que vous le voulez et que vous demandez de l’aide. Votre expérience douloureuse – d’avoir perdu votre compagnon après une fin de vie difficile – serait pour certains déjà suffisante pour ressentir ce que vous ressentez aujourd’hui. Que vous vous sentez en plus abusée par quelqu’un qui a profité de votre fragilité s’y rajoute. Il me semble assez normal que vous n’ayez plus de confiance en vous actuellement. Pourtant, la vie est bonne, car vous avez fait une rencontre d’une personne, plus jeune, d’accord, et alors!? Se peut-il que ce qui vous fait le plus peur est de perdre encore une fois un compagnon, mais cette fois-ci pour une femme plus jeune? Ce qui me semble important est que vous retrouviez l’estime de vous-même et le goût de vivre que vous aviez auparavant. Je pense aussi qu’il vous serait utile de comprendre ce qui s’est passé avec l’homme précédent dont vous vous sentez abusée, pour sortir des ressentiments et de la culpabilité. Il est toujours important d’apprendre des événements, même douloureux et de reprendre l’énergie bloquée. Mais pour faire cela, mieux vaut être accompagnée. Surtout, ne restez plus 2 ans dans une thérapie qui ne vous apporte rien! Vous avez le droit de chercher la personne juste pour vous aider. J’espère que vous trouverez le soutien suffisant pour regagner goût aux années qui vous restent à vivre.


Question posée le 24 octobre 08: Bonjour, J’ai perdu mon fils il y a trois ans, j’aimerais savoir où rencontrer d’autres mamans dans mon cas à Genève.

Lydia répond: Votre démarche à trouver ce qu’on appelle « un groupe de parole » avec d’autres personnes touchées comme vous par la perte d’un enfant, est très importante. Cela vous permettra de rencontrer de l’écoute et du soutien dans votre épreuve par des gens qui connaissent ce que vous vivez. Trois ans est court, parce que la douleur fait comme si c’était arrivé hier. Et c’est long si l’on considère le temps de souffrance endurée. A Genève vous pouvez vous adresser à : 1: L’Association Arc-en-ciel, rue Michel-Chauvet 15, 1208 Genève, tél. 022 70017 20 patricia.manasseh@edu.ge.ch et le site www.association-arc-en-ciel.ch Différents groupes de parole existent :

  • Pour des parents qui ont perdu leur enfant suite à une maladie, un crime ou dans un accident.
  • Pour des parents touchés par la problématique du suicide.
  • Pour des parents qui ont perdu leur enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou peu après.
  • Pour des adolescents et jeunes adultes en contact avec Lifewith – lorsqu’un frère ou une sœur décède.

2: L’Association As’trame a aussi une antenne sur Genève, Rue Benjamin-Franklin 2, 1201 Genève, Tél. 079 590 75 70 geneve@astrame.ch et le site www.astrame.ch Cette association offrent du soutien

  1. aux enfants et au conjoint survivant d’un papa ou une maman qui meurt( maladie, accident, suicide.)
  2. aux parents, frères et soeur, grands parents d’un enfant décédé.
  3. aux enfants, conjoint, frères et soeurs d’un parent ou d’un enfant gravement malade.
  4. aux enfants de parents qui se déparent ou divorcent et aux adultes qui se séparent de leur conjoint
  5. aux familles et fratries recomposées, etc.

Je vous souhaite de trouver ce dont vous avez besoin.


Question posée le 11 juillet o8: Mon amie D. vient juste de m’écrire ceci: « La mort de mon père, je crois, a été quelque chose que je n’ai pas digérée. Parce qu’il est parti alors que je n’avais pas réglé mes comptes avec lui (et que j’aurais voulu hurler à l’enterrement qu’il était pas être fabuleux qu’il fallait dire qu’il était parce que c’est ça qu’on doit dire à un enterrement), mais aussi parce que la mort, le fait qu’elle peut nous arriver à nous, est entrée dans ma vie. » Cette mort à eu lieu il y a de l’ordre de 7 ans : un « accident » (avec après suspicion de suicide) : mort noyé dans un lac où il se baignait tous les jours, et plusieurs jours de recherche du corps pendants lesquels ils se sont demandé si il avait « disparu » ou s’il était mort… Mon amie avait à peu près 30 ans à cette époque, et depuis cette date, elle a « décompensé ». Elle est de nouveau dans une période où elle pense au suicide. Que crois-tu qu’il soit possible de faire ?

Lydia répond:Si elle n’a pas pu ou su régler sa discorde avec son père tant qu’il était en vie, alors il faut le faire après. Ce n’est jamais trop tard. Qu’elle se trouve un/e thérapeute pour pouvoir sortir sa haine et crier sa colère. Les morts violentes suscitent souvent beaucoup de colère. Après il faudrait qu’elle aille visiter le monde de son père pour comprendre pourquoi il était devenu celui qui lui a fait mal. Il ne faut pas qu’elle se punisse mais respecte sa douleur et l’exprime. Elle l’étouffe. Cette mort qui est arrivé dans sa vie contient au moins le bénéfice de la mettre au pied du mur pour qu’elle bouge. La mort nous rappelle qu’on n’a pas tout le temps. Au fond ton amie souffre d’une histoire d’amour ratée avec son père. Au fond elle sait qu’une autre relation aurait dû exister et ce manque lui fait mal. C’est là sa véritable souffrance. En fin de compte c’est mieux qu’elle n’ait pas provoqué de scandale à l’enterrement, car ça n’aurait fait que de nouveaux blessés. C’est aussi pour cela qu’il vaut mieux se mettre en paix avant la mort de quelqu’un, car ainsi on peux facilement dire les choses positives.


Question posée le 03 juillet 08: Merci de m’avoir répondu sur ton site concernant la situation de la maman de Clément qui ne se remet pas de cette mort prématurée. Je l’ai rencontrée de nouveau. Le manque est physique dit-elle. Quand elle repasse, son linge lui manque etc.. Comme elle a fait des week-ends dans l’association Jonathan qui aide les parents dans ces moments de deuil. Elle a déja fait un week-end sur la lettre à écrire et à adresser à l’enfant mort, mais cela ne l’a pas apaisée. Je me demande si elle n’est pas dans la situation où sa douleur lui donne une importance qu’elle n’aurait pas sans cela?

Lydia répond: C’est bien possible que cette femme trouve une identité forte dans la maman désenfantée qu’elle n’a pas eu auparavant. L’intensité quoique douloureuse, donne une importance certaine et le petit ego peut bien s’en nourrir. La douleur de la perte et du manque donne des sensations terriblement douloureuses, mais en même temps elles permettent de se sentir exister. Le risque est que l’attachement à cette douleur devienne avec le temps une manière figée d’exister. Ce sont des deuils compliqués, et surtout ce sont des choses que l’on ne peut absolument pas dire, cette maman se sentirait jugée et vous rejetterait comme ne comprenant rien. La « Mater dolorosa » peut durer des années voir toute une vie. Je crois qu’il faut un temps plus ou moins long pour arriver éventuellement à un ras le bol de souffrir et un besoin de revivre. 2 ans et demie de deuil n’est pas encore trop long. A un certain moment elle pourra peut-être aussi entendre que si son fils la voyait il ne serait certainement pas heureux de la voir si malheureuse. Peut-être si vous lui parliez des vagues douloureuses du deuil comme des contractions dans l’accouchement avec ses crampes émotionnelles, cela pourrait lui faire sens? Dans l’accouchement on sait qu’à un certain moment il y a des contractions expulsives et le bébé doit lâcher le ventre et la mère le foetus. Dans le deuil c’est le lâcher prise de l’attachement désespéré à l’être décédé et à la souffrance pour renaître à une nouvelle vie et à une toute autre présence de ce fils dans sa vie. Peut-être faudra-t-il aussi qu’elle réalise peu à peu combien elle reste accrochée au passé avec son fils disparu, au point de ne plus vraiment vivre aujourd’hui. Mais tout cela est très délicat. Comme on n’accélère pas un accouchement, aussi ne doit-on pas pousser une personne dans le deuil à avancer plus vite qu’elle ne peut.. Patience alors et essayez d’être à son écoute!


Question posée le 22 juin 08: Bonjour, je découvre votre site aujourd’hui et l’ai parcouru avec intérêt. J’ai presque 43 ans, mariée, mère de 3 filles, j’habite la région du Jura. Je suis fille unique, mon père a mis fin à ses jours de manière violente il y a près de 20 ans et je réalise, en accompagnant une amie qui vient de perdre son père, que je n’accepte pas, ni son geste, ni son départ. Où me tourner pour clarifier ma situation???

Lydia répond: Vous retrouvez une souffrance 20 ans après le suicide de votre père, car – comme beaucoup de personnes – vous ne pouviez probablement faire autrement qu’occulter votre douleur et vos émotions, notamment votre colère en la niant ou en rationnalisant. Mais les lois psychiques sont bien faites: des événements semblables réveillent ces anciennes douleurs pour qu’on commence enfin à s’en occuper. Vous faites bien de les prendre au sérieux aujourd’hui, vous vous sentez probablement plus forte pour y faire face qu’il y a 20 ans en arrière. Ce sera aussi important pour vos enfants que vous trouvez la paix concernant leur grand-père. Adressez-vous à ASTRAME, une fondation qui est spécialisée dans le travail de deuil et la rupture familiale. Ils ont une antenne à Neuchâtel : neuchâtel@astrame.ch ou le 079 704 90 07, sinon à Lausanne au 021 648 56 56. Et si vous ne trouvez personne de disponible, venez me voir à Genève, mais c’est quand même plus loin. Je vous souhaite de trouver l’aide dont vous avez besoin.


Question posée le 24 avril 08: J’ai perdu mon fils subitement à l’age de 30 ans d’une crise cardiaque le 12.11 dernier ainsi que mon père de 86 ans de maladie le 6.02. comment remonter mon moral ???? Que faire pour arrêter de pleurer des journées entières ? que faire pour avoir envie de vivre ? Je suis seule mais il me reste 2 filles et une petite-fille mais qui ne vivent pas avec moi. Je n’en peux plus !

Lydia répond: Que vous dire, chère Madame, face à une telle douleur? La mort de votre père était peut-être plus « normal » que celle de votre fils de 30 ans. Mais leur absence à tous les deux est douloureuse. Je ne sais rien de vos relations ni des regrets que vous pouvez avoir. Mais souvent quand nous pleurons beaucoup quelqu’un cela signifie qu’on l’a beaucoup aimé. Probablement aussi qu’on a été beaucoup aimé, et de se passer de cet amour est trop dur. Ainsi je vous invite à nommer ce que vous avez reçu d’eux ou par eux. Qu’est-ce que la Vie vous a offert en donnant passage à votre fils et en devenant sa mère pendant 30 ans? Qu’avez vous reçu de votre père durant les dizaines d’années de relation père-fille? Ce qui peut nous aider beaucoup dans le deuil est de reconnaître avec gratitude ce que l’on a reçu de nos chers disparus, de chérir cet héritage spirituel, puis de le donner plus loin à d’autres, en leur honneur. L’Art du deuil consiste à apprendre à privilégier ce que l’on a reçu plutôt que ce qui nous manque. Ce sont deux versants d’une même médaille. A moins que la culpabilité ne complique votre deuil, en traversant la douleur du manque vous devriez arriver sur le versant de la gratitude. Aussi n’accablez pas trop vos chers disparus par votre désolation, car cela alourdit leur mort. Mais apprenez à vous relevez et à revivre pour que – s’ils vous voyaient – ils seraient fiers de vous. Si vous le pouvez, rejoignez vos filles et votre petite-fille au moins pour un temps, car leur amour et leur vitalité pourront vous adoucir votre douleur. Pour vous aider encore plus dans votre épreuve vous pouvez aussi commander parmi les différents CDs ou cassettes de conférences que j’ai tenues sur le thème du deuil, par ex. « Pour faire son deuil le temps ne suffit pas ». Vous les trouverez sur le site d’Entrelacs. Je peux aussi vous recommander le petit livre de Rosette Poletti « Vivre son deuil et croître ». Et si vous ne vous en sortez pas, demandez de l’aide à un psychothérapeute ou venez me voir. Recevez mes salutations chaleureuses.


Question posée le 25.02.2008: J’ai rencontré une femme qui a perdu son fils âgé de 22 ans dans un accident de moto il y a 2 ans. Elle habite mon village. Je lui ai proposé de nous revoir, elle le souhaite, car elle sent qu’elle perd pied de nouveau. Les psy lui donnent des médicaments. Ma question est : comment établir un canevas d’aide? Je lui ai demandé si elle était allée dans la colère, si elle avait eu des accusations? Elle a dit qu’elle en a voulu à Clément qui a pris des risques, alors qu’elle lui avait dit combien elle n’était pas d’accord avec l’achat de sa moto. Un temps elle avait même retourné toutes ses photos par colère et lui avait ensuite demandé pardon de cela. Que faut il avoir réglé préalablement avant d’aller vers les manques et les regrets ? Je lui ai dit que lorsque nos proches décèdent jeunes, c’est qu’ils sont venus pour nous apprendre quelque chose. Trouver du sens apaise. J’ai si peur d’être maladroite en voulant bien faire, surtout aller trop vite dans les exemples par ex. en parlant de la fête de souvenir que j’ai organisée pour Pierre, mon mari. Merci pour votre aide.

Lydia répond: C’est déjà précieux pour elle que vous lui offrez un temps de parole. Pouvoir tout dire à quelqu’un qui comprend parce qu’il connaît la perte d’un proche est déjà un cadeau. La majorité des gens est trop mal à l’aise pour aborder la souffrance d’une maman ayant perdu son enfant, même 2 ans après. Peur de faire mal, peur de ne pas savoir quoi dire, l’idée aussi que cela devrait être maintenant terminé… Il est judicieux d’identifier de quoi elle souffre actuellement dans son deuil. Il me semble sa colère n’est plus un problème vu qu’elle l’a bien reconnue et exprimée. Ce serait seulement un problème si la colère cachait sa tristesse et la souffrance de l’absence du fils. Généralement c’est quand même l’absence qui cause la douleur la plus cruelle. Une lettre à son fils dans laquelle elle dit tout son cœur de maman, tous ses sentiments, pourrait être un bon outil pour qu’elle voie peu à peu aussi ce qu’elle a reçu de ce fils et que d’extérieurement absent il devienne présent dans son cœur. Il est vrai que ma propre manière de lire la mort des enfants et des jeunes n’ayant pas eu le temps de s’accomplir eux-mêmes, est qu’ils ne sont pas venus pour leur propre évolution mais pour aider leurs proches à évoluer et à se réveiller à leur propre vie. Mais il faut être prêt pour regarder la mort sous cet angle-là. Témoigner de son propre chemin de deuil parcouru, de ce qui vous a aidé, peut être très bien, si c’est un partage et non pas une injonction comment aussi l’autre devrait faire. Normalement, vous saurez aussitôt si vous avez été décalée ou trop vite, car la réaction en face le montre. Si c’est le cas, excusez-vous simplement pour votre maladresse. A vouloir trop aider on n’aide plus.


Question posée le 15.11.07: Chère Madame, J’aimerai suivre le cycle « devenir parents de nos parents » la saison prochaine. Mais comme ma mère qui habite paris souffre de la maladie d’alzheimer, j’aimerai savoir si je peux assister au cours « le deuil blanc » ces prochains jours, car l’évolution est tellement rapide que j’aimerai dès à présent être présente pour elle. Je vais à Paris une semaine par mois pour être avec mes parents. merci de votre réponse. Cordialement.

Lydia répond: Je crois qu’il s’agit d’une erreur, car prochainement j’animerai seulement un séminaire sur le deuil périnatal à la suite de la conférence du même titre le 20 novembre. Ce deuil concerne la mort d’un nouveau-né, une fausse couche ou un avortement (information entrelacs.ch). Le deuil blanc nous touche en effet par la souffrance liée à la disparition – à cause des pertes mentales – de la personnalité d’une personne. Avant sa mort physique nous la perdons telle que nous l’avions connue. J’ai vécu cette perte lorsque ma mère ne m’a plus reconnue. C’était un choc et une grande souffrance pour laquelle aussi j’ai dû demander de l’aide. Si vous en avez besoin rapidement d’un soutien, je ne peux vous le proposer qu’en séance individuelle. Vous pouvez aussi essayer auprès de l’association Alzheimer.


Question posée le 08.10.07: Depuis quelques mois, j’ai des problèmes à l’épaule, à la hanche et au genou, toute la partie gauche de mon corps est en souffrance et crie au secours. Je ressens le besoin de faire un travail suite au deuil de mon frère il y a 3 mois. Ce n’est pas tant sa mort qui a été douloureuse pour moi, mais plutôt les difficultés relationnelles accumulées depuis des années. De la peine et de la colère sont là et j’ai besoin d’explorer cela en étant accompagnée par un(e) thérapeute. A l’instant ou j’ai pris la décision d’aller soigner ces blessures, j’ai senti une forte énergie et je sais que c’est le moment juste. Je ne veux plus continuer à vivre avec toutes ces douleurs et je me réjouis de commencer ce travail. Je souhaiterais vous rencontrer en espérant que votre emploi du temps le permet.

Lydia répond: Vous le dites très justement: votre corps crie au secours, les maux à la place des mots. C’est souvent ainsi qu’il nous faut atteindre un degré insupportable de souffrance pour oser demander de l’aide. Peut-être il vous fallait ce dernier coup du décès de votre frère pour que vous arriviez à passer à l’acte, et l’énergie que vous avez senti est le signe que votre simple demande déjà vous a soulagée. Votre corps s’est senti entendu! Cela confirme que vous avez raison de croire que traiter votre souffrance intérieure aidera votre corps. Je donnerai une conférence à ce sujet « Traiter la souffrance psychique cachée dans les symptômes physiques » le 9 novembre à 20h à la Maison des Associations, Salle Gandhi, Rue de Savoises 15, 1205 Genève. Pour un RV individuel vous pouvez me joindre le matin de préférence au 0033 450 48 40 67.