Question du 29 août 2014
j’ai participé à plusieurs de vos cours vous m’avez ouvert à d’autres dimensions humaines, révéler mes besoins de couper le cordon qui me liait à ma mère. Je croyais que tout allait bien ,une première alerte il y a 3 ans sur les besoins de mon mari ses pulsions sur l’homosexualité le choc…mais là ce n’était que du virtuel. Nous avons beaucoup discuter fait des activités ensemble et là depuis 4 mois je sentais bien que quelque chose n’allait pas je suis devenue transparente. A. lui souvent malade maux de gorge de ventre. Comme il y a 3 ans j’ai vu juste mais là ce n’est plus du virtuel il y a une personne dan sa vie.JE me tourne vers vous car je ne sais pas comment réagir .Ma première réaction j’étais tellement soulager de savoir pourquoi il était si mal il a perdu 5 kg nos proches sont persuadés que c’est une gastro mais dans mon fond intérieur je sens que cela vient de ce combat qu’il mène pour lutter contre ses pulsions quand je lui dis cela il ne me croit pas pour lui aussi c’est une gastro …TOUT cela me ronge je ne dors plus je lui pose plein de questions il me dit que j’analyse trop mais lui il fait QUOI… comment réagir… cette situation me détruis moi de nature si joyeuse… personne absolument personne ne sait rien de notre situation. Au travail je donne le change je chante je ris avec les résidents ils me trouvent formidable être à leur coté me fais du bien. Il me dit qu’il n’est pas encore passé à l’acte …il veut lui et moi mais il ne fait rien pour me garder. Je ne veux pas que cette situation SE CANCERISE AU SECOURS LYDIA. Aidez moi!
Réponse de Lydia
Merci pour la confiance que vous me témoignez en me confiant votre trouble. Je comprends bien votre désarroi, c’est bouleversant de sentir basculer toutes ses certitudes, remis en question ce à quoi on croyait. Je pense qu’il est préférable de regarder le problème en face. Votre mari lutte contre des pulsions homosexuelles et si je comprends bien, il a déjà une relation avec un homme même s’il affirme ne pas (encore) avoir eu de relations sexuelles. Je pense qu’il serait bien si vous pouviez aller parler avec un sexologue pour exprimer ouvertement ce que chacun vit et ressent. Il est inutile, voire dangereux pour la santé de lutter contre les sentiments (la perte de poids l’atteste). Après, votre mari pourra, s’il le veut, aussi aller tout seul en consultation pour faire face à son vécu et ses pulsions. Il s’agit de les admettre, de dédramatiser, de comprendre aussi d’où ça vient et voir à partir de là ce que l’on va faire ou pas faire. Je sais que ce type de problème est plus difficile à aborder, plus tabou en campagne jurassienne qu’en grande ville comme Genève. Adressez-vous à Delémont à un service compétent. Malheureusement, je ne connais pas de sexologue au Jura, mais ça dois exister. Ils sont habitués à ce type de problème qui sont plus fréquents qu’on ne croit. Ce n’est pas une honte non plus, même si ces pulsions sont encore très mal vues. A mon sens, il est pour le moment trop tôt pour réfléchir aux conséquences pour le futur de votre couple, de faire un choix pour ou contre. Il faut d’abord mettre les choses à plat et les regarder calmement.
Vous avez déjà fait face à d’autres troubles, donc ceci est juste un nouveau challenge pour vous faire grandir!
Partage du 14 avril 2014 suite à la conférence sur la crise de la 40-aine
Nous nous sommes très brièvement rencontrée à la fin de la conférence. Cette conférence a été d’une aide capitale pour moi puisque j’ai pu trouver la dernière pièce du puzzle qui me manquait ! En rentrant chez moi en voiture des larmes de libération coulaient sur mes joues.
Grace à vous j’ai pu ENFIN mettre des mots sur les maux qui ont fait partie de ma vie ces dernières années. Jusque là je n’avais jamais pu regarder toutes ces épreuves comme faisant partie d’une seule et même image dont le titre est « la crise de la 40aine ». C’est une toute autre perspective ! De 38 à 41 ans tous les aspects de ma vie ont été secoués.
A commencer par ma vie professionnelle – j’ai quitté ma cage dorée de fonctionnaire pour me consacrer à une cause beaucoup plus noble. Les 5 dernières années j’avais vraiment l’impression de perdre mon âme dans ce travail. Mon seul moyen de « survie » c’était le mode automatique. Tellement automatique que j’étais obligée de marquer tout ce que je faisais car le lendemain je ne me souvenais plus et je n’étais pas à même de répondre à mes collègues correctement. Et comme vous le dites, un jour j’en pouvais plus et j’ai donné ma démission. Contre toute logique, je me suis senti appelée à faire autre chose, plus proche de l’être humain. Peu de formations dans le domaine mais un désir et une volonté immenses.
Tout ceci était ponctué de crises très douloureuses du bas du dos qui m’obligeaient à rester allongée pendant des mois et des mois. Autant dire que l’on a le temps de refaire le monde quand le corps lâche au point de ne plus du tout fonctionner et de devoir rester couchée, telle une larve. Heureusement la méditation et la visualisation m’ont été d’un grand secours pour faire face à la souffrance tant physique que psychique. Avec le recul je me dis que ces temps de « pauses obligatoires » m’ont tout simplement permis de faire mûrir ce je voulais et surtout ce que je ne voulais plus ! En janvier 2013 j’ai finalement subi une grosse opération du dos qui s’est très bien passée. Tout simplement, je revis !
Mon couple a aussi été secoué. Après plus de 10 ans c’était soudain le vide, le doute. Mais nous avons tenus bons, nous nous sommes soutenus mutuellement et fait confiance. Mon époux plus âgé que moi avait aussi « fait sa crise de la 40aine » quelques années auparavant. Il a su marcher à mes côtés comme j’espère avoir su le faire pour lui quand il avait besoin. Mes problèmes de dos ont fait que le 2ème enfant n’a pas été possible. Maintenant que le dos est « réparé » nous avons senti que le train était déjà passé mais il a quand même fallu faire le deuil de ce deuxième enfant. D’une certaine façon, je crois que c’est plus dur pour moi que pour lui car nous les femmes sentons que l’horloge biologique va bientôt s’arrêter…
Mais comme vous le dites si bien, on peut très bien continuer à créer, d’une autre façon et accoucher par le haut ! Mon époux et moi avons donc décidé de nous associer professionnellement et de conjuguer nos talents et nos compétences respectives dans le but d’aider les autres.
Merci d’avoir lu mon message, un peu long, mais vous m’aviez demandé en quoi la conférence m’avait aidée à trouver cette dernière pièce du puzzle et je n’ai pas su vous répondre car j’avais besoin de digérer ce que je venais d’entendre. Cet email est donc ma réponse à votre question !
Réponse de Lydia
Merci pour votre beau partage qui illustre bien ce temps de crise pas évident, même parfois très douloureux physiquement et psychiquement. Et bravo pour votre nouvelle vie, je trouve génial de vous être associée avec votre mari dans une démarche globale.
Question du 30 octobre 2013
J’ai assisté à votre conférence hier soir et suis en train de digérer et de m’imprégner tout ce que vous y avez évoqué. Merci. Vous avez parlé de ces hommes qui ne peuvent pas exprimer la tristesse autrement que sous forme de colère. Si vous deviez donner un conseil à une personne qui vit avec un tel homme et subit ses colères « masques », quel serait-il? (Je suis venue vous parler après la conférence – suicide du père – Alzheimer de la mère)
Réponse de Lydia:
A votre question, je suis obligée de répondre que vous n’avez aucun pouvoir de changer votre mari. Bien sûr vous avez le droit de lui dire que le déversement de sa colère vous blesse. Mais il faudrait le dire sans reproches, juste en disant votre souffrance, sinon se sentant jugé, cela augmentera encore sa colère. En tant que psychologue j’ai appris que nous n’avons de pouvoir que sur nos propres comportements et je pense que vous avez assez à gérer au niveau émotionnel avec un père qui s’est suicidé et une mère qui a la maladie d’Alzheimer. Occupez-vous de votre souffrance, de votre tristesse, de votre colère liées à ces événements difficiles! Ce que nous réglons à notre niveau aura un effet de contagion sur les proches autour de nous. Là, où vous changerez, votre mari changera !
Question du 29 octobre 2013 :
Je viens de perdre mon calme avec l’interne qui s’occupe de ma maman, tout simplement parce que je me sentais tellement impuissante à l’aider et en face d’un médecin qui me semblait peu ou pas dans l’écoute. Je m’en veux de lui avoir reproché de ne pas être suffisamment à l’écoute de ses patients, parce qu’il ne l’a pas supporté et est sorti de la chambre en claquant la porte. Je n’arrange rien en agissant ainsi et en même temps, j’étais tellement démunie, je me sentais tellement dans l’incapacité de poser les bonnes questions que je me suis montrée maladroite. J’ai essayé ensuite de lui expliquer la raison de mon attitude mais il est resté dans la rancoeur à mon encontre. C’est désolant et je me sens coupable maintenant. J’ai peur de ne plus savoir comment l’aborder dorénavant.
Réponse de Lydia :
Vous avez été maladroite, vos sentiments d’impuissance y sont, certes, pour quelque chose. C’était maladroit de lui expliquer les raisons de votre attitude, car souvent cela revient à reformuler le reproche. Il aurait été plus juste de simplement lui dire que vous êtes désolée de votre emportement l’autre jour et qu’il a certainement assez déjà à porter sans cela. Avez-vous pensé que les médecins peuvent ressentir les mêmes sentiments d’impuissance et chacun se défend contre eux comme il peut ? Rare sont les médecins qui savent être à l’aise avec les mourants, surtout quand le diagnostic n’est pas clairement dit. Peut-être pourrez-vous encore rattraper le coup ?
Question du 26 novembre 2012 :
Je suis une maman qui élève seule mes 2 enfants âgés de 16 et 10 ans. Mon fils Yoan âgé de 10 ans, est hospitalisé depuis 3 semaines pour dépression grave, et envie de suicide. J’habite sur le canton de Vaud, je suis à la recherche d’un groupe de parents touchés par ce même genre de problèmes. Auriez vous une adresse à me proposer, ou vous même avez vous ce genre d’infrastructure ?
Réponse de Lydia
Comme nous n’avons pas de groupe de parole, j’ai cherché pour vous sur internet en tapant sur google « groupe parents enfants suicidaires ». J’ai trouvé déjà ces deux adresses ci-dessous qui pourraient vous aider plus loin. Mais cherchez aussi vous-même, il y en a beaucoup d’autres propositions et adresses ! Si vous ne trouvez aucun groupe dans la région, alors créez-le vous-même, peut-être avec l’aide de l’hôpital où votre enfant est hospitalisé ou avec d’autres appuis. Je suis sûre que vous n’êtes pas la seule maman qui a ce besoin ! J’ai déjà eu des personnes qui avait besoin comme vous d’un groupe de parole (par ex l’épouse d’un malade en attente d’une greffe) et l’ont créé avec succès. Le propre besoin est encore le meilleur moteur ! En tout cas n’abandonnez pas et votre quête pourra devenir une aide pour d’autres !
Voici ce que j’ai trouvé et copié sur google :
1) Prévention du suicide : comment éviter l’irréparable chez nos ados … www.magicmaman.com › › Les nouveaux comportements
Pour des parents, c’est difficile d’admettre avoir un enfant suicidaire. Cela veut dire qu’ils ont raté leur éducation. Mais non ! Il faut cesser de culpabiliser les parents…
2) Prévenir et détecter la dépression chez l’enfant – Réseau pour les … www.vaudfamille.ch …/prevenir-et-detecter-la-depression-chez-l-enfant…
De plus, il est difficile pour un adulte de concevoir et d’accepter qu’un enfant puisse être déprimé. … Le désarroi des parents se traduit par des phrases du type: … est beaucoup moins étudié que les comportements suicidaires de l’adolescent. … de groupe trouvent leur indication dans les dépressions de l’enfant quand une … www.vaudfamille.ch me semble le plus proche. Adressez-vous à ce site. On peut aussi envoyer des messages. Avec mes souhaits de trouver ce qu’il vous faut.
Question posée le 07 mai 2010 :
Pourriez-vous m’aider ? Vous serait-il possible de mettre en mots l’état d’une personne (moi) au lendemain de la perte de mon époux (40) et de notre fils unique (14)?
C’est la situation dans laquelle je fus en 1991, peu de temps après, un homme (qui me quitte aujourd’hui ) a profité de la situation pour se nourrir de mon lait « argenté » ,
je dois maintenant pour la justice décrire avec des mots justes l’état dans lequel je pouvais être à ce moment là ?!!! pour me tirer d’affaires et pouvoir rester dans ma maison.
Comprenez que j’ai souffert d’un manipulateur intelligent et intéressé, je le découvre maintenant…
Comprenez-vous quelque chose ? Je suis à votre disposition pour tout éclaircissement … Merci infiniment
Lydia répond:
Je veux bien vous aider à trouver les mots justes, mais j’ai besoin que vous me disiez plus.
Je peux seulement imaginer ce que vous viviez lors de la perte de votre mari et de votre fils. Mais j’ai besoin d’entendre ce que vous viviez.
Pour cela il faudrait que vous me racontiez votre histoire, ce qui est arrivé, de quoi ils sont morts ? ensemble ?
Puis je ne comprends pas ce que veut dire « lait argenté ».
Si je comprends bien cela fait presque 20 ans que vous vivez avec cet homme ? Est-ce qu’il vous a consolé alors ? Comment il vous a-t-il trompé ?
J’ai besoin de comprendre plus, si je veux trouver des mots justes.
Suite de cette question:
Question du 07 mai 2010
Merci pour votre réponse . Je crois ne pas m’être expliquée simplement.
La question est : « Comment techniquement et professionnellement décrire au plus juste , quelqu’un qui à la fois perd son époux et son fils (dans une accident de voiture). Mon décor de vie a changé en quelques secondes …
Lydia répond:
Ce que je sais par des témoignages est que suite à un accident où un être cher disparaît brutalement (dont la pire perte semble bien être celle de l’enfant), la personne endeuillée se trouve plongée d’abord dans une anesthésie émotionnelle liée à l’état de choc, car les émotions sont trop douloureuses.
Souvent elle vit dans un état de zombie qui continue à vaquer à ses occupations, sans émotions, car elle est dans un état de dissociation. Elle se trouve jetée dans le vide, la vie n’a plus de sens, elle est comme anéantie.
Il faut tout un temps pour admettre la réalité douloureuse et parfois encore plus de temps pour exprimer les émotions.
Si elle ressent de la colère, mue par le sentiment d’injustice que l’événement soit arrivé (contre Dieu, le coupable, le disparu …), cela peut l’aider à retrouver une certaine énergie.
Mais le pire est quand même l’innommable absence, le manque, le chagrin sans fond, de pleurer jusqu’à plus de larmes.
Une telle personne doit trouver de l’aide de professionnels pour réapprendre à vivre, pour retrouver son énergie et pour retrouver un sens à sa vie. Elle a besoin d’être entourée par la chaleur de proches, d’amis, car elle est extrêmement vulnérable.
La reconstruction peut prendre des années. Lorsque pendant cette phase de bouleversement quelqu’un de très gentil se trouve là et tend les bras, il me semble bien possible que l’endeuillé puisse tomber dans ses bras et s’y accrocher.
Sa chaleur comble un peu le vide. Mais cela peut aussi créer une dépendance affective. Voilà, peut-être mes mots vous aideront-ils à trouver les vôtres ?
Suite de cette question:
Merci pour votre partage explicatif et plein de chaleur…
C’est exactement comme cela que les choses se passaient. Assez bizarrement, je n’en ai pas voulu à la personne ayant provoqué l’accident, c’était un homme « perdu » endeuillé, séparé de son épouse et alcoolique, il décèdera 3 mois après l’accident
Je ne sais aujourd’hui pas bien expliquer en mots l’absence de notre fils, du comment il (s) manque(nt).
C’est comme si je m’étais préparée à cette situation, c’est bizarre ; entre nous 3, nous parlions de la mort et de comment l’un et l’autre aimait à être enseveli !!!
Le cas de figure qui s’est présenté en 1991, nous n’y avions jamais réfléchi !!! Moi je travaillais dans une banque et dans ces années là, il y avait des braquages sans arrêt et cela nous faisaient réfléchir.
Avec cette peur de ne plus se retrouver le soir éventuellement, nous nous quittions chaque jour matin, en vérité et en conscience, comme si c’était la dernière fois …
C’est comme si Guy et Geoffrey étaient encore vivants … chaque jour je les vois, dans un de leurs objets, ou leurs visages me passent en tête, ou une voix d’enfant me rappelle , ou……. Bien souvent je dis, s’ils reviennent maintenant, je leurs demanderais d’où ils viennent ??!!!
Je ne les ai pas vu décédés, cela m’a été interdit.
Le temps s’est arrêté aussi, moi dans ma tête, on dirait que j’ai toujours 40 ans, mon vestimentaire d’une femme de 40 ans et je crois toujours pouvoir faire les choses comme je les faisais à 40 ans… !!!
Maintenant presque 19 ans après, lorsque j’en parle, c’est toujours avec beaucoup d’émotions et je crois que c’est « comme si c’était hier »…
Je n’ai jamais rien regretté, tout avait été dit et partagé, je suis quelqu’un qui se donne entièrement et je n’avais rien à cacher à qui que ce soit …
je vis actuellement pour leur rendre témoignage, ils m’ont fait la grâce de me propulser à un autre niveau de conscience, en mourant, ils ont donné sens à ma vie …
le chemin n’est pas toujours simple, mais il est bon et beau, je me sens grandie à travers cette souffrance…
Question posée le 15 mars 2010 :
J’ai vu l’article dans le Migros magazine et j’ai une question, et si vous avez un conseil à me donner, c’est bien volontiers ! Avez-vous une référence sur un livre qui traite de la reconstruction de couple et cette crise de la quarantaine ? Ceci afin d’essayer de reconstruire et de donner un nouveau départ à notre couple qui bat sérieusement de l’aile. J’ai 47 ans et ma femme 40 ans, nous avons une fille de 14 ans et deux garçons de 12 et 5 ans. Je suis enseignant et ma femme secrétaire à 40 %.
A mon avis, notre problème principal et le manque de dialogue, si non de petit grain de sable. J’ai compris pas mal de mes erreurs en lisant divers livres, surtout de ne pas effectuer une thérapie de couple quand ma femme me le demandait. Au mois d’août 09 elle a commencé une thérapie seule, au mois de septembre 09 elle m’a trompé, ensuite nous somme parti en vacances d’automne, puis un week-end en décembre pour ces 40 ans.
En janvier elle m’a annoncé qu’elle voulait partir, nous avons quand même commencé une thérapie de couple qu’elle a interrompu après la deuxième séance. Elle vit encore à la maison, mais le 1 er mai elle part avec les 3 enfants.
Alors voilà, je l’aime et je cherche les moyens de garder ma femme et ma famille. Merci pour votre réponse et votre info.
P.S. Encore une autre info qui est importante, ma femme est sous antidépresseur et elle a perdu 15 kg. Dans votre article vous mentionnez qu’il ne faut pas anesthésier cette crise avec des médicaments. Dois-je lui suggérer de voir avec son psy afin de diminuer les doses ?
Lydia répond:
Le fait que vous avez pris la peine de m’écrire me dit que vous êtes vraiment désireux de sauver votre couple. Or, celui-ci me semble vraiment compromis, vu que votre épouse a décidé de vous quitté et a abandonné la thérapie de couple, donc ni croit plus. Je crains que ce ne soit trop tard vu sa détermination et qu’il faille surtout essayer de réussir le divorce, à défaut de pouvoir sauver le couple. Vous étiez à mon sens trop aveugle et n’avez pas vu trop longtemps ce qui se tramait. Il me semble aussi que vous n’avez pas vraiment compris ce que votre femme a fait souffrir ou quel manque l’avait amené à vous tromper. Quand l’incommunicabilité est devenue si grande, il est difficile de rattraper le temps perdu. Mais essayez tout de même de lui dire que vous voulez vraiment comprendre et changer ce qui est nécessaire de changer. Demandez-lui instamment de vous donner encore une chance et de retourner avec vous en thérapie de couple. Alors peut-être vous pourrez gagner un peu de temps.
Si elle refuse, je vous conseillerais de chercher de toute façon un psychothérapeute pour vous, pour faire le point et pour mieux comprendre vos fonctionnements qui vous ont amené à la rupture. Si vous ne réussirez pas à sauver ce couple, au moins que le suivant sera différent.
N’étant pas spécialiste en thérapie de couple, je ne sais pas bien vous conseiller des livres utiles en ce moment. Peut-être un livre tout simple et basique pour comprendre la différence entre homme et femme est le livre très connu de John Gray « Les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars ».
Je ne m’immiscerais pas dans le travail d’autres thérapeutes. Si son médecin lui a prescrit des antidépresseurs je ne m’y opposerais pas. La demande de diminuer ne pourrait venir que de votre épouse elle-même, si elle décidait de faire le travail thérapeutique sans médicaments. La perte de poids est en effet importante et parle de l’étendue de sa souffrance.
Question posée le 25 août 2009:
J’ai une question importante à te poser, j’ai un beau frère chez qui on suppose une sclérose latérale amyotrophique et c’est l’horreur chez eux, c’est la panique de tous les côtés.
Ma sœur a besoin d’aide, elle supporte au mieux son mari qui parle de suicide et elle, elle continue à s’occuper de tout le monde mais elle ne parle jamais de sa peur à elle.
Elle est d’accord de se faire aider par une psy, je lui ai proposé de venir te voir à Genève, mais elle ne veut pas.
Aurais-tu quelqu’un à lui conseiller à Bruxelles ?
Moi quand elle vient se faire masser, je l’écoute, elle est très fort en réaction par rapport à la maladie, elle veut tout faire pour lutter contre et ne veut pas accepter la situation.
Elle me demande de me renseigner et tu es pour moi la mieux placer pour me conseiller.
Lydia répond:
Je sais que le SLA est un diagnostic extrêmement sévère et à ce que je sache, on n’a pas encore trouvé de remède.
Je comprends que ta sœur est dans le refus le plus total, elle sait qu’elle risque de perdre son mari rapidement, pas nécessairement par la mort, mais par l’invalidité rapidement croissante.
Je comprends aussi que venir à Genève est au-dessus de ses forces pour elle, surtout avec un mari atteint d’une telle malade.
Ne la bouscule pas trop. L’acceptation ne se force pas !
Masse et écoute-la comme tu fais, c’est bien, car il est important de pouvoir se donner des moments de répit lorsqu’on vit des événements éprouvants.
Puis, accompagne-là dans sa révolte et soutiens-la dans son combat pour trouver un remède.
Rappelle-toi le fameux adage des AA : Dieu, donne-moi le courage de changer ce que je peux changer, la sérénité d’accepter ce que je ne peux pas changer, et la sagesse de savoir la différence.
C’est légitime qu’elle se bat, car il faut avoir tout essayé, jusqu’à ce qu’on doit se rendre à l’évidence qu’il ne reste que d’admettre l’inéluctable et de prendre le chemin pas si facile vers l’acceptation.
D’ailleurs, j’ai appris par une jeune patiente atteinte de la même maladie que ton beau-frère qu’il y avait un homme ayant survécu 30 ans avec ce diagnostic ! Donc ça existe.
Et j’ai aussi dû penser à un autre homme, Norman Cousin, qui avait statistiquement une chance sur 500 de s’en sortir de sa spondylarthrite ankylosante. Alors, il s’est dit qu’il serait ce cinq centième !
Et il l’est devenu ! Il s’est guéri par le rire et d’autres thérapeutiques pas trop conventionnelles.
On ne sait jamais où la Vie veut nous mener. Donc aide ta sœur à soutenir son mari dans une lutte contre la maladie, pour au moins la ralentir. Cela me paraît préférable qu’envisager le suicide.
Après les choses évolueront et elle prendra aussi de la distance.
*à lire : Norman Cousin, La volonté de guérir, Ed. du Seuil, poche
Question posée le 14 novembre 08:
Mon plus grand souhait est de transformer le pire en meilleur. Depuis des années je cherche une solution, maladie, deuil, séparation, perte d’emploi, j’ai vécu tout cela en pensant que rien ne s’arrêterait jamais. J’ai vu des médecins, des psy, j’ai pris divers traitements, en vain. Je n’en peux plus!! Pouvez vous m’indiquer ce que vous proposez et comment ?
Lydia répond:
Votre appel au secours me touche, mais je n’ai pas de miracle à proposer. Je sais juste deux choses:
1) il n’y a pas d’épreuve sans sens,
2) si nous ne pouvons pas changer ce que nous vivons, nous pouvons toujours changer comment nous le vivons.
Le sens qui nous manque rend les épreuves insupportables. Je vous propose donc « simplement » de prendre du recul, d’essayer de nommer de quoi vous souffrez vraiment – souvent on n’a pas bien nommé sa véritable souffrance. Puis on verra quels actes poser qui apporteraient un soulagement réel. L’avancé sera millimètre par millimètre. A part mon titre de psychologue et psychothérapeute, mon véritable diplôme ce sont mes propres épreuves traversées et d’avoir accepté de me laisser raboter par elles, puis de grandir un peu par elles.
Question posée le 04 novembre 08:
Ma nièce m’a communiqué votre nom. Ces dernières années ont été très dures : Longue et dure maladie et décès de mon compagnon après 17/18 mois. Rencontre d’un « monsieur » qui a profité (pas sexuel) de ma faiblesse pour m’écraser et parvenir à me faire douter complètement de moi-même. Essai de psychothérapie pendant plusieurs années (2 env.) qui ne m’a rien apporté. Je crève de solitude bien qu’ayant des amies, mais je suis la plus âgée (71) et toutes ont des familles, enfants, petits enfants. Ma fille habite Paris avec son compagnon et mon petit fils (11-1/2) qui a des problèmes – probablement autiste. J’ai rencontré un très gentil monsieur qui a eu aussi beaucoup de problèmes et il a de la peine à s’en sortir. Nous nous comprenons très bien, mais il a 12 ans de moins que moi et cela me perturbe, pourtant tout le monde s’accorde pour dire que je fais 10 ans de moins que mon âge. Je broie du noir et pleure, pleure …. alors que ça ne m’était arrivé que dans des cas extrêmement graves ! J’étais toujours très entreprenante et pensais qu’il me faudrait au moins 3 vies pour faire tout ce qui me fait envie et maintenant, j’en ai tellement marre!!! Sauf de mon ami !! Merci de m’éclairer. Pensez-vous qu’il y a un espoir de sortir de ce trou ?
Lydia répond:
Oui, il y a de l’espoir de sortir de votre trou: déjà pour la simple raison que vous le voulez et que vous demandez de l’aide. Votre expérience douloureuse – d’avoir perdu votre compagnon après une fin de vie difficile – serait pour certains déjà suffisante pour ressentir ce que vous ressentez aujourd’hui. Que vous vous sentez en plus abusée par quelqu’un qui a profité de votre fragilité s’y rajoute. Il me semble assez normal que vous n’ayez plus de confiance en vous actuellement. Pourtant, la vie est bonne, car vous avez fait une rencontre d’une personne, plus jeune, d’accord, et alors!? Se peut-il que ce qui vous fait le plus peur est de perdre encore une fois un compagnon, mais cette fois-ci pour une femme plus jeune? Ce qui me semble important est que vous retrouviez l’estime de vous-même et le goût de vivre que vous aviez auparavant. Je pense aussi qu’il vous serait utile de comprendre ce qui s’est passé avec l’homme précédent dont vous vous sentez abusée, pour sortir des ressentiments et de la culpabilité. Il est toujours important d’apprendre des événements, même douloureux et de reprendre l’énergie bloquée. Mais pour faire cela, mieux vaut être accompagnée. Surtout, ne restez plus 2 ans dans une thérapie qui ne vous apporte rien! Vous avez le droit de chercher la personne juste pour vous aider. J’espère que vous trouverez le soutien suffisant pour regagner goût aux années qui vous restent à vivre.
Question posée le 08.10.07:
Depuis quelques mois, j’ai des problèmes à l’épaule, à la hanche et au genou, toute la partie gauche de mon corps est en souffrance et crie au secours. Je ressens le besoin de faire un travail suite au deuil de mon frère il y a 3 mois. Ce n’est pas tant sa mort qui a été douloureuse pour moi, mais plutôt les difficultés relationnelles accumulées depuis des années. De la peine et de la colère sont là et j’ai besoin d’explorer cela en étant accompagnée par un(e) thérapeute. A l’instant ou j’ai pris la décision d’aller soigner ces blessures, j’ai senti une forte énergie et je sais que c’est le moment juste. Je ne veux plus continuer à vivre avec toutes ces douleurs et je me réjouis de commencer ce travail. Je souhaiterais vous rencontrer en espérant que votre emploi du temps le permet.
Lydia répond:
Vous le dites très justement: votre corps crie au secours, les maux à la place des mots. C’est souvent ainsi qu’il nous faut atteindre un degré insupportable de souffrance pour oser demander de l’aide. Peut-être il vous fallait ce dernier coup du décès de votre frère pour que vous arriviez à passer à l’acte, et l’énergie que vous avez senti est le signe que votre simple demande déjà vous a soulagée. Votre corps s’est senti entendu! Cela confirme que vous avez raison de croire que traiter votre souffrance intérieure aidera votre corps. Je donnerai d’ailleurs une conférence à ce sujet « Traiter la souffrance psychique cachée dans les symptômes physiques » le 9 novembre à 20h à la Maison des Associations, Salle Gandhi, Rue de Savoises 15, 1205 Genève.Pour un RV individuel vous pouvez me joindre le matin de préférence au 0033 450 48 40 67.
